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LABYRINTHES DE LA PENSÉE

Giorgio Carboni, mars 2002. Révision du mars 2010

 


FRONTISPICE
Malgré sa grande importance, la pensée scientifique n'est qu'une partie du savoir et de la culture humaine et elle doit être reliée d'une manière adéquate aux autres formes de connaissance. Cette opération n'est pas si simple comme on pourrait le croire. En effet, dans les sociétés existent des organisations qui par la culture cherchent de contrôler l'esprit et le comportement des hommes. Par conséquent, dans le domaine de la culture s'affrontent des forme de pensée libres et d'autres "autoritaires". Au but de gérer dans une façon convenable ses propres connaissances, il est nécessaire de faire un peu de clarté à l'intérieur de la culture.

La lutte entre liberté et autoritarisme remonte au moins aux temps de Périclès. Depuis lors, la pensée libre à souvent été agressée par des formes de pensée organisées dans une façon autoritaire. Dans le siècle qui vient de terminer, des idéologies totalitaires ont provoqué des dizaines de millions de morts dans leur tentative de conquérir le monde. À l'aube du troisième millénaire, nous avions cru que les idéologies avaient étés définitivement battues et que pour l'humanité s'était finalement ouverte une époque de paix. Bientôt, cette illusion est tombée et maintenant nous nous trouvons aux prises avec un nouveau totalitarisme qui pénètre dans nos sociétés et aussi avec des formes de désorientation et de nihilisme très répandues.

Gérer soi même n'est pas facile. Les personnes ont besoin de valeurs, d'espoirs et d'une guide, mais la science n'est pas en mesure de donner des réponses de ce genre: ce n'est pas son métier. La science explique comment le monde est fait, mais elle ne peut pas se prononcer sur ce qui est bien ou mal, n'indique pas des valeurs ni des fins à atteindre. De cette situation cherchent de profiter des idéologies et des religions, surtout dans leurs formes totalitaires, en proposant au monde leurs guide, ses valeurs et ses buts. Les individus ne se rendent pas compte qu'en embrassant ce guide, ils cèdent la souveraineté sur eux mêmes et ils seront réduits à des militants.

Aux formes de pensée fermée s'oppose la pensée libre, une forme de pensée qui doit toutefois faire les comptes avec l'incertitude et avec une liberté illimitée qui sont souvent difficiles à gérer. Font partie de la pensée libre la science, la philosophie et la littérature. C'est à l'intérieur du libre débat offert par ces espaces de réflexion que chacun peut évaluer les réponses aux questions étiques comme celles qui concernent le bien et le mal, les valeurs et le sens des choses.

La pensée libre s'oppose aux régimes étiques et il promeut l'expression des hommes. Au contraire, dans les régimes autoritaires les hommes sont subordonnés au système, leur vie privée est annulée et souvent leur existence même est sacrifiée pour le renforcement de l'Etat.

Alors que les religions et les idéologies sont activement propagées, la pensée libre n'est pas défendue ni diffusée par personne et elle peut seulement être la conquête personnelle d'individus qui instinctivement refusent leur massification. Ce travail s'efforce de combler au moins en partie cette manque et cherche de créer une majeure conscience sur les conditions qui promeuvent la pensée subordonnée ou au contraire celle libre. Il est divisé en deux parties: la première décrit les caractéristiques de la pensée subordonnée, la seconde décrit celles de la pensée libre et fournit des indications pour trouver chacun son propre chemin.

La science est une partie très importante de la pensée libre. Elle contribue aussi à former une mentalité positive, confiant dans la raison, consciente des difficultés à comprendre la réalité, consciente de la présence de nombreux points de vue, consciente de la nécessité que les citoyens participent aux choix politiques et que les différents pouvoirs de l'État s'équilibrent les uns les autres.

AVERTISSEMENT:
La traduction à été faite par l'auteur même qui n'est pas de langue maternelle française. Il s'excuse à l'avance avec les lecteurs pour l'"étrange" tournure des phrases et pour les erreurs qu'ils y trouveront. Il espère qu'ils arriveront quand même à comprendre le texte. Il vous prie de lui signaler les imprécisions les plus importantes.

TABLE DES MATIÈRES

 

INTRODUCTION
PRÉSENTATION
COMME CETTE ANALYSE EST NÉE
LA CONDITION SUBORDONNÉE
LABYRINTHES
POUR UNE THÉORIE DE LA CONNAISSANCE QUOTIDIENNE
LA CULTURE VERTICALE  (l'asservissement rationnel)
   RÉDUCTIONNISME
   MILITANCE
   SUBCULTURES, SUBSOCIÉTÉS
   CONCLUSION, LES BOÎTES FERMÉES
HOMME OU CELLULE SOCIALE?  (l'asservissement au système)
   IL MALAISE DE L'HOMME CONTEMPORAIN
   CELLULE SOCIALE
   HÉTÉRONOMIE
   CULTURE URBAINE
   CONCLUSION
IDÉOLOGIE, UTOPIE, CULTURE  (l'asservissement émotif et politique)
   INTRODUCTION
   UTOPIE ET IDÉOLOGIE, VIEILLES ET NOUVELLES CONCEPTIONS
   L'IDÉOLOGIE ET LES AUTRES FORMES DE PENSÉE
   L'UTOPIE, MIRAGE ET ENCHANTEMENT
   MYTHE ET MÉTAPHYSIQUE DANS LES SOCIETÉS INDUSTRIALISÉES
   LA PARABOLE DES IDÉOLOGIES
   RÉFORME DES SYSTÈMES TOTALITAIRES
   UN CHOC DE CIVILISATIONS?
   CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
 
LA CONDITION LIBRE
DÉSENCHANTEMENT
DÉSORIENTATION
MÉTAMORPHOSE
DE NOUVELLES FORMES
    LE MALAISE DE LA LIBERTÉ
    UNE CONNAISSANCE HORIZONTALE
       LE CADRE DU SAVOIR
       SUBDIVISION DU SAVOIR
       DU SIMPLE AU COMPLEXE
       LES PLANS DE LA REALITÉ
       INTERDISCIPLINARITÉ
       DIAGRAMME DES CONNAISSANCES
       RÉEQUILIBRE DES CONNAISSANCES
       GESTION DES CONNAISSANCES
       ÉVALUATION DES CONNAISSANCES
       LA POSITION COMPARATIVE
       LE PANTHÉON
    RESPONSABILITÉ MORALE
    RAISON PRATIQUE
    RATIONALISME CRITIQUE
    AUTHENTICITÉ
CONNAIS TOI MÊME!
   INTRODUCTION
   QUI E QUOI SOMMES NOUS?
   INTELLIGENCE, LANGAGE, CONNAISSANCE
   VALEURS NATURELLES
   VALEURS ACQUISES
   DÉTERMINE TES FAÇON D'ÊTRE
   L'ALTERNANCE DES ACTIVITÉS
   CONNAIS TOI MÊME! CONCLUSION
ACTIVITÉS LIBRES
LE SECRET DE L'OCCIDENT
CONCLUSION GÉNÉRALE
BIBLIOGRAPHIE

 

INTRODUCTION
PRÉSENTATION
TDM

Nous savons bien que la culture est capable de nous montrer comment sont les choses et de nous ouvrir l'esprit, si bien que l'école a été fondée au but de faire connaître le monde au jeunes gens. Toutefois, il suffit simplement nommer des termes comme idéologie et propagande pour nous rappeler combien la culture soit aussi en gré de nous influencer et même de nous dominer. Il suffit peu de lignes pour nous rendre compte de l'intime duplicité de la culture, de comme elle soit capable de remplir aussi bien des fonctions de libération que d'asservissement.

Ce travail constitue une analyse sur les effets de la culture sur la liberté des hommes. En outre, elle cherche d'examiner les méthodes de connaissance employées par les hommes pour en montrer quelques-unes des principales fautes commises. Cette analyse se réfère au contexte historique et culturel des dernières décennies. Elle est suivie par la proposition de méthodes de connaissance et de formes de culture capables de nous permettre une façon plus libre et authentique de penser et de vivre.

Ceux qui sont conscients de la capacité de conditionnement de la culture normalement se réfèrent à la publicité et à la propagande politique, mais ces formes de manipulation sont trop explicites pour être vraiment efficaces. Le monde est trompé par des mécanismes bien plus subtils et cachés. Nous vivons dans un monde dans lequel souvent nous avons des difficultés à comprendre ce qui se passe. À cause de la multiplicité des points de vue et des modes d'interpréter les événements, souvent nous percevons la réalité comme énigmatique et nous nous sentons comme prisonniers d'un grand labyrinthe, incompréhensible et insaisissable. Nos naturelles nécessités de comprendre ce qui nous entoure, celle de réduire les efforts dans la récolte et l'interprétation des informations, notre besoin de vivre en communauté nous poussent à adopter des systèmes de pensée tout prêts qui ne se limiteront pas à réduire la confusion et à nous faire de guide, mais qui nous prendront en échange notre liberté. Comme dans un pacte faustien, nous troquons notre âme avec la "Connaissance", sans nous apercevoir que la monnaie avec laquelle nous payent est fausse.

Combien de fois nous avons vu des personnes cultivées se comporter dans une façon factieuse? Pourquoi cela arrive? Tout est culture ou il y a des connaissances meilleures que d'autres, plus vraies que d'autres? Quelle différence il y a entre culture et idéologie?... Et entre culture et connaissance? Que sont-ils les totalitarismes? Comment s'établit un lien émotif vers les idées? Quelles sont les fonctions de l'utopie? Qu'est-ce que ce sont les fanatismes et comment se propagent-ils? Est il possible d'aller au-delà sa propre carte d'identité pour savoir qui sommes nous? Quel rapport il y a entre le moi social e celui naturel? Comment est il possible de gérer sa propre liberté sans références idéologiques? Une étique au dehors des religions est elle possible?

Les systèmes de pensée sont apparus récemment dans l'histoire de notre espèce et nous n'avons pas encore appris à les gérer convenablement. Le but de ce livre est celui de clarifier les termes de notre rapport avec la culture, surtout dans ses formes organisées, et de faire de sorte qu'elle ne nous garde plus prisonniers, mais qu'elle se limite à exercer sur nous seulement sa fonction illuministe.

Ce texte est divisé en deux parties: la première décrit les plus importantes fautes de méthode qui sont accomplis dans le traitement des connaissances et les principaux mécanismes par lesquels la culture remplit des fonctions d'asservissement; la seconde propose des méthodes de gestion des connaissances capables de favoriser des modèles de pensée libre. Le but est celui d'aider l'homme contemporain à se libérer des conditionnements et à obtenir un rapport plus direct et authentique avec le monde et avec soi même. Au niveau social, ce travail peut contribuer à la compréhension des systèmes totalitaires, peut aussi servir à désamorcer les fanatismes et à entraver le retour de systèmes autoritaires comme ceux qui ont produit tant de deuils, spécialement dans le siècle qui vient d'être achevé.


COMME CETTE ANALYSE EST NÉE
TDM

L'idée d'écrire ce livre est née d'un cours du soir de collège pour adultes au quel j'avais participé comme enseignant il y a désormais des années dans un village de la province de Rome. Le cours durait un an et les résultat avaient été très bons. Toutefois, le milieu dans lequel mes élèves vivaient était peu stimulant et bientôt ils auraient oublié la plupart des connaissances apprises. C'est pour cela que j'avais préparé un "guide à la lecture": une liste de livres qui auraient pu accompagner les élèves outre l'école.

Ce premier guide m'encouragea à préparer un guide plus complet. C'est pour cela que je commençai à récolter des notes, des arguments à approfondir, coupures de journal, comptes rendus, etc. En même temps, les années passaient et je sentais toujours plus fort le désir de refaire ce premier guide, mais lorsque je commençais à écrire, je m'aperçus que le temps n'avait pas passé sans laisser des traces. C'étaient les années du terrorisme et de la diffusion de la drogue et ces événements étaient en quelque sorte pénétrés dans le travail que j'étais en train de faire, en y produisant de profonds effets.

À tout cela contribua aussi la constatation que de tels phénomènes ne sont que la partie visible d'un malaise social qui souvent prend les formes d'une désorientation ou au contraire des certitudes idéologiques. Mais désorientation et fanatisme sont de phénomènes culturels. D'ici à suspecter que dans la culture il y avait quelque chose qui ne marchait pas il ne fallait pas beaucoup et la conviction que j'avais jusqu'à ce moment que la culture exerçasse seulement des fonctions positives alla en éclats.

À fur et à mesure que je avançais avec le nouvel guide, je me sentais toujours moins convaincu de travailler pour l'avantage des lecteurs. Je me demandais quel sens avait d'offrir plus de culture, lorsque est juste dans les universités, parmi les intellectuels, les journalistes et les étudiants, donc juste là où l'instruction est haute, que ces phénomènes étaient nés, pour se diffuser après au reste de la société. Cette contradiction devint toujours plus aigue jusqu'à quand je ne me décida d'examiner la culture même dans la tentative de comprendre ce que se passais à son intérieur.

Ce livre est donc le résultat de cette recherche et il s'efforce aussi de favoriser une meilleure conscience sur les problèmes et les méthodes de gestion des nos connaissances. Je suis allé aussi à la recherche de formes alternatives de pensée.


LA CONDITION SUBORDONNÉE
TDM

Dans cette analyse nous prendrons en considération surtout les formes de pensée organisées. Dans cette première partie, nous examinerons quelques-unes des principales méthodes avec lesquelles la culture conditionne notre pensée et notre action. In particulier, dans le chapitre: "La Culture Verticale", nous irons affronter l'asservissement rationnel; dans le chapitre: "Homme ou Cellule Sociale?", nous irons examiner l'asservissement systémique et dans le chapitre: "Idéologie, Utopie, Culture", nous irons parler du rôle des systèmes de pensée dans l'asservissement politique.


LABYRINTHES
TDM

Que sont-ils les labyrinthes? Nous savons qu'ils sont des lieux où il est très facile de se perdre et des quels il n'est pas facile sortir. Anciennement, les labyrinthes étaient des constructions dont les murs, couloirs et pièces étaient réalisés avec de gros rochers. Par contre, les labyrinthes de la renaissance étaient faits de haies épineuses. Les labyrinthes d'aujourd'hui sont bâtis directement dans notre cerveau et ils se projetent dans ce que nous regardons.

Lorsque nous essayons de comprendre comment le monde est né, il est facile de finir dans un labyrinthe tellement compliqué et impalpable qui nous fait regretter ceux anciens, faits de rochers sains et solides. En effet, si nous partons de l'hypothèse que le monde ait été créé par Dieu, toutes choses nous apparaîtrons comme faisant partie d'une création divine et aussi les imperfections des objets gagneront un sens car elles seront voulues par Dieu. Dans tout ce qui nous entoure, nous verrons la volonté divine et nous ne pourrons pas faire d'autre choses que de l'accepter tel qui l'est. Si au contraire nous partons de l'hypothèse que le monde soit le produit de causes physiques, toutes choses nous apparaîtrons dépourvue de sens et le monde nous paraîtra un chaos sans avoir ni rime ni raison. Si encore nous partons de l'hypothèse que Dieu ait provoqué le Big Bang, pour laisser que après les choses évoluaient par elles même sans plus intervenir, nous pourrons penser qu'il ait voulu nous laisser notre liberté, en nous évitant de rester écrasés sous l'idée d'un Dieu incommensurable et menaçant.

Comme vous le voyez, au égard de l'origine du monde on peut faire beaucoup d'hypothèses chacune desquelles nous ouvre des différents couloirs. Bientôt nous nous apercevons de nous être perdus dans une multitude de couloirs qui s'entrelacent et qui se dénouent dans toutes les directions, vers l'infini. Le curieux est qu'il n'est pas facile de distinguer entre la réalité e interprétation. Réalité et modèle se confondent et ils se entremêlent l'un dans l'autre. À un moment donné, nous n'arriverons même pas a comprendre si ces labyrinthes soient dans notre esprit ou dans la réalité.

Souvent, lorsque nous parlons avec quelqu'un, nous nous apercevons que les parcours de sa pensée sont complètement différent des nôtres et nous nous demandons à partir de quelles prémisses il soit pu arriver à voir les choses dans celle façon. Nous nous apercevons de donner aux mêmes mots des significations différentes et, parfois, la communication s'avère difficile.

Le monde des mots souvent nous échappe. Par les mots nous pouvons décrire un événement, mais il suffit choisir un terme au lieu d'un autre et voilà que l'événement prend tout une autre signification. Parfois, nous nous apercevons de ne pas être capable de décrire les choses d'une manière adéquate et que le langage nous nous limite ou nous conditionne. Nous sommes en quelque sorte prisonniers de ces réalités verbales. Nous comprenons qu'elles nous nous cachent la vraie réalité, mais nous n'arrivons pas à nous en passer. Les termes que nous utilisons ont ils une correspondance avec la réalité ou l'altèrent? Les relations que nous discours établissent entre les objets, décrivent dans une façon correcte celles "vraies" ou elle ne sont que imaginaires?

Il y a aussi les labyrinthes crées par les journalistes, par les hommes politiques, par les religieux des différentes fois, par les spécialistes des différentes disciplines scientifiques, par les guérisseurs des diverses médecines et des pratiques alternatives. Les couloirs que nous paignent chaque jours avec leurs discours sont tous différent les uns des autres et souvent nous sommes découragés. Nous espérons vivement de trouver le fil d'Ariane pour trouver la sortie, le chemin vers la vraie réalité, vers nous mêmes. Mais ou est allée Ariane? Est elle partie avec les dieux de l'Olympe? Si nous trouvons une jeune fille qui nous dit d'être Ariane, pouvons nous avoir confiance en elle?

L'effet le plus important produit par les labyrinthes est celui de nous désorienter, de nous pousser à la recherche de la description vraie de la réalité. Il n'est pas difficile d'obtenir une telle description, au contraire on peut en trouver beaucoup, comme celles offertes par les partis politiques, les idéologies, les religions, etc. Le seul inconvénient est qu'elles sont toutes différentes les unes des autres. Beaucoup de jeunes en adoptent une, souvent la première qu'ils rencontrent et ils se perdent dans le labyrinthe.


POUR UNE THÉORIE DE LA CONNAISSANCE QUOTIDIENNE
TDM

LES COMPOSANTES DE LA CULTURE
La culture est formée par l'instruction, l'éducation, ce que l'on a appris à l'école, l'exemple des parents, des frères, des amis, des enseignants, etc. Elle est formée aussi par des éléments non théoriques, ou de coutume, tels que les habitudes, les valeurs de base, les règles, les comportements, les gestes. A' cette catégorie appartiennent aussi le sens esthétique (ex: dans l'habillement, l'architecture, la cuisine). Elle est formée par les traditions et par la culture de sa communauté, par les livres que l'on a lu, par les films et les spectacles que l'on a vu, par les conversations et les discussions avec nos copains et collègues, par les nouvelles des journaux, de la radio et de la télévision. Elle est formée encore par nos idées, nos expériences de travail et de la vie quotidienne et par nos réflexions. Bref, la culture est composée par beaucoup d'éléments.

Observons maintenant ces éléments du point de vue de leur organisation. Nous pouvons ordonner les éléments de notre culture sur la base de leur complexité. Parmi les éléments les plus simples nous avons un numéro de téléphone, une adresse, une idée, un proverbe, etc. Parmi les éléments les plus complexes nous pouvons mettre ceux qui, comme les religions et les idéologies, lient les éléments de la culture dans un système organisé. Religions et idéologies ont tout juste la tendance à ordonner tous les éléments de la culture d'un individu en un tout organisé. Cette analyse s'occupera essentiellement des systèmes de pensée.

Le monde a une tendance spontanée à chercher d'étendre ses propres horizons et à chercher de comprendre les choses dans une façon globale. Il souffre aussi de l'état incohérent dans lequel se trouvent souvent de grandes quantités de nouvelles. Pour ces raisons, il cherche des théories qui soient capables de rendre compte de toutes les choses dans une vision unique, des systèmes capables de mettre ordre dans les différentes connaissances, selon une représentation le plus unitaire, ample et cohérente que possible.

LES CHASSEURS D'AMES
Il y a longtemps que la quantité des connaissances produites par l'humanité a doublé la capacité individuelle de la maîtriser entièrement. Aujourd'hui, la production intellectuelle est organisée sur vaste échelle. Ils y participent des centres de recherche, des entreprises d'éditions, réseaux de presse, etc. Les énergies d'un individu sont à peine suffisante pour le maintenir au courant sur une partie très limitée du savoir. Pour tout le monde, il est pratique courante de s'adresser à des experts pour obtenir les informations dont il a besoin. Il s'adresse à des spécialistes pour tout gendre d'informations. Il se laisse bercer par ce mécanisme bien huilé jusqu'au jour dans lequel, pour les mêmes symptômes deux médecins lui diagnostiquent deux maladies différentes, deux journalistes transforment le même fait en deux événements différents. À ce point, l'harmonie des sphères célestes tourne en un grincer d'engrenages, le monde tombe en morceaux et notre ami perd sa tranquillité.

Si les experts sont en désaccord, il se pose pour nous le problème du jugement des leurs affirmations. Mais nous ne sommes pas des experts, toutefois nous ne pouvons pas être des experts dans tous les domaines. Donc, quelles méthodes pouvons nous employer pour juger les affirmations et les nouvelles qui nous arrivent du monde des experts? De quel point de vue nous nous devons placer? Comment pouvons nous évaluer les théories scientifiques et religieuses sur le même argument? Par exemple, au égard de l'origine de la vie sur la Terre, voulons nous donner crédit à une vision matérialiste qui exclut tout intervention divine ou au créationnisme religieux? Voulons nous croire à la théorie du Big Bang ou que Dieu aurait crée le monde en six jours? En plus, quelque soit la réponse, comment avons nous fait ce choix?

Il y a plusieurs cas comme celui ci, dans lesquels de théories différentes se font face. Par exemple, les comportements "inappropriés" de beaucoup de monde peuvent être expliqués de la part d'un psychanalyste sur la base de confusions sexuelles dans la jeunesse, de la part d'un biologiste sur la base de carences dans la transmission de signaux neuronaux, de la part d'un sociologue sur la base des usuelles discriminations de classe, de la part d'un religieux sur la base du manque de foi. Quelle de ces explications gagnera notre confiance indomptée? Il est aussi clair que le même sujet observé par de points de vue différents, prendra de significations diverses. Il est clair que dans ces conditions, le monde est incertain et ne sait pas quelle explication choisir parmi la multitude de celles qui lui arrivent. En outre, cette incertitude souvent crée un profond malaise psychologique.

Peut-on éviter de choisir entre une théorie et l'autre? L'on peut renvoyer le choix pour une période plus ou moins longue, mais avant ou après il sera inévitable choisir car la vie nous soumet continuellement des problèmes que nous devons affronter sur-le-champ. En plus, il est important de choisir car les informations nous servent pour composer une image du monde, car nous sentons nécessaire d'organiser les connaissances dans une façon cohérente, etc. Donc, nous nous trouvons souvent à être obligés à choisir entre des informations discordantes et sans en avoir les critères nécessaires.

Donc, les membres des sociétés modernes sont emportés par de grandes quantités de nouvelles et d'informations qui ils ne savent ni gérer ni évaluer. Il souffrent du fait que même les experts sont souvent en désaccord. Cette pénible situation les pousse à chercher un principe, une Vérité par laquelle il soit possible juger toutes les nouvelles et les informations.

Toutefois, nos choix ne sont pas seulement une question de recherche de la vérité, surtout ne sont pas politiquement indifférentes. En effet, ces choix ne sont pas importants seulement pour nous, mais aussi pour des autres. Il y a des organisations qui ont l'intérêt que notre faveur aille dans une direction plutôt que dans une autre. Donc, le désaccord des experts n'est pas toujours et seulement du à une honnête discussion intellectuelle, mais souvent il fait partie de la bataille que certaines organisations combattent pour obtenir notre consensus, pour nous transformer en adeptes, pour conditionner notre comportement politique et de consommateurs. Il suffit changer de point d'observation et ce qui normalement est vu comme un sain débat démocratique se renverse en une guerre combattue sur nos tètes pour notre asservissement.

Dans les sociétés occidentales, il y a la liberté de parole. Sur la base de ce principe, chacun peut exprimer publiquement sa propre pensée et souvent se développent des débats qui sont très utiles pour le progrès civil. Une des conséquences de cette liberté est aussi la liberté de prosélytisme sur la base de laquelle les citoyens de ces sociétés sont soumis à des continues suggestions de la part de religions, idéologies, astrologues, gourous et d'autres chasseurs d'âmes. Malheureusement, à cette liberté de prosélytisme ne correspond pas une préparation des jeunes à se défendre de ceux qui veulent leur en contrôler l'esprit et, poussés par la nécessité d'un principe d'explication universel, beaucoup d'eux y tombent victime.


LA CULTURE VERTICALE
TDM

Qu'est-ce que la culture verticale est? C'est une culture qui appartient à un seul et exclusif point de vue et qui manque d'alternatives. Cette condition était presque universelle pendant l'antiquité et le moyen âge quand le monde ne voyageait presque pas et les contacts avec de gents d'autres cultures étaient rares. Encore aujourd'hui, la plupart des adeptes des différentes fois connaît seulement sa propre religion et vit dans l'ignorance de toutes les autres. Presque toujours, aussi la connaissance de sa propre religion est très approximative et schématique.

L'organisation de la culture en compartiments étanches est aussi caractéristique d'une organisation spécialiste du savoir, dans laquelle manquent les connaissances nécessaires pour se relier à d'autres domaines du savoir. Par cette voie, on finit dans une espèce d'univers à bulles, où chaque discipline-bulle vit par son propre compte, isolée des autres. En vertu de sa propre organisation, j'appelle cette culture "verticale".

Au cours de cette analyse, souvent je parlerai d'idéologies et de religions. Avant de continuer il est nécessaire de préciser qu'à l'intérieur de ces systèmes de pensée souvent cohabitent des aspects autoritaires et d'autres utiles et bénéfiques. Les aspects autoritaires sont ceux dirigés au contrôle des adeptes et à leur utilisation politique pour l'expansion du système. Les côtes positifs sont ceux qui au contraire tendent à promouvoir la cohabitation pacifique et le respect des autres.

Souvent, les religions sont porteuses d'une vaste culture, d'un ancien héritage, d'un grand patrimoine de sagesse et de spiritualité, mais peuvent aussi mobiliser ses fidèles pour son propre renforcement politique ou pour faire la guerre aux hérétiques ou aux infidèles. À l'intérieur des religions, le lecteur doit savoir distinguer entre les interprétations rigides et celles ouvertes. Nous irons critiquer les premières, alors que nous accueillerons volontiers le secondes. Les religions ne sont pas toutes dogmatiques et ne l'ont pas étés toujours durant leur histoire. Par exemple, pendant le moyen âge le christianisme était devenu rigide et autoritaire, mais de lors à aujourd'hui cette religion s'est ouverte beaucoup vers les autres fois et vers les autres perspectives de pensée tels que la science. Maintenant cette religion travaille paisiblement et productivement dans les sociétés.

Des idéologies comme le communisme, le fascisme et le nazisme ont gardé millions d'hommes prisonniers d'une vision du monde particulière et lui ont fait prendre les armes les uns contre les autres. Par son écroulement, le communisme a perdu sa propre agressivité politique, mais il a gardé vif le rappel à la justice sociale et à l'égalité, des aspects qui continuent à opérer dans une façon bénéfique à l'intérieur des sociétés.

Par culture verticale nous entendons donc une culture close, qui n'a pas de contacts avec d'autres points de vue. La culture verticale est une culture qui entrave la communication et les rapports avec les autres savoirs et que souvent est employée pour des buts d'asservissement politique. En voie de principe, tous les systèmes de pensée peuvent présenter des aspects autoritaires et d'autres libres. Comme nous le verrons plus en avant, il est possible chercher de contraster les uns et de promouvoir les autres. De suite, nous irons donner un regard aux principales formes de culture verticale.


RÉDUCTIONNISME
TDM

Le réductionnisme consiste à vouloir expliquer le comportement d'un système à partir de ses éléments, en niant donc l'autonomie du système lui même. Par exemple, il consiste à expliquer les phénomènes mentaux à partir des neurones et des neurotransmetteurs tout en ignorant le rapport du sujet avec son environnement social et culturel. Ici, nous considérerons réductionnisme aussi le vouloir expliquer beaucoup d'événements, même tous, à partir d'un seul principe.

Le terme réductionnisme rappelle justement la réduction de la complexité de la réalité par l'unique point d'observation du quel elle est examinée. Le spécialiste tend souvent à utiliser ses outils pour expliquer aussi des phénomènes lointains de son propre champ. Par exemple, un psychologue peut ne pas se borner à expliquer le comportement des individus, mais il peut se sentir autorisé aussi à expliquer des événement historiques. À son tour, un économiste peut se sentir capable d'expliquer aussi des phénomènes religieux ou artistiques sur la base de facteurs économiques et ainsi de suite.

Aussi les religions et les idéologies, expliquent les événements par moyen de son propre point de vue seulement, en réduisant la complexité de la réalité à une seule dimension. En effet, le réductionnisme n'explique pas la réalité, mais il la traduit selon un certain code et il l'aplatit. De la culture verticale, dérivent d'importantes conséquences sociales qui nous verrons bientôt.


MILITANCE
TDM

Au niveau individuel, ce que nous savons sur un certain aspect de la réalité, juste ou faux qu'il soit, contribue à déterminer notre comportement. Par exemple, si nous sommes convaincus que la position que les astres avaient dans le ciel lorsque nous sommes nés soit importante pour déterminer notre caractère, fortune et destin, nous serons conduits à consulter l'horoscope pour savoir comment faire face à nos problèmes. Donc les connaissances sont douées d'un intrinsèque pouvoir de conditionnement, et cela indépendamment de leur valeur de vérité. Toutefois, si nous sommes disposés à accepter le conditionnement du à des connaissances vraies, nous le sommes moins vers celles fausses. En effet, ces dernières nous font accomplir des actions tout à fait inutiles, voire dangereuses. Cela pourrait être par exemple le cas de certaines pratiques magiques achevées pour le soin d'une maladie. Dans le moyen age, les médecins effectuaient des saignées et de tels soins que souvent les patients mourraient plus pour les soins que pour la maladie. Dans ces temps, le monde avait une si pauvre confiances dans les médecins, qu'il les appelait lorsque pour le malade il n'y avait désormais plus rien â faire.

Donc, jusque là rien de spécial, sauf être obligés à faire face sans cesse au problème de comment produire des connaissances vraie et celui non secondaire de savoir distinguer les vraies des fausses. Par contre, les idées n'épuisent pas là leur fonction de conditionnement. Comme nous l'avons vu, la complexité du monde et le désaccord des explications qui nous expérimentons chaque jour, nous mettent dans une conditions de malaise. Pour nous, cette confusion est plutôt gênante et nous nous apercevons de ne pas être en possession de critères évidents pour achever ces évaluations. D'autre part, nous ne pouvons non plus éviter d'accomplir les choix que la vie nous soumet sans cesse. En outre, des informations fiables nous servent pour pouvoir composer une image cohérente du monde. Ces problèmes seraient de plus simple solution s'il n'y avaient pas des nombreux savoirs qui prétendent de posséder la Vérité. Ils sont en compétitions entre eux et ils produisent une confusion dans laquelle est difficile de s'en sortir. Malheureusement ces savoirs ne se limitent pas a créer de la confusion, mais ils déterminent aussi d'importantes conséquences politiques.

Mais comment peut le choix d'une information au lieu d'une autre avoir de si importantes conséquences? Les informations aux quelles nous croyons contribuent un peu à la fois à déterminer notre représentation de la réalité. Même si à première vue il pourrait sembler que le choix d'une thèse entre beaucoup d'autres ne pourrait pas avoir des remarquables conséquences, au contraire elle contribue au choix d'une entière vision du monde. Par exemple, un jeune qui ait été élevé selon des principes religieux, probablement il se crée une représentation du monde basée sur la foi. À l'age adulte, il aura une tendance à avoir confiance dans la religion et il sera porté vers des théories politiques conservatrices. Au contraire, il est plus facile qu'un jeune éduqué selon des explications rationnelles ou scientifiques trouve plus raisonnable l'hypothèse du Big Bang par rapport à celle créationniste à l'égard de l'origine du monde. Il est probable qu'en suite il continuera à préférer des représentations scientifiques et rationalistes, plutôt qu'à celles transcendantales. A long terme, il composera une description scientifique et déterministe de la réalité et il s'orientera vers des formations politiques laïques.

D'un point de vue religieux, le péché original a une signification très différente de celle qui peut avoir d'un point de vue scientifique. En effet, dans un cas le péché original est une désobéissance à Dieu, littéralement accomplie par Adam et Ève et à la quelle avait suivi un châtiment pour toute l'humanité, pendant que dans l'autre cas, il n'est rien d'autre qu'un mythe, lequel peut au maximum être considéré comme la métaphore de l'abandon de la nature de la part de l'homme et de difficultés qu'il rencontre à s'adapter à la vie artificielle, propre des sociétés urbaines.

À son tour, la vision du monde choisie, n'est pas inerte comme une donnée quelconque, mais elle tend à réordonner toutes les connaissances, qui jusqu'à ce moment étaient dans un état de confusion. Si par exemple le point de vue adopté est celui d'une religion monothéiste, le mètre avec le quel toutes les choses seront évaluées et organisées deviendra la parole de Dieu dans sa forme révélée dans les respectives écritures sacrées. La vision du monde choisie possède donc une fonction structurante de l'ensemble des connaissances. Ainsi que les connaissances particulières influencent notre comportement vis-à-vis d'un problème particulier, de même les théories générales déterminent notre représentation générale de la réalité, influencent notre comportement général et orientent nos choix les plus importants. Outre fonder celle qui peut être définie sa propre métaphysique, cette vision générale du monde détermine aussi les principes fondamentaux sur la base desquels nous raisonnons. La pensée, organisée en un système cohérent, possède maintenant les critères pour l'évaluation de chaque information et de ce moment en avant tel système tendra à se consolider.

À propos des vision du monde, on parle aussi de paradigmes. Par ce terme, on indique un système d'affirmations partagées à l'intérieur d'un certain milieu. On peut parler de paradigme religieux, scientifique, artistique, etc. Le paradigme religieux consiste dans les idées, formes de pensée et orientations qui chaque homme de foi a en commun avec les autres croyants. Mais à l'intérieur de la religion, le taoïsme et l'hindouisme sont des paradigmes différents. Chacun d'eux est caractérisé de particulières traits distinctifs, même s'ils en partagent d'autres qui les distinguent du paradigme scientifique. À l'intérieur du paradigme scientifique aussi, à propos des divers domaines spécialistes, on peut parler de paradigme, comme aussi à l'intérieur d'un d'eux à l'égard de certaines écoles. L'art aussi constitue un grand paradigme, et à son intérieur il est possible d'en voir de nombreux d'autres, d'ordre inférieur. Il y a aussi des paradigme philosophiques, politiques, etc.

Souvent, les hommes sont des militants d'un paradigme. Très rarement, il sont capable de comparer des points de vue différents. Plus facile est au contraire rencontrer la défense d'un point de vue particulier, vécu comme le seul possible. De même il n'est pas rare rencontrer des artistes qui se montrent intolérants vis-à-vis de tout ce qui sait de scientifique ou de rationnel; des religieux qui considèrent limitées les connaissances scientifiques et celle philosophiques; hommes de science qui se montrent impatients en face des connaissances philosophiques, religieuses, artistiques, etc. Dans une certaine façon, ces démarches sont aussi compréhensibles. L'artiste doit explorer de nouvelles façons de interpréter les chose et il ne peut pas respecter les conventions sans borner sa propre recherche esthétique. S'il devrait travailler à côté d'un savant, bientôt s'amorcerait une bagarre sur la façon de concevoir l'ordre dans les outils. Le religieux crois que les connaissances philosophiques et scientifiques soient le produit de méthodes qui garderaient l'homme confiné dans la matérialité et qui lui barreraient la connaissance du monde surnaturel du quel celui physique aussi dépendrait comme une réalité en quelque sorte inférieure. Telle connaissance serait au contraire accessible seulement à travers la révélation divine et la foi. Ces paradigmes ne sont pas toujours inoffensif comme ceux scientifique et artistique. Les idéologies politiques et les fanatismes religieux constituent des paradigme qui ont perdu le sens des proportions et la capacité de l'autocritique.

Quelles conséquences a le choix d'un paradigme? Un paradigme n'est pas négatif par lui même. Avec ce terme on indique un modèle de pensée et il existent aussi des modèles ouverts. Parfois malheureusement, juste à cause du manque de liaisons entre les différents domaines disciplinaires, ils se déterminent des paradigmes closes qui tendent à expliquer chaque chose avec le même rossignol. Ils sont beaucoup utiles pour réduire la fatigue de juger et pour ordonner les informations que nous arrivent sans cesse. Ils sont aussi capable de nous fournir les indications sur les buts généraux de l'existence et sur comment nous conduire dans les cas particuliers de la vie quotidienne et ils ont donc un grand pouvoir de suggestion. Les termes de paradigme et d'idéologie sont beaucoup semblables, toutefois, avec le terme idéologie on souligne les aspects systémiques et de conditionnement politique.

Le choix d'un paradigme ou d'une idéologie correspond donc à un choix de vision du monde, un choix de part. Normalement, ce choix n'est pas conscient, comme ne le sont pas ses conséquences non plus. Dans de telles conditions, ce choix correspond à un asservissement culturel et politique. Malheureusement, il a presque toujours un caractère définitif. Parvenue à l'age adulte et identifiée à une idéologie, une personne peut changer son opinion sur une chose, mais difficilement elle mettra en question son entière vision du monde. Au contraire, elle la défendra contre chaque assaut, comme si elle était la tour qui la protège des barbares. En effet, en défendant l'idéologie dans laquelle elle s'est identifiée, elle croira de défendre soi même, alors qu'elle ne défendra que sa propre prison.

À cause du prestige qu'elle jouit, il existe la tendance à considérer la science exempte des dangers de la culture verticale. Toutefois, aussi le savant y tombe lorsque il voit la science comme l'unique source de connaissance valable, lorsque il la considère capable de faire face à n'importe quel problème, lorsque il refuse la validité de tout autre point de vue, lorsque il nie la présence de n'importe quoi au delà de l'horizon scientifique. Heureusement, la majorité des savants est loin de tomber dans de pareilles naïvetés, propres du scientisme.

En nous reliant au discours du débout sur le pouvoir de conditionnement de chaque idée, autant plus devrait l'être une entière vision du monde, notamment lorsque l'on ne connaît pas des alternatives. Ce qu'il faut rappeler c'est que nos choix ne sont pas importants seulement pour nous mêmes, mais aussi pour d'autres personnes et organisations. Et en effet il existe une guerre combattue à notre insu pour obtenir que notre faveur aille dans un sens, au lieu d'un autre. À la fin, celui qui accepte une "vérité" pour pouvoir juger les événements et pour donner un sens au monde et à sa propre existence finit par être subordonné à une organisation politique qui le transformera en un militant et qui l'utilisera pour son avantage. Le lavage du cerveau produit par cette culture close peut être si fort de convaincre celui qui le subit à sacrifier sa propre vie pour le triomphe de la cause.

Il ne faut pas toutefois penser que tous les disciples d'une idéologie doivent forcement devenir des fanatiques. Heureusement, dans l'âme des hommes, l'idéologie est confrontée à leur expérience, à leur personnalité et sensibilité. Par conséquence, beaucoup de gens gardent spontanément une disposition ouverte et pacifique vers les autres. En général, à l'intérieur d'une idéologie on peut trouver des aptitudes différentes, comme celles de l'orthodoxie et de l'hétérodoxie, de la soumission et de la critique, de la militance et du désengagement, du fanatisme et de la tolérance, etc. Malheureusement, souvent sont plus importants dans un point de vue politique ceux qui avec leur engagement soutiennent d'une manière active les comportements politiques de l'idéologie, mais on peut compter aussi sur les autres pour les battre.


SUBCULTURES, SUBSOCIÉTÉS
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Les spécialisations, mais plus encore les religions et les idéologies, sont souvent en compétition entre elles pour se propager et pour se renforcer. Pour obtenir le faveur des masses, elles ne se limitent pas à donner une réponse à un certain ensemble de problèmes, mais elles cherchent de répondre à toutes les demandes et besoins de l'homme. Par exemple, la religion ne s'occupe pas seulement de l'âme et de l'au-delà, mais elle veut aussi donner une explication du monde (fonction scientifique), fournir un sens à l'existence (fonction philosophique), réduire la peur de la mort (fonction psychologique), régler les actions humaines (droit), coaliser le peuple contre les dangers extérieurs (défense), obtenir certains buts par voie divine (médecine, technologie). De même, une idéologie politique est beaucoup plus qu'une théorie économique ou sociale. Elle aussi veut donner une réponse à tous les problèmes et nécessites humaines.

Dans cette façon, et à cause de la compétition entre les systèmes de pensée, se sont formées différentes subcultures closes les unes par rapport aux autres. Au fil du temps, elles se sont douées d'un complexe outillage pour renforcer leur diffusion, comme des descriptions positives d'elles mêmes, des slogan directs contre les concurrents, des promises telles que le Paradis, la société sans classes, etc. D'autres instruments sont dirigés à empêcher la fuite de disciples, comme par exemple la prohibition des conversions à d'autres fois, sous peine de mort.

Chaque subculture attire un certaine suite et par conséquence à chaque subculture correspond une subsociété, des vrai et propres microcosmes où l'individu peut aussi trouver une communauté, un travail, etc. Les communautés religieuses sont un exemple de ces subsociétés. Une certaine façon de concevoir la religion soutient qu'elle soit en gré d'expliquer toutes les choses et qu'elle soit un guide capable de régler la vie du fidèle selon tous ses côtés et pendant tous les moments de la journée.

Beaucoup de personnes ne sont pas prédisposées à se gérer toutes seules, elles manquent d'initiative et elles ont un caractère passif. Pour elles, une guide extérieure est importante et souvent elles embrassent un système de pensée déjà prêt pour obtenir sûreté psychologique et guide. Elles ne suspectent pas de comment finissent par être subjugués justement par cette soporifique tutelle qui les berce et les protège, en leur évitant de penser et en leur évitant le doute et l'incertitude. La compétition entre les subcultures entraîne avec elle aussi celle des subsociétés. Les rapports entre les différentes communautés pourrait être l'un des plus importants problèmes au quels nous devrons nous confronter dans les prochaines années.

Dans cette situation, les individus ne contrôlent plus les informations, ni sont en gré de les juger dans une façon autonome. Ils se limitent à reconnaître certaines sources comme étant "amies" et à accueillir comme authentiques toutes les nouvelles qui elles fournissent. N'est pas par hasard que notre temps est désormais caractérisé par l'information médiatisée et dans cette médiatisation la vérité souvent cède le pas à la représentation de partie.


CONCLUSION, LES BOÎTES FERMÉES
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Donc, qu'est ce que les religions et les idéologies ont en commun? Elles partagent la caractéristique de pouvoir être des boîtes fermées, desquelles on ne peut plus sortir. Souvent, elles se basent sur une seule idée qui a donné origine à une entière vision du monde. Ceci est aussi vrai pour le pieux religieux qui récite ses oraisons, pour le militant communiste qui participe à la grève contre le patronat et encore pour le spécialiste qui aborde chaque problème avec la même boîte à outils.

Ces organisations cherchent d'éviter que ses adeptes écoutent d'autres point de vue. Certaines religions prescrivent à leur fidèles d'atteindre une tout particulière pureté spirituelle, qu'on peut obtenir seulement en étudiant certains textes fondamentaux et en s'éloignant complètement des contextes culturels et sociaux appartenant à d'autres fois. Souvent il est possible de reconnaître ces adeptes zélés pour leur vêtement qui se relie "aux origines" ou à une certaine orthodoxie. D'autre part, le fidèle ordinaire est déjà assez ignorant de sa religion pour connaître même un minimum des autres. Les seules notions qui sont faites circuler au égard des autres religions sont des slogan qui tendent à les ridiculiser. À long terme, cet isolément culturel, le manque de la connaissance de l'autre et aussi le manque de relations d'amitié avec les croyants en d'autres fois pourront créer des mépris ou pis: la base pour des divisions et des antagonismes sociaux et politiques. Cette situation peut être aggravée si en plus dans les écoles on éduque les jeunes à la haine ethnique ou religieuse. Comme nous l'avons vu, la capacité de subordonner les hommes et de les utiliser pour se renforcer est une des principales caractéristique négative des systèmes de pensée autoritaires.

Aux cultures fermées on peut opposer des formes de culture ouverte. En quoi consiste une culture ouverte? Elle est une forme de culture qui possède parmi ses valeurs l'importance de la connaissance des points de vue d'autrui. Une culture ouverte est aussi le produit d'une organisation sociale qui admet et protège la liberté d'expression, qui encourage activement le débat publique des opinions. Car une telle organisation soit établie, il est nécessaire que les citoyens et leurs leaders soient convaincus de la validité et de l'importance du pluralisme pour l'ouverture des esprits et pour l'amitié entre les hommes. Une religion ou une idéologie peuvent passer d'une forme close à une ouverte. Il s'agit d'un processus qui n'arrive pas tout seul, mais qui demande beaucoup des sacrifices et des efforts. Normalement, il suit le progrès civil d'une société.

Des formes de culture fermée et ouverte se sont affrontées à partir de l'antiquité. La culture ouverte s'établit pour la première fois dans la Grèce antique, le pays qui inventa la philosophie et dont le polythéisme était très loin de constituer une vision fermée du monde. Elle s'établi aussi dans l'Empire Romain, héritier de la pensée grecque, où il y avait liberté de culte et où on avait bâti le Panthéon. Elle s'est établie dans beaucoup de sociétés contemporaines, où les idéologies ont été durement battues et la religion a été relativisée et forcée à cohabiter avec la science, la littérature, la philosophie, l'art, la pensée politique et beaucoup d'autres formes de pensée. La culture ouverte s'est perdue et est née a nouveau plusieurs fois pendant l'histoire et aujourd'hui encore elle doit combattre pour sa survie contre les ennemis de toujours, mais elle s'affirme chaque jours davantage dans le monde contemporain.


HOMME OU CELLULE SOCIALE?
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Ce dont nous avons parlé est l'asservissement rationnel à la culture. Dans ce chapitre, nous examinerons le conditionnement systémique. Nous verrons comment la progressive organisation des sociétés vers de supérieurs niveaux de complexité, nous aille transformés en des obéissants éléments d'un système. Maintenant, nous examinerons ce qu'un marxiste définirait l'asservissement à la base économique, c'est à dire comment la culture est utilisée pour rendre le comportement de l'individu cohérent au système productif.

Ce qui sera décrit dans ce chapitre reflet une tendance du système économique et d'organisation à influencer les personnes. Souvent toutefois, elles perçoivent cette influence négative et essaient de la fuir en beaucoup de façons. Vous aussi vous pourrez chercher de vous opposer à la tendance du système à vous subordonner pour réclamer votre partie de liberté.


LE MALAISE DE L'HOMME CONTEMPORAIN
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Sur le malaise de l'homme contemporain l'on a écrit beaucoup. Les raisons de ce malaise ont été attribuées tantôt à un manque de foi, tantôt à l'exploitation économique, etc. Même s'il y a un désaccord sur les causes de ce malaise, tous sont d'accord sur son existence. L'explication qui est très en vogue ramène tout à une mauvaise répartition de la richesse. Pourtant, il suffit de considérer l'interclassisme de cette maladie pour comprendre comme il faudra considérer aussi d'autres causes. Les symptômes du malaise sont très répandus et ils concernent principalement les niveaux psychologique et culturel dans de formes telles que anxiété, dépression, usage de drogues, suicide, intérêt vers des cultes exotiques, terrorisme. Dans les sociétés développées contemporaines, la satisfaction des valeurs primaires de l'homme est toujours plus difficile. Il subit un important processus de dénaturation. Quelle est l'influence de ce processus sur l'âme humaine?

URBANISATION
En peu de décennies, les pays industrialisés ont vu se déplacer la plus part de sa population des campagnes aux villes. Cela a produit un détachement physique de la nature, de lieux habituels, de la communauté des amis et parents. L'homme, qui dans son histoire évolutive a vécu pendant de millions d'années à contact avec la nature, maintenant il est forcé à vivre dans des petits logements de gros HLM des périphéries urbaines. Pour pouvoir atteindre la nature, il doit organiser un voyage en voiture. Un parent qui voit ses enfants devant à la Télé, se rappelle de sa jeunesse passée avec les amis et au grand air. Cette souffrance n'est pas seulement des parents, qui possèdent encore le souvenir de la nature, mais aussi des enfants qui ne possèdent quand même le souvenir génétique, rebelle à chaque conditionnement culturel. La plupart des émigrés de la campagne souffre de nostalgie des lieux et des affections qu'il a abandonné. Le grand père résiste, mais ne s'adapte pas. Le père est souvent désaxé. Seulement les enfants pourraient se lier au nouvel milieu, mais ce ci est trop cartésien pour leur permettre des espaces vitaux.

 

MASSIFICATION
Les formes architectoniques, le tissu urbain, les distances, les structures scolaires et d'entreprise, l'organisation du temps, réalisent une séparation physique des êtres humains. À cause de l'incommunicabilité, la solitude devient le problème le plus répandu dans les sociétés avancées.

Tandis que dans un village le parentage demeure à côté, les enfants sont entourés d'affections et descendre dans la rue signifie rencontrer les amis, dans la ville l'on rencontre une foule d'inconnus avec lesquels n'est pas possible de communiquer. Les rythmes de la vie moderne soustraient chaque disponibilité de temps vis-à-vis du prochain et de même vis-à-vis des membres de la famille. Pour pouvoir rencontrer des amis, il faut organiser une visite de jours en avance. Souvent, les enfants sont abandonnés aux soins formels d'un nid, école et garderie, institutions dans lesquelles chaque spontanéité, initiative et créativité sont bannies au nom de la contrôlabilité et de l'efficacité. Au contraire, dans un village les distances vers les autorités sont limitées et tout le monde peut participer à la vie collective. Souvent le maire était son propre copain de jeux, alors que dans les villes, on n'arrive même pas à se faire recevoir par un adjoint de la mairie et la vie politique est dans les mains de grandes organisations.

La condition du jeune dans les sociétés avancées est difficile. Son effort pour la formation scolaire le prive de pas mal de jeu durant l'enfance et des amours de l'adolescence. Les conditions d'isolement dans lesquelles il vit, lui rendent très difficile d'avoir des amitiés et de rencontrer une partenaire, aussi bien que les phénomène des célibataires grossit rapidement. Ces difficultés contribuent à la baisse démographique de nos populations. La recherche d'un travail, indispensable pour soutenir une famille, est difficile. Souvent le jeunes se trouve dans une situation de manque d'intégration sociale et d'isolement. Dans tous ces cas, il y a une pénurie dans l'expression des exigences innées vers la nature et les rapports humains.

ANOMIE
Les connaissances scientifiques, l'enseignement scolastique, l'ambiance du travail, les mass-media, ont provoqué la perte de l'image traditionnelle du monde et celle des anciennes valeurs dans des personnes pas du tout prêtes à soutenir cette transformation. Ce changement à été si rapide que la création d'une nouvelle culture n'a pas été possible. On ne doit pas considérer tout cela comme totalement négatif. Ce sont surtout la vitesse et les moyens dans lesquels cela s'est passé qui a provoqué des dommages comme un profond dépaysement, un état d'indigence culturelle, un vide à remplir à tout prix. Ses propres traditions sont aussi une tache, une élaboration à continuer. La nouvelle culture doit avoir des contenus et doit être mieux transmise, en se fusionnant avec celle précédente.

 

 

DÉPERSONNALISATION
Une fois, chaque lieu avait un nom et il était plein du souvenir d'événements. Le monde était attaché à ces lieux. Un lieu n'était pas interchangeable, il était unique. Aujourd'hui, lorsque on veut construire un arrondissement, on rase le sol en effaçant la morphologie du terrain, les fosses, les haies, les sentiers. Les eaux de surface: les ruisseaux, les étangs, les mares où vivait une multitude d'amphibiens et d'autres petits animaux sont ensevelies ou canalisées dans les égouts. Le lieu d'avant est transformé en un espace cartésien, identique à celui de côté et a tous ceux de n'importe quelle banlieue de la planète. L'arrondissement qui est bâti est pareil à tous les autre: un espace interchangeable. Les supermarché, les hôtels, le grands magasins se reproduisent et vous pouvez trouver leurs clones partout.

L'interchangeabilité des lieux est une nécessité d'une société modulaire. Elle fait partie du paradigme de la société industrielle. L'interchangeabilité des hommes s'accole à celle des lieux, des villes, des outils et des produits.  Aussi comme il est oiseux de s'interroger sur l'individualité des boulons dans une chaîne de montage, dans la même manière l'est pour les espaces où l'on vit et à la fin aussi pour les êtres humains dans les société industrialisées. La tentative de savoir qui sommes nous est bientôt abandonnée et en suite la demande est tout simplement refoulée. À cette question, on répond au maximum avec son nom et prénom, mais ils ne disent rien. Si l'on insiste, on ajoute le titre d'études. Mais ces données sont celles "systémiques", celles qui  servent à la société pour identifier l'individu, mais ne disent rien sur sa façon d'être. En effet, si un nom en vaut un autre, une personne ne vaut pas une autre. Nous ne sommes pas de boulons interchangeables, mais nous sommes forcés de vivre en tant que tels.

Si toutefois nous demandons à une personne quoi la caractérise, souvent elle ne sait vous dire rien du tout, et il n'est pas qu'il n'y soit rien à dire... simplement elle ne le sait pas car elle a été éduqué à devenir une cellule sociale, interchangeable. On considère seulement les donnés que l'on partage, en négligeant ceux individuels. Personne s'est préoccupé de lui faire connaître et de valoriser sa propre individualité, sa propre personnalité. Au contraire, tout ce que de spécifique elle avait a été réprimé et effacé pour en faire un individus comme tous les autres, interchangeable. Pourtant, il serait beau savoir qui nous sommes en rapport à la façon d'être des autres, ceci aussi pour améliorer nos qualités, pour valoriser notre façon d'être, pour vivre plus librement et pour mieux exprimer nous mêmes.

Aujourd'hui un garçon est vu comme un conteneur à remplir au maximum. L'interchangeabilité des rôles se fonde sur la supposition d'une parfaite modelabilité de chaque individu. Ces conceptions effacent à la racine la possibilité de nous interroger sur nos unicités et individualités et sur notre particulière façon d'être. Ces façons de concevoir l'homme, unies à l'industrialisation de la pédagogie, entrave la recherche de sa propre identité, l'intégration avec soi-mêmes, le rapport spontané avec le monde. La complète manque de connaissance de soi même et la conscience de sa propre situation a contribué à déterminer une condition de dépersonnalisation diffusée.

Chaque jeune est donc un sac vide qui, après avoir été indifféremment rempli de tomates ou de pommes de terre, peut être envoyé maintenant n'importe où dans le monde. L'identité de l'individu n'est pas cherché dans son caractère, sa personnalité et ses prédispositions, mais dans les titres, les rôles, les appartenances et les uniformes. L'identité se réduit donc aux dimensions systémiques, à détriment de celles naturelles.

RATIONALITÉ ÉCONOMIQUE
La première chose que le système éducatif se sent de devoir faire est celle de réprimer nos composantes animales, intuitive, émotive et créative à faveur de celles rationnelles. L'école donne surtout une préparation professionnelle, nécessaire au futur spécialiste, et ne s'occupe pas beaucoup de fournir au jeunes une vision générale et accomplie de la réalité. Si les individus n'arrivent pas à comprendre le sens de leur travail, pas d'importance car c'est la société qui intégrera les actions individuelles sur les plans économique, politique, etc. La socialisation est accomplie avec l'insertion du jeune dans le processus productif et avec la création d'une nouvelle famille.

L'haut coût de la maison, de la voiture et du maintien de la famille sont les incitations principaux à chercher un travail. Le jeune est poussé à adopter une rationalité économique, dans laquelle le profit foncier deviendra le principal, voire l'unique, paramètre de chaque choix. Par cette opération, son intégration au système sera complétée. Dans son comportement de producteur, épargnant, consommateur et d'investisseur il démontrera sa propre intégration idéologique.

Peu à peu, il se trouvera renfermé dans une cage d'horaires et de parcours, toujours les mêmes. Du point de vue culturel, le jeune se trouvera dans une ambiance tout à fait indisposée à prendre en compte des opinions personnelles. Aussi valables soient elles, on y préfère les beaucoup plus influents avis des experts, les slogans des organisations politiques et confessionnelles. Donc, l'espace culturel de l'individu se réduit à celui de simple militance et donc de plate répétition de déclarations d'autrui.

DÉSHUMANISATION
Selon A. Leroi-Gourhan (4), dans le courant de son évolution l'homme a progressivement transféré ses propres capacités à des outils et machines. Tandis qu'un carnivore possède des griffes, l'homme ha fabriqué des couteaux. Ainsi, plus en général, tandis que les animaux possèdent capacités qui font partie de son corps, l'homme ha extériorisé ses fonctions. Maintenant, sa force musculaire, sa capacité de se déplacer, sa manualité sa mémoire et créativité ont été assumées par des machines. Protagoniste jusqu'à hier de la vie sociale, l'homme, de acteur, musicien, danseur, athlète et organiseur est devenu spectateur. La révolution informatique préfigure un futur dans lequel un travailleur ne touchera plus des matériaux, ni parlera directement avec ses propres collègues et amis, mais il sera séparé du reste du monde par un écran télévisé. La virtualité replacera la réalité concrète. D'ailleurs, déjà aujourd'hui nous éprouvons combien la complexité des systèmes informatiques demande des aussi grandes quantités de temps et d'attentions de rendre les individus toujours moins disponibles aux égards des autres. Pas seulement, mais déjà après assez de temps la télévision a éloigné les hommes des routes du village, où ils se rencontraient pendant la promenade du soir, en les séquestrant dans ses maisons.

Le travail spécialisé ne permet pas d'exprimer les nombreuses composantes de l'homme, les différent personnages de son âme, mais il devient l'instrument de sa déshumanisation. L'ensemble des répressions, ou mieux du manque de l'expression des composantes naturelles, crée un potentiel qui est à la base de nombreux mécanismes de manipulation dans lesquels nos impulsions naturelles sont déviées vers des objectif artificiels, ou mieux systémiques. Notre héritage naturel est perverti vers des formes dégradés, utiles seulement à notre contrôle.

Le zoo est une ville pour animaux. Le zoo est le transfert sur le plan animale de l'organisation humaine. Mais il vaut aussi l'inverse, car si le zoo est une prison pour les animaux, la ville l'est pour les hommes. La construction de maisons pour avoir sûreté et protection, a eu comme conséquence notre éloignement de la nature et l'isolement social: des appartements beaux et bien meublés constituent nos cages.

Plus avant nous verrons comment récupérer et exprimer nos dimensions naturelles.


CELLULE SOCIALE
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Notre société à été comparée à un organisme biologique du quel les hommes constitueraient les cellules. Au premier abord, cette comparaison ne nous dit pas beaucoup, mais par une analyse plus approfondie, on peut en obtenir quelque chose d'intéressant.

En biologie, on distingue les protozoaires, organismes formés par une seule cellule, des métazoaires, organismes formés par plusieurs cellules. Si avec un microscope, nous observons une goutte d'eau récoltée dans un étang, nous y verrons facilement de très petits êtres unicellulaires tous occupés à nager rapidement ou à tournoyer. Ils sont libres d'aller où ils veulent et, même pour la lente amibe, qui nous apparaît comme une petite masse gélatineuse, ne nous est pas possible de prévoir dans quelle direction poussera son prochain pseudopode. Il est stupéfiant noter comme aussi in une petite cellule d'un protozoaire soient présents toutes les fonctions d'un organisme supérieur, bien que dans une forme plus simple. Ses cils se meuvent toutes ensemble dans une façon ordonnée, en permettant à l'animal tantôt de nager tantôt de marcher. La cellule possède donc une ébauche de pattes et de système nerveux. Il y a aussi une ouverture qui a les fonctions d'une bouche, il y a des vacuoles digestifs qui à la fin déversent les déchets à l'extérieur, etc. Nous savons bien que nous hommes aussi dérivons de l'évolution de micro-organismes pareils à ceux ci.

Dans son livre "L'envers du miroir" (5) Konrad Lorenz affirme qu'un organisme biologique est formé par une hiérarchie de systèmes. Avec leurs intégration, ceux d'ordre inférieur produisent des systèmes d'ordre supérieur. À leur tour ceux ci, avec leurs intégration, forment des systèmes d'ordre plus supérieur encore et ainsi de suite. Dans cette façon, en intégrant atomes, on obtient des molécules, en intégrant molécules on passe aux cellules, de celles-ci aux tissus, des tissus aux organes, jusqu'à l'être complet. Mais ce n'est pas fini, car les individus peuvent être considérés les éléments du système social.

Malheureusement, l'intégration des parties au système n'est pas complètement sans peine. Elle comporte une transformation des éléments pour les adapter à leur rôle dans le système. En effet, afin qu'un système puisse marcher, il doit être sur des prestations des éléments qui le composent. Pour éviter d'être obligé a subir des initiatives imprévues de la part de ses éléments, il doit éliminer leur autonomie, il doit les subordonner. Par exemple, pour notre organisme est important que les cellules musculaires bougent seulement à la suite d'une commande des nerfs, autrefois quelle serait l'efficacité du coeur si ses fibres musculaires bougeaient chacune par elle même? Il est donc clair que les capacités qui vont au delà de la prestation requise, comme la créativité et l'individualité, sont considérées par le système comme négatives. C'est pour de raisons comme celles ci que les cellules de notre organisme ont été simplifiées.

Par rapport à ses cousins protozoaires, les cellules de notre corps ont perdu les cils, la bouche, son primitif système nerveux, etc. Elles ont perdu tout ce qui leur assurait autonomie et liberté. Elles se sont spécialisées à métaboliser certaines substances. En échange, elles reçoivent oxygène et nourriture, mais elles ne sont plus libres d'aller où elles veulent et de faire ce qu'elles préfèrent. Maintenant, elles sont insérée dans un tissu, comme si elles étaient du carrelage du plancher. Elles ont perdu leur primitive indépendance et créativité. Dans une façon semblable, nous hommes aussi, en qualité d'éléments du système social, nous avons étés simplifiés. Le système et ses éléments ont des points de vue divergents: le système veut la fiabilité des parts qui le composent, tandis que celles ci veulent leur conserver leur intégralité et liberté.

 

 

Les systèmes dont nous faisons partie, par exemple celui productif et politique, ne tolèrent pas nos autonomie et initiative, pour ne pas parler de notre créativité. Ce qui nous est demandé par l'appareil est avant tout le respect des règles et la fiabilité politique. Il est seulement à l'intérieur de ce cadre qui nous est permis de nous bouger. Notre simplification débute avec l'éducation en famille, elle continue avec l'école et avec le travail spécialisé, qui se place dans le domaine d'une plus vaste division du travail. La culture achève l'asservissement par la religion et l'idéologie.

Donc, ce qui nous sont demandés sont des des rapport sociaux qui nous font penser à des régimes autoritaires, tandis que nous vivons dans des démocraties. Bien sur, dans une dictature ce type d'organisation est plus évident, mais il existe aussi dans les sociétés de marché. Dans celles ci, ce sont surtout les exigences de la concurrence et la rationalité économique qui nous imposent des comportements cohérents avec les objectifs des entreprises. La rationalité économique est l'idéologie des sociétés de marché. Sur la base de cette rationalité, les individus se portent comme des petites sociétés foncières tendues à optimiser le profit au détriment de sa propre vie privée et des rapports avec les membres de la famille et les amis.

La croissante organisation humaine, des petites tribus aux états continentaux d'aujourd'hui, a vu l'homme perdre sa propre centralité. Maintenant, il n'est plus un but en soi même, mais un élément modulaire d'organisations nationales, religieuses, politiques et productives. La grande échelle de ce processus ne fait rien d'autre que exalter les termes du problème. Il est tout juste cette échelle qui a déterminé la nécessité de la standardisation des hommes. Elle est assurée par le titre d'études et elle permet l'interchangeabilité des travailleurs. La reconnaissance des titres à niveau européen a déjà été achevée. L'interchangeabilité des parts est nécessaire aux organismes sociaux, lesquels veulent exister indépendamment des éléments qui les composent. Ces parties, soient elles des ressources instrumentales ou humaines, doivent pouvoir être remplaces au besoin. Pour comprendre cette interchangeabilité dans sa correcte perspective, il faut la mettre en rapport avec la condition primitive de l'homme dans laquelle il était important en tant qu'individu.

 

On aimait ses copains et membres de la familles car ils étaient eux et ils ne pouvaient pas être replacés par des autres. On aimait aussi les lieux car ils étaient ceux dans lesquels on avait vécu et pas des autres. Au lieu de l'interchangeabilité, il y avait des sentiments. Cette situation survit dans la famille, mais on s'habitue a ne pas aimer un collègue comme un ami car tôt ou tard il sera replacé par un autre. On s'habitue à vivre une vie de boulons. La centralité perdue par l'homme a été prise par les organismes sociaux, soient ils des entreprises, partis, religions, etc. Jusqu'à maintenant, le développement de notre espèce s'est produit par des successifs enrichissements. Pour la première fois, ils nous demandent un appauvrissement.

L'organisation des hommes dans le système productif et social implique donc leurs simplification. Une simplification de leur façon d'être et de leur expérience de vie. Cette simplification, à cause de la tension entre notre richesse intérieure et ce qui nous est permis d'être, provoque de la souffrance. Normalement, le malaise de l'homme contemporain est attribué à des compliques mécanismes psychanalytiques par une chaste de sorciers à payement, tandis qu'il serait plutôt à rechercher dans la négation de nos naturelles formes de l'existence.


HÉTÉRONOMIE
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Chaque cellule de notre organisme reçoit de signaux nerveux ou hormonaux qui lui transmettent l'ordre de se contracter ou de sécréter une substance particulière. Comment fait-t-il le système social à gérer ses "cellules" selon ses propres exigences? Pour mieux voir ce qui nous est trop près, il est mieux de nous en éloigner. En observant les sociétés primitives, nous nous apercevons que le chasseur-cueilleur travaillait seulement pour les personnes qu'il connaissait. Avec peu d'heures de travail quotidien, il se procurait à manger pour soi même et pour les autres membres de sa tribu. Le paysan aussi est autonome du moment qu'il peut vivre de ses produits et qu'il n'a pas besoin de rien d'autre.

Mais dans cette façon, dans les villes qu'est ce que l'on mange? Au but d'avoir de sociétés complexes, il a été nécessaire inventer quelque chose pour forcer les paysans à travailler aussi pour les autre. L'état d'autosuffisance des campagnes a été brisé par l'imposition d'impôts, à payer en argent e non pas en nature. Le paysan était forcé de travailler davantage pour être en mesure de vendre l'excédent pour obtenir l'argent pour les impôts. Cette ci constitue une première rupture de l'équilibre naturel.

Comme seconde altération des anciens équilibres, on peut considérer les besoins crées par les moyens de communication de masse sur la base desquels la vie dans une puante ville industrielle avait devenue un mirage. À ce point, le paysan se trouve coincé entre ses vastes champs fleuris et il rêve d'aller en ville pour faire l'ouvrier pour acheter des miroirs et d'autres petites choses luisantes.

Troisième et successives altérations: l'école habitue l'enfant à vivre dans une façon "civile" et étouffe son envie de jouer. Le jeune homme doit étudier et ne doit pas perdre son temps derrière aux filles. Dans une ville ne poussent pas les fruits, donc pour manger il faut travailler. Pour aller au boulot il faut la voiture. Pour avoir une famille, il faut une maison, etc. Ils arrivent aussi les politiciens et les religieux à indiquer ce qu'on doit ou qu'on ne doit pas faire. En leur absence, la publicité se charge de remplir les vides du moment. Comme si tout cela ne suffisait pas, au nouvel citoyen est crée un vif désir d'affirmation qui fait que les objets prennent une valeur d'indicateurs d'état social.

Souvent, il croit de pouvoir résoudre ses problèmes par sa situation de travail et le voilà qui s'engage à grimper l'échelle sociale. En réalité, il n'en aurait pas besoin. Il pourrait très bien se contenter de ce qu'il a et aller à la campagne des qu'il peut. Mais non: s'il se contentait ça serait fini car le mécanisme ne tournerait plus. Alors il faut qu'il soit mécontent. Il se sent bête jusqu'au bout des ongles et le lundi il ronronne au chef, il travaille davantage, il fait des heures supplémentaires, il trouve un deuxième travail et il bosse même pendant la nuit et les jours de fête. Il gagne beaucoup d'argent et il peut acheter la voiture nouvelle et la fourrure à sa femme. Il peut envoyer ses enfants dans l'école la plus privée et exclusive de la ville, mais il n'est pas encore content (et il ne doit l'être jamais). Alors il va chez le psychanalyste qui le convainc que l'origine de tous ses problèmes est tellement cachée qu'il doit faire au moins 20 ans d'analyses très chères (plus elles sont chères, plus elles sont efficaces!).

Au contraire, le pauvre n'avait besoin que d'une canne à pèche pour aller avec les copains au fleuve où il se serait endormi sous un arbre, pendant que les femmes préparaient la saucisse grillée, les enfants faisaient le bain dans l'eau pleine d'algues, et ceux plus grands (mais où ils vont finir ceux là qu'ils ne se voient jamais?)... jouaient au médecin avec sa fille derrière aux buissons de saule et les roseaux, avec les grenouilles.

Mais ceci ce sont des choses grossières, pour des ouvriers. Au contraire, ici il y faut de la culture! A fur d'étudier, l'enfant intellectuel, avec de petites lunettes rondes et le bouc, fait des discours qui personne ne comprend pas et pendant la nuit il rédige des listes de proscription. Il faut aussi être avertis. Alors regarde le journal télé, mais il est partisan, alors regarde les tous et après il faut le quotidien! Écoute les bêtises qui dit celui là! S'ils gagnent les nôtres ça alors: tout va changer. On espère de faire au moins un but! Où sont les comprimés pour l'hypertension?

Le mécanisme est celui de créer un déséquilibre par rapport l'état de nature. Ce déficit crée un malaise au quel l'individu essaie de remédier. L'action qui naît est cependant déviée par rapport à la compensation naturelle et est dirigée vers un autre but. Un cas typique est celui de montrer une belle fille nue devant un produit. Voire cette belle fille, provoque un désir. Notre réaction visée à rétablir l'équilibre (se coucher avec elle) est déviée vers des objectifs différents par rapport à ceux naturels, donc vers l'achat du produit, lequel nous donne l'illusion d'avoir en quelque sorte la modèle.

Cette continuelle stimulation de nos instincts et le déroutage de nos réponses vers de faux objectives nous créent un constant état de stress, devenu désormais essentiel. L'isolement social, affectif et sexuel, et plus en général le manque d'expression de notre âme, sont nécessaires au système tout juste car ils sont à la base des mécanismes qu'il emploie pour gérer les éléments dont il est composée, c'est à dire nous.


CULTURE URBAINE
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La socialisation de l'homme a aussi d'importantes conséquences culturelles. Dans le passage de la condition tribale ou paysanne à celle urbaine, l'homme a remplacé une culture avec une autre. Propre de cette dernière est d'être formée par des domaines isolées. L'haut niveau des connaissances spécialisée, formelles et systémiques, contraste avec le très bas niveau des connaissances sur soi même et sur sa condition existentielle.

L'agir de l'homme primitif et du paysan avait des directes conséquences sur eux mêmes et sur la sphère qui les entourait de près. Seulement dans une mesure marginale leurs actions contribuaient à quelque chose qui leur échappait, comme la progressive formation d'organisations politiques et l'extension des frontières. Aujourd'hui, il arrive le contraire: l'agir du citoyen a des importants effets, mais extérieurs à la sphère qu'il contrôle. Propre de la culture urbaine est donc le caractère méconnu des effets des actions individuelles et une difficulté de compréhension de son agir publique. Ceci arrive car c'est le système qui promeut et dirige l'agir des individus et il est encore le système qui intègre le savoir et les actions des parties.

À ce point, on peut avoir l'impression que l'homme soit désormais devenu proie d'un "Grand Frère" comme celui d'Orwell. En réalité, il faut tenir compte d'autres facteurs qui interviennent à atténuer la situation. Avant tout il ne faut pas penser au "Système" des modernes sociétés comme quelque chose de monolithique car il est composé par une pluralité d'organisations, en compétition entre elles. Nous savons comme de cette compétition peuvent dériver le marché et des institutions démocratiques. Le système n'est pas une entité autocratique car il est constitué par des structures politiques et par des institutions qui cherchent à produire et à renouveler la démocratie. Ce qu'il faut faire c'est d'apprendre à vivre dans ces nouvelles conditions.

Un effet de l'organisation du système est aussi une plus importante productivité qui permet la subsistance d'une densité de population autrement prohibitive. Parmi les organisations de ce système, il y a aussi celle de la presse, de l'éducation et de la recherche, dont les produits sont des informations, des analyses des événements historiques, économiques, politiques et sociales. Il est par ces informations, produites donc par le système dans son ensemble, que le citoyen peut récupérer une partie de ce qu'il avait perdu individuellement sur le plan cognitif et politique. En effet, il peut connaître l'allure des paramètres sociaux et, à son tour, il peut aussi chercher d'influencer le système aussi. En réalité, la capacité de comprendre les informations de ce type suppose une base de connaissances et une indépendance intellectuelle que de fait sont privilège de peu de personnes.

L'homme contemporain ne vit plus dans des sociétés primitives, mais dans des sociétés très complexes. Il reste pourtant vrai le fait que le système a la tendance à le former selon ses besoins et à le bouger selon ses exigences. À l'homme systémique est toutefois fournie une culture différente par rapport a celle nécessaire pour l'homme libre. Ceci explique pourquoi les connaissances de type professionnel, économique, formel et opératif soient tellement plus diffusées que celles qui pourraient nous aider à nous localiser d'un point de vue existentiel. L'homme moderne doit atteindre la capacité de comprendre sa situation et ce qui se passe autour de lui.


CONCLUSION
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En conclusion, la comparaison biologique que j'ai tracé dans ce chapitre nous aide à voir comme l'homme contemporain, dans sa subordination aux systèmes dont il fait partie, soit soumis à un processus de simplification qui voit sa culture réduite à la spécialisation, sa vaste nature contrainte dans un rôle répétitif, son individualité sacrifiée à l'interchangeabilité, ses instinct détournés à des buts systémiques. Le voilà devenu une obéissante cellule sociale, bien insérée dans le système qui la garde prisonnière et oublieux de soi même. Mais il est affligé par des troubles psychosomatiques que personne n'arrive à soigner. On verra plus avant comment se sortir de ce conditionnement de la part du système.


IDÉOLOGIE, UTOPIE, CULTURE
INTRODUCTION
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Dans ce chapitre, nous prendrons en compte des importants instruments pour le conditionnement tels que l'idéologie et l'utopie e de leurs rapports avec la culture. Avec l'idéologie, nous verrons le conditionnement rationnel s'étendre à niveau de masse. Avec l'utopie, nous nous occuperons de l'aspect émotif du conditionnement. En particulier, nous verrons comment avec l'utopie s'établit un lien émotif vers certaines traditions religieuses ou idéologiques. Nous verrons aussi comment ce lien soit à la base de comportements fanatiques. Nous examinerons les importants liens entre les représentations du monde et les rêves qu'elles promettent. Jusqu'à maintenant, nous avons examiné le conditionnement à un niveau individuel, avec l'idéologie nous verrons son déploiement à niveau de masse. Entrent en scène les deux formes les plus puissantes du conditionnement social: l'idéologie et l'utopie, les protagonistes absolues de la culture et de l'histoire du XXe siècle, de forces qui ont aussi lancé l'humanité dans des apocalyptiques guerres et révolutions.

La lecture de ce chapitre est important aussi pour comprendre la nature et les dynamiques des régimes totalitaires et pour savoir défendre la culture vis à vis des idéologies. Beaucoup de cultures et de civilisations ont été effacées par des idéologies ou religions. Il est finalement important pour nous rendre compte de l'incessante lutte entre les sociétés ouvertes et les totalitarismes. Dans la première partie, nous prendrons en considération le coté totalitaire de ces formations culturelles. À la fin, nous chercherons les voies pour les domestiquer et les ramener réformées dans la société où elles pourront finalement offrir des contributions positives.

 

 

Avant tout, nous aborderons brièvement les principaux moyens de concevoir l'idéologie et l'utopie. Nous les suivrons dans leur évolution jusqu'à quand elles nous sont échappées de contrôle. Nous verrons les principaux effets de ces deux formes de culture sur le comportement humain. Nous verrons enfin comment soit possible ainsi que nécessaire dépasser les vieilles façons de les concevoir pour pouvoir les neutraliser et pour pouvoir récupérer la souveraineté de nous mêmes.


UTOPIE ET IDÉOLOGIE, VIEILLES ET NOUVELLES CONCEPTIONS
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L'utopie et l'idéologie sont apparues très tôt dans l'histoire, même si elles se sont présentées sur le plan théorétique seulement beaucoup de temps après. En effet, ces deux formes de culture sont déjà clairement reconnaissable à l'intérieur de l'ancienne pensée mythique-religieuse et même dans celle philosophique. Toutefois, le terme utopie fut crée seulement dans le 1516 par Thomas More à partir des termes grecs "ou" (non) et "topos" (lieu) et il signifiait "lieu qui n'existe pas". Ceci était le titre qu'il avait donné à une de ses oeuvres qui décrivait un État parfait et égalitaire. Successivement, ce terme finit par designer des idées ou des projets nobles mais irréalisables. À son tour, le terme "idéologie" fut introduit à la fin du 1700 par A. Destutt de Tracy pour indiquer la "science des idées". Ce terme aussi a changé de signification, en prenant celui de "système d'idées".

Pour Marx et Engels, idéologie était par contre l'ensemble des connaissances d'une personne, ou mieux d'une classe. Pour eux, le terme idéologie coïncidait avec celui de culture et ils affirmèrent l'essentielle, même si pas totale, détermination matérielle de la culture. De cela, il dérivèrent que chaque classe posséderait une idéologie à elle même. Ils soutinrent aussi que l'idéologie de la classe dominante tendrait à se présenter comme vraie. Donc, ils dénoncèrent le caractère idéologique de la culture bourgeoise et ils soutinrent que celle prolétarienne aurait été par contre l'unique vraie car destinée à la société sans classes.

Ces déclarations ont eu le mérite de situer dans un contexte historique la culture en un moment dans lequel on tendait à la considérer un pur produit de la culture précédente et de l'esprit, sans liens remarquables avec les processus de production. Elles se sont avérées aussi très pratiques aux régimes qui les ont utilisées comme légitimation d'un pouvoir fondé sur la seule idéologie vraie.

Dernièrement, certains sociologues n'ont pas reconnu valable le concept purement économique de classe et ils n'ont pas non plus reconnu crédible la prophétie messianique de la société sans classes. Au contraire, ils ont vu dans les régimes marxistes aussi une forme renouvelée d'asservissement. Parmi ceux ci, Karl Mannheim n'était même pas d'accord sur le déterminisme essentiellement univoque de la culture par l'économie. Il affirmait l'existence d'un conditionnement social de la culture, en entendant que dans des situations données, certains groups cacheraient l'état réel de la société à soi mêmes et aux autres de telle manière à conserver leur pouvoir.

Mannheim se trouve d'accord avec Marx à considérer l'idéologie comme une altération plus ou moins consciente de la réalité à des buts de domination, mais il n'est plus d'accord à considérer celle marxiste comme scientifique et l'unique valable. Il applique la critique marxiste de l'idéologie au marxisme même, en mettant en évidence comme lui aussi fût une idéologie comme toutes les autres, mais qui ne pouvait pas diriger vers soi même sa même analyse sans faire tomber sa propre charge messianique, sans devoir renoncer à sa propre promise de la fin des idéologies et de l'exploitation dans une société sans classes. En effet, si l'on imagine qui un nouveau rang puisse s'emparer de l'idéologie marxiste et l'utiliser à son tour aux buts de domination, la perspective de la société sans classes perdrait immédiatement toute plausibilité. Que celle ci ne fût seulement qu'une hypothèse l'ont démontré les régimes communistes eux mêmes, par leurs Nomenclatures.

Mannheim distingue entre idéologie et utopie, en intendant la première comme une vérité socialement déformée à buts de classe et de conservation, et la seconde comme un ensemble d'affirmations vouées à détruire l'ordre existant et à en créer un nouveau. Il attribue donc à l'idéologie une fonction conservatrice et à l'utopie une fonction révolutionnaire.

Cette conception à la capacité de améliorer la compréhension de beaucoup d'événements historiques, soumis à la tension entre conservation et renouvellement. Elle a toutefois le défaut de mettre toujours dans une lumière toujours positive l'utopie et elle finit dans un cercle vicieux constitué par les utopies que, une fois pris le pouvoir, se tournent en idéologies. Dans cette façon, il se produit un processus révolutionnaire/répressif duquel Mannheim n'est pas capable d'indiquer une sortie. En plus, ce processus n'est pas en accord avec l'histoire, qui démontre comme aussi des événements révolutionnaires peuvent faire naître des démocraties désenchantées.

Selon les définitions de Mannheim, on s'attendrait un progrès continu d'un régime à un autre meilleur, chose qui au contraire s'est rarement passée. Plus souvent, le nouveau régime s'avère pire du précédent, plus fermé et moins disposé à se laisser modifier, un régime autant parfait que obligatoire et indiscutable. On peut penser au passage de la république de Weimar au régime nazi, à beaucoup de régimes produits par les révolutions marxistes et, plus récemment, au régime iranien des ayatollahs qui a remplacé celui du Shah. Ce raidir des formes institutionnelles se produit aussi par cause de la force du contrôle social que l'utopie et l'idéologie livrent aux leaders et qui permet au nouveau régime de se passer d'institutions représentatives et démocratiques. Les mouvements politiques gérés avec des instruments massifiants comme ceux ci, ont comme conséquence naturelle des institutions autoritaires. À partir de ces prémisses, on ne doit pas s'étonner si le processus révolutionnaire sera seulement apparemment libératoire, tandis qu'il reproduira l'asservissement dans le temps et il se bornera à remplacer un pouvoir avec un autre, souvent pire du précédent.

Les conceptions de Marx et de Mannheim au égard de l'idéologie et de l'utopie sont très amples. Elles comprennent sans distinctions n'importe quelle idée ou connaissance, même l'une contraire à l'autre, dans une unique idéologie pour la seule raison qui sont possédées par les membres de la même classe. Ils confondent culture et idéologie. Ils ne s'intéressent pas à la valeur de vérité des idées, et il rendent impossible de nous interroger sur les rapports objectifs-moyens et sur les dynamiques des choix politiques individuels. Par contre, elles légitiment les idéologues de parti dans leur volonté de se faire interprètes de la pensée d'une classe entière. Elles rendent inefficace l'analyse des dynamiques culturelles qui sont à la base des événements historiques. Surtout elles rendent impossible de dénoncer leurs fonctions massificatrices.

Au contraire, il est important d'analyser plus en détail ces formes de culture pour en tirer les instruments nécessaires à leur compréhension et pour nous affranchir de leur suffocante tutelle. Il est nécessaire de corriger la façon de concevoir ces termes pour étendre notre capacité d'analyse historique, pour pouvoir nous libérer des conditionnements sociaux et pour pouvoir mieux organiser la lutte politique pour le progrès social. Alors, d'accord que la culture soit en bonne partie déterminée par les conditions de production, mais elle l'est aussi de la pensée précédente. On ne saurait pas expliquer autrement la millénaire vitalité des religions, leur ramification en des confessions et des sectes différentes. Il ne serait pas non plus possible expliquer le progrès de la pensée philosophique et de la technologie, donc le caractère cumulatif de la pensée humaine. D'accord que les membres d'une classe partagent beaucoup d'idées, mais on ne peut pas pour cela regrouper tout dans une idéologie. Nous pouvons parler de culture paysanne, de culture ouvrière, de culture bourgeoise, de culture des Massaï, mais pas d'idéologie paysanne, etc.

À ce point, il devient nécessaire distinguer entre culture et idéologie, en considérant cette dernière comme une des composantes de la culture. À l'intérieur d'une culture on peut distinguer des idées, souvenirs, théories, connaissances, valeurs, mythes, mais aussi des idéologies et des utopies. Donc, ces dernières sont à considérer des particulières formes de culture douées de caractères distinctifs précis. Je suis d'accord que la culture de la classe au pouvoir, donc ses idées, valeurs et mythes tendent à exercer une hégémonie sur les classes subalternes. Je suis d'accord que à celle s'opposent d'autres intérêts et mythes organisés en mouvements politiques. On peut même nommer certains composantes de ces cultures idéologie et utopie, mais tout cela se passe à l'intérieur de plus vastes scènes culturelles.

Tout cela ne nie pas totalement les affirmations des auteurs que j'ai cité, mais les amène à l'intérieur d'un cadre plus articulé. Il isole l'idéologie et l'utopie comme des éléments aberrants de la culture et, dans le même temps, il libère les autres composantes qui se rendent disponibles pour un analyse plus fine des phénomènes historiques.

Poursuivons donc ce chemin en modifiant la façon de concevoir l'idéologie et l'utopie par rapport à Marx et Mannheim. À ce but, ne considérons plus l'utopie comme une idéologie révolutionnaire, mais comme ce qui donne vie à l'idéologie. Donc, pendant nous attribuerons les fonctions rationnelles et d'explication du monde à l'idéologie, nous attribuerons à l'utopie la fonction motivationnelle. Nous irons considérer l'utopie comme l'âme de l'idéologie. La découverte de ce liens nous indique une nouvelle voie pour examiner le rôle des composantes émotives dans le processus de formation des opinions.

Enfin, étant donné leur rôle et leur dynamique à l'intérieur des cultures, nous ne pouvons plus considérer l'utopie et l'idéologie au même niveau des autres composantes de la culture, mais comme des authentiques parasites culturels qui soustraient des énergies aux cultures dans lesquelles elles opèrent pour se renforcer politiquement, jusqu'à les dominer.

 

 

La distinction des rôles motivationnel et rationnel souligne le rapport de subordination qui existe entre l'utopie et l'idéologie. Comme nous le verrons, cette distinction est essentielle pour une meilleure compréhension de beaucoup de phénomènes sociaux. De ce rapport de subordination il n'y aurait pas à s'étonner car, en dernière analyse, nos propositions d'actions et nos programmes proviennent de l'irrationnel. C'est le type de subordination qui mérite toute notre attention. En effet, normalement, la raison opère une fonction de supervision des propositions qui proviennent de notre âme. Par contre, en présence de l'utopie, les choses vont différemment. L'utopie ne se limite pas a indiquer la solution d'un problème, mais elle promet la satisfaction de tous les besoins et espoirs, le soin de tous les maux, la solution de tous les problèmes. L'utopie n'est pas un projet comme les autres, elle est une promise tellement séduisante que la raison en reste totalement subjuguée.

Le Paradis, la société sans classes et les autres rêves comme ceux ci promettent simplement tout. Pour cette raison, normalement l'utopie est profondément aimée. Souvent, elle est aimée au point d'établir une sorte d'enchantement. Normalement, la valeur émotive de l'utopie est si forte que la raison n'est plus capable de garder les distances avec elle, mais elle en est emportée. Elle n'accomplit plus aucune fonction de contrôle, mais au contraire elle prend des fonctions apologétiques. De là la partialité dans le jugement historique, la vision manichéenne du monde, la dépendance des jugements moraux et esthétiques, le fanatisme.

L'utopie et l'idéologie agissent comme des puissants aimants en attirant vers eux des milliers de personnes dans un processus qui en faute de mesures efficaces tend a croître rapidement.

 

 

La raison n'exerce plus sa fonction de contrôle, mais elle supprime chaque critique à l'utopie, amplifie l'importance des donnés favorables, confirme ses propres convictions, etc. En présence d'une utopie, les opinions ne se forment plus sur la base d'une observation critique et désenchanté de la réalité, mais sur la base d'un rêve... Le marin qui écoute le chant des sirènes, en reste subjugué et il se plonge dans la mer ou il se perd dans les flots.

L'idéologie avec sa clef d'explication universelle et l'utopie avec son enchantement emprisonnent leur victimes dans un étau puissant. Souvent la communication avec eux s'avère très difficile. Il n'est pas possible de rompre cette prison par moyen d'arguments rationnels. Avant, il faut battre l'utopie, mais ce n'est pas facile car elle est aimée par ses victimes. Mais c'est seulement par la rupture de l'enchantement que l'on peut obtenir la libération des prisonniers.

Les événements les plus importants se passent au dehors de notre horizon proche. Les informations qui nous arrivent sont donc médiatées et souvent aussi altérées (à ce propos on parle de journalisme militant). Ici nous nous revenons sur ce que nous avons dit au sujet de la difficulté de juger des nouvelles spécialisées et du besoin éprouvé par beaucoup de monde de trouver une clef d'explication universelle. Comme nous l'avons dit, souvent cette clef est trouvé dans une idéologie. À ce point, vis-à-vis de descriptions discordantes les spectateurs se remettent aux sources d'informations de part et par conséquence ils choisissent la vérité de part. Ce choix n'est pas purement rationnel, mais il y participe aussi l'utopie avec sa charge d'émotions.

 

 

L'idéologie interprète le monde dans une façon arbitraire, tandis que l'utopie la stabilise émotionnellement. Maintenant, il est plus évident le caractère aussi émotif de ce choix de paradigme. On comprend mieux les conséquences sur le plan épistémologique d'avoir choisi une science visionnaire. L'idéologie et l'utopie éloignent la raison de la compréhension objective de la réalité, elles brouillent les termes des choix. Les jugements moral, esthétique et pragmatique sont leur fonction et ce qui est perçu comme favorable à elles est aussi considéré bon, beau, utile et il est aimé.

Donc, dans beaucoup de cas ce n'est pas l'observation désintéressé de la réalité qui détermine la représentation du monde, mais c'est le choix d'une vérité supposée, à employer comme clef d'explication universelle, soutenue par une perspective utopique. Ceci peut expliquer pourquoi en présence de l'idéologie les faits ne servent plus a rien. Marco Travaglio, fameux journaliste italien a récemment publié un livre dont le titre a photographié très bien le destin des faits dans le choc idéologique de tous les jours: "La disparition des faits. On prie d'abolir les nouvelles pour ne pas déranger les opinions".

Sur la base de ces conditionnements du jugement, se sont déterminées des agrégations sociales et politiques basées sur le partage des même valeurs, mais se sont déterminées aussi beaucoup de divisions sur le plan humain dans les lieux de travail et de résidence. Ces divisions idéologiques se sont ajoutées à celles urbanistiques, de sexe, d'age, et d'autres types, en contribuant à générer un cadre social très fractionné, d'isolément et de solitude. Les relations humaines ont ressenti lourdement des mécanismes massifiants politiques et systémiques. Expérience des jours qui ont suivi la chute du rideau de fer et de son utopie a été le rapprochement entre personnes qui jusqu'à peu de jours avant étaient distant du point de vue politique. Pour ceux qui pendant des années ont inutilement combattu ces absurdes divisions politiques, en essayant de faire prévaloir le rapport humain, il s'agit d'un soulagement. Il reste un peu d'amertume pour l'inutilité des efforts accomplis dans ce sens contre des forces aussi grandes, jusqu'au jour où elles ont spontanément décidé de se dissoudre.


L'IDÉOLOGIE ET LES AUTRES FORMES DE PENSÉE
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Regardons maintenant l'origine des principales formes de pensée, en particulier l'idéologie.

Jusqu'aux temps les plus anciens, l'homme a essayé de comprendre le monde dans le quel il vit et cela répond à la nécessité de réduire le malaise vers ce qui n'est pas connu, de trouver le sens de son existence, de connaître son destin une fois morts, etc. Des premières méditations dérivèrent des explications dans lesquelles étaient mêles des éléments historiques et fantastiques, rationnels et irrationnels, naturels et surnaturels. On a donné à ces contes le nom de mythes. Tout cela a constitué une formidable oeuvre de rationalisation par laquelle nos ancêtres ont essayé de rendre compréhensible ce qui autrement était mystérieux, humain ce qui était monstrueux. Ces explications traditionnelles apportèrent des images du monde rassurantes, où chaque chose avait un sens précis et tout était pénétré par la bienveillance divine. Chaque ouvrage, des amphores aux colonnes des palais, était décoré de ces images mythiques. Avec le temps, du mythe s'est séparée la religion, qui s'est référée principalement à la divinité. Le développement des commerces et de la technologie, qui a accompagné nos ancêtres à l'époque historique, porta de nouvelles questions et de nouveaux besoins de mieux connaître la nature.

 

 

Beaucoup des anciens penseurs grecs étaient conscients du caractère fantastique de ses propres mythes. Poussés aussi par des problèmes concrètes, ils essayèrent de mieux connaître la nature au but de pouvoir l'utiliser plus efficacement. De cette réflexion rationnelle et systématique naquit la philosophie. Elle cherchait de saisir, par la spéculation rationnelle, la nature des choses, de telle façon à pouvoir en déduire les propriétés et comportements.

 

 

Les grecs anciens pensaient qu'il existait une raison universelle (Logos) qui imprégnait l'univers entier et à laquelle fussent soumis pas seulement les objets inanimés, mais aussi les êtres vivants, les hommes et même les dieux. Ils pensaient que la raison humaine aussi faisait partie de cette raison universelle et qui en partageait les lois. En vertu de cette coïncidence, les grecs étaient persuadés qu'il était possible de comprendre comme le monde était fait par la seule raison. Donc ils s'efforçaient de trouver le principe premier de toutes choses (arché), la loi fondamentale qui gouvernait le monde et de laquelle il aurait été possible dériver les propriétés et le comportement de toutes les choses. Les premiers philosophes croyaient d'avoir trouvé ce principe tour à tour dans l'eau, dans l'air, dans le chaos, etc. Pour les grecs anciens, la science coïncidait avec l'étude de la nature accomplie par la raison.

Malgré ces prémisses, les grecs ne tombèrent pas dans l'erreur de l'idéologie. Peut-être cela avait été du au caractère publique et ouvert de la philosophie et à la présence de beaucoup de penseurs qui discutaient les théories existantes et en proposaient sans cesse des nouvelles.

 

 

Beaucoup de siècles après, avec Galilée, la science a été enrichie par la méthode expérimentale. Ce savant reconnut l'importance d'étudier la réalité par des expérimentations et non pas seulement par des spéculations. Il fallait donc réaliser des expérimentations pratiques dans lesquelles pouvoir isoler les facteurs des éléments qui perturbaient les phénomènes et prendre des mesures. Galilée affirma aussi l'importance d'exprimer les lois physiques en forme mathématique. Jusqu'au temps de Galilée, les savants se référaient aux textes anciens aux quels ils reconnaissaient une autorité indiscutable. Souvent, ils finissaient dans des discussions infinies, jusqu'à quand on se rendit compte qui pour connaître la nature il fallait faire recours à des expérimentations et à des observations directes. Enrichie par la méthode expérimentale, la science moderne s'est révélée un très puissant instrument d'enquête et il a contribué dans une façon déterminante au progrès de l'humanité. Toutefois, cette importante conquête de la pensée humaine n'est pas réussie à empêcher aux hommes de continuer à chercher des raccourcis pour expliquer la réalité.

Dans le courant des siècles, beaucoup d'idées, hypothèses et théories ont été crées dans la tentative d'expliquer les événements naturels, le comportement humain, etc. Quelques idées ont subi un processus qui les a transformées en des idéologies. Une idéologie peut naître d'une simple lois économique, d'un simple principe physique, philosophique ou religieux. Sur sa base peuvent se constituer des associations, mouvements et partis qui s'occupent d'activités bénéfiques. Il peut arriver que le principe sur lequel ils se basent soit utilisé aussi au dehors de propre champ de compétence pour expliquer des phénomènes naturels, pour évaluer des événements historiques, pour interpréter le monde, pour distinguer le bien du mal, pour définir le but de la vie, etc. Cette expansion des compétences de l'organisation la renforce et en promeut d'ultérieurs développements. Elle ne se contentera plus de contrôler la sphère privée de ses adeptes, mais elle voudra régler aussi celle publique, donc elle entrera en politique et visera au contrôle de l'État. Lorsque ces organisations commencent à se donner des objectifs politiques et à exploiter ses adeptes pour se renforcer du point de vue politique, prennent les caractéristiques des idéologies. En fait, par le terme de idéologie on entend un système qui opère activement dans le champ politique.

 

 

Les organisations idéologiques en voie de se renforcer ne se contentent pas d'être ce qu'elles sont et, juste pour leur nature, elles tendent à s'étendre et à se radicaliser. Par le pas successif, la vie des adeptes est rigidement réglée et est soumise aux autorités. La distinction entre les sphères privée et publique est effacée. Au terme de ce processus, les idéologies deviennent politiquement agressives et tendent à l'impérialisme. À ce point elles sont devenues des authentiques totalitarismes.

Pendant les dernières 170 années, se sont constituées plusieurs idéologies politiques qui ont donnés leurs fruits dans le XXe siècle en termes de régimes totalitaires et de guerres sanglantes. Normalement, ces idéologies se sont basées sur un principe unique qui a été élevé au niveau de vérité métaphysique, de certitude absolue. Exemples de ces principes sont le matérialisme historique et la lutte de classe, le nationalisme fasciste, la théorie de la race supérieure, le culte de la personnalité, l'existence d'un dieu tout-puissant.

L'avantage des idéologies et des religions est énorme: en fait, par une seule et simple idée on peut expliquer l'univers entier, comprendre la signification de tout ce qui se passe, etc. Hélas, ces interprétations restent telles et ont peu ou rien à voir avec la réalité.

À partir de ces prémisses théoriques se sont constitués des systèmes idéologiques de description du monde qui ne sont pas basés sur une connaissance objective de la réalité, mais sur une interprétation de la même, en effet ils infusent à la réalité des propriétés et des significations idéologiques. Comme conséquence, les adeptes d'une idéologie finissent par être coupés de la réalité et réduits à militants.

En réalité, aucune idéologie n'a jamais réussi à démontrer la validité universelle de ses principes de base. Pareillement, aucune religion n'a jamais réussi à démontrer l'existence de divinités ou que les "écritures sacrées" aient vraiment étés révélées par des dieux. De toute façon, cette démonstration n'est pas nécessaire aux régimes autoritaires qui imposent leurs principes comme des vérités obligatoires et indiscutables. Tous ceux qui essayent de critiquer cette vérité risquent leurs vie. Il n'est même pas nécessaire que le principe de fond soit une vérité métaphysique, il suffit que le régime le rend obligatoire et tout le monde devra le suivre et le respecter, peine la mort. Par exemple, le culte de la personnalité typique de certains dictatures n'est certainement pas un principe métaphysique, mais une dictature peut le faire devenir quelque chose de très semblable et ceci ça suffit.

L'idéologie est aussi un phénomène linguistique, en effet par le langage il est possible d'exprimer des idées et de les communiquer a d'autres personnes. Il peut s'agir d'un proverbe, d'une histoire, d'une blague, d'une invention, etc. Une fois sortie du cerveau de celui qui l'a formulée en premier, une idée voyage par elle même. Elle se reproduit et se diffuse en passant d'une tête à l'autre. Elle se mesure avec d'autres idées, elle est modifiée et elle évolue. Ils se forment aussi des idées générales qui intègrent celles plus simples en des systèmes plus grands.

Donc les idées, même si elles sont produites par les hommes, gagnent une autonomie à elles mêmes et vivent en quelque sorte d'une leur propre vie. Avec le temps, quelques idées ont subi une sorte d'évolution qui les a changées en des systèmes de pensée, la plus part des idées par contre s'est arrêté beaucoup avant, peut être car elles étaient inadaptées à cette tache. Pas tous les systèmes de pensée sont des idéologies, mais ils peuvent aussi être des écoles philosophiques, des disciplines scientifiques, etc. Ce qui marque la différence entre un groupe et l'autre est leur ouverture vis à vis des autres systèmes, la capacité d'accepter des critiques et leur capacité de se modifier, donc le caractère autoritaire du premier et celui libre du second.

Souvent le monde reste fasciné et possédé par la suggestion crée par les grands systèmes de pensée. Comme nous l'avons vu, ceci ne manque pas de se répercuter sur le comportement des individus et sur l'histoire. Les différentes religions sont un exemple de cette millénaire évolution des idées. Beaucoup de conflits qui ont été combattus témoignent de l'évolution des croyances religieuses et de l'autonomie qui elles ont atteint par rapport aux hommes.

À cause de l'autonomie des grands systèmes de pensée et de l'impossibilité pratique de les changer, pour les individus l'adhésion à une idéologie correspond à un transfert de leur propre souveraineté à ses leaders. En effet, le novice fera propre la vision idéologique du monde, il reconnaîtra comme valides les nouvelles qui lui arriveront par les sources autorisées, il se donnera un rôle conforme aux buts généraux de l'organisation. Le même est valable pour l'adhésion à une religion, où le sujet cède sa souveraineté au clergé de cette confession et il se subordonne à ses programmes. Pour beaucoup d'individus, ce moment marque un pas important de sa vie, une transformation de sa propre façon de vivre, de voir les choses et d'être. Par sa mise, beaucoup de personnes montrent clairement leur sujétion intellectuelle à une religion ou à un mouvement politique. De citoyens plus ou moins désorientés, ils seront transformés en militants souvent fanatiques. Au fur et à mesure que le temps passe, leur nouvelle identité se renforce et leur retour à citoyens normaux sera toujours plus difficile.

Comme toutes les idées, aussi les idéologies et les utopies se transmettent d'une personne à l'autre, comme dans une maladie infectieuse, avec la différence qui dans un cas le vecteur de l'infection sont des microorganismes, dans l'autre la parole. De ce point de vue, il y a des idées plus virulentes que d'autres, dotées donc d'une plus importante capacité de suggestion et de diffusion. Souvent, ces idées sont aussi le plus élémentaires et les plus stupides. En effet, pour une fondamentale loi de la propagande, les idées capables de se diffuser le plus rapidement ne sont pas les plus complexes, mais justement les plus simples, schématiques et brutes. L'idéologie a assumé donc les caractéristiques d'un vrai parasite culturel, un ver rongeur qui creuse des tunnels dans le cerveau, qui cherche de se reproduire et de se répandre le plus possible en induisant des comportements aptes dans ses propres victimes.

Il ne faut pas penser que toutes les idées doivent devenir des idéologies. Heureusement, ça arrive rarement, mais il suffit même une seule idéologie pour causer des énormes dommages. La longue élaboration des idées n'a pas produit seulement des systèmes de pensée omniscients et fermés, mais aussi les systèmes de pensée libres et ouverts comme la philosophie, la science et la littérature. Souvent, on a pu assister au choc entre des systèmes ouverts et d'autres fermés. Malgré leur force apparente et leur agressivité, les systèmes fermés sont plus fragiles de ceux ouverts, dont la plus grande complexité et capacité de corriger les erreurs les rendent plus souples et durables.

Les religions, en particulier celles monothéistes, ont connu des alternes périodes de dogmatisme et de libéralisme. Le christianisme aussi a cultivé des aspirations universelles. Lorsque il est pénétré en Occident, il s'est présenté comme un paradigme tout à fait alternatif à ceux locaux et il a tout fait pour les effacer. Il a combattu les civilisations classiques, qu'il définit avec mépris comme païennes. La renaissance s'est rebellée à cette religion et s'est reliée aux anciennes racines, plus authentiques. Aujourd'hui, les pays occidentaux ne se basent pas seulement sur le christianisme, mais ils se sont relies de nouveau aux anciennes cultures grecque et latine. Seulement dans les dernières siècles, cette religion a perdu une bonne partie de son intégrisme et a accepté de cohabiter avec des points de vue différents. Dans cette façon, elle est devenue une composante d'un système pluraliste. Une composante importante mais non plus exclusive.

À la suite de la naissance des systèmes de croyances, l'homme a perdu son autonomie et liberté. Ces réflexions nous font aussi comprendre combien il soit inutile d'entrer dans le mérite des différents systèmes pour établir lequel soit plus "vrai" de l'autre. Au contraire, il est beaucoup plus utile observer lesquels soient leurs mécanismes communs de fonctionnement, donc de maintien, de prosélytisme et de compétition avec les autres systèmes. Il est aussi important de prendre en considération leur conséquences sur les sociétés et sur les individus. De la condition subordonnée, nous pouvons maintenant nous porter à une position surordonnée, une position métaculturelle qui nous permet d'observer les systèmes de pensée du haut, une perspective très différente de la condition de ceux qui sont impliqués du point de vue émotionnel dans l'un de ces systèmes et qui combattent en fanatique contre tous les autres.

Un péril d'involution totalitaire réside aussi dans une conception trop rigide du libéralisme économique. Le néolibéralisme est le terrain sur lequel prospèrent des entreprises multinationales tellement puissantes qu'elles sont en gré de conditionner le gouvernement de pays entre les plus puissants de la planète, avec de possibles dramatiques conséquences sur les plans social, de l'environnement et même pour la démocratie.

L'idéologie se cache aussi dans les sociétés de marché lorsque l'économie l'emporte sur tous les autres aspects sociaux et individuels et le profit est élevé à principe métaphysique de fait, qui opère à tous les niveaux et au quel s'inspirent banquiers, ministres, entrepreneurs, familles et individus. De cette situation, peuvent dériver un Libéralisme Sauvage dans lequel les grands sujets économiques sont laissés libres de opérer sans freins ou un Libéralisme Tempéré ou encore un Libéralisme Solidaire. En passant d'une forme de libéralisme à l'autre, on va vers une plus grande ouverture de la société. Le type de libéralisme qui s'instaure dépend des conditions économiques du pays, du prévaloir des valeurs individualistes ou de solidarité et du rapport de forces entre les partis de droite et ceux de gauche. Heureusement, dans ces sociétés le profit n'est pas une valeur obligatoire et pour cette raison elles ne sont pas totalitaires, mais seulement très envahissantes.

Selon le type de libéralisme, les hommes pourront voir plus ou moins niée/permise leur humanité et même leur liberté de fait, dans le sens qu'à une plus grande liberté des grands opérateurs économiques correspond normalement une moindre liberté du citoyen normal. Donc, attention à ne pas considérer idéologies seulement celles des autres. Essayons au contraire d'analyser comment et quand cette idéologie basée sur le profit pénètre notre vie de membres de sociétés de marché et d'occidentaux. Essayons aussi de récupérer notre autonomie de pensée et notre humanité. En Occident, nous n'avons pas résolu tous les problèmes, mais nous avons à combattre sans cesse contre les forces qui s'opposent à la liberté et à la démocratie.


L'UTOPIE, MIRAGE ET ENCHANTEMENT
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Comme l'idéologie, l'utopie aussi est le fruit d'une évolution historique. Son origine peut être trouvée dans les simples désirs e besoins humains. Toutefois, l'homme n'a pas toujours su distinguer entre fantaisie et réalité et à côté des projets pour améliorer une certaine production il a cultivé aussi des perspective fantaisistes. Par les différents paradis et sociétés parfaites, ces élaborations ont atteint des haut niveaux d'organisation en devenant toujours plus désirables mais au même temps toujours plus irréalisables. Donc, de même que la croissante organisation de la raison a produit l'idéologie, l'élaboration historique et collective du désir a produit l'utopie.

Nous sommes habitués à considérer les mouvements messianiques et salvifiques comme étant propres des sociétés sous-développes et nous nous étonnerions si quelqu'un nous dirait de les avoir rencontrés aussi dans celles industrialisées. Cependant, ils sont bien présentes dans les sociétés avancées et dans tous les rangs sociaux où ils prennent des formes adaptes au différent niveau culturel. Ces phénomènes peuvent naître aussi parmi les intellectuels, qui ne sont pas exempts de formes de malaise et de insatisfaction. Après, ils se propagent dans les rangs les plus malheureux de la société spécialement ensuite à des crises économiques.

Outre que par des misérables conditions de vie, l'attente messianique peut être favorisée par une représentation péjorative de la réalité. À ce point, si à une personne convaincue d'être sans perspectives on montre des voies de sortie comme la société parfaite ou la vie éternelle ou une grande aventure de conquête, il est facile d'obtenir son adhésion enthousiaste. Le paradis est une perspective de grand charme, capable de contrebalancer toutes les injustices et les insatisfactions de cette vie. La société parfaite représente la seule voie possible de rachat social des classes inférieures des sociétés industrialisés. À cause des espoirs qui lui sont confiés, l'utopie peut générer une vraie oeuvre de séduction. Normalement, chaque idéologie amène avec elle une utopie à elle même dont la fonction est celle de lier du point de vue émotif les adeptes à l'idéologie et d'en subordonner la raison.

Puisque l'utopie est de nature culturelle, les premiers à en être emportés sont justement les rangs les plus exposés à l'information. Ce n'est pas par hasard que beaucoup des leaders et des militants des organisations révolutionnaires étaient ou sont cultivés et aisés. Pendant la révolution communiste en Russie, ils travaillèrent activement en des directions contraires aux leurs propres intérêts de classe. À son tour, le nazisme ne se borna pas aux ex-combattants de la première guerre mondiale et aux chômeurs, mais il s'étendit rapidement aux classes les plus cultivées et riches de l'Allemagne. Aussi les plus récents mouvements antiautoritaires du '68, la culture de la drogue, le terrorisme, sont nés à l'intérieur des milieux intellectuels. Le même est valable pour les leaders de Al Qaida, qui sont des mecs cultivés et richissimes. La vulnérabilité des classes cultivées peut être expliqué avec la nature culturelle des "agentes infectieux" et avec la position de première ligne tenue par les professeurs, étudiants, journalistes, studieux et donc des intellectuels en général par rapport à l'information. La contagion se propage vers les couches inférieures dans de formes schématisées et brutes.

Les adeptes de l'utopie en organisent la diffusion et la reproduction en la transmettant aux nouvelles générations par la parole ou par des écoles religieuses ou de parti. Dans cette façon, l'utopie aussi acquiert une sorte de vie autonome qui lui permet de durer des siècles.

Comme vous l'avez pu noter, il n'y a pas seulement que des idée qui sont capables de se répliquer en passant d'une personne à l'autre, mais aussi les techniques, les langues, les chansons, les valeurs, les fables, les légendes urbaines, les mythes et bien sur les idéologies, les utopies et les religions. La même capacité de se répliquer l'ont aussi les virus, les microbes, les gênes, les cellules, les plantes, les animaux et plus en général tous les êtres vivants. Tous ces êtres capables de se répliquer ont été appelés mémes et il existe une discipline, la mémétique qui en étudie la reproduction, la diffusion, l'évolution et les rapports réciproques. Au sujet de l'homme, on a aussi distingué un hardware et un software. Les deux sont des mémes, mais la même terminologie adoptée pour les distinguer se réfère au rapport de subordination de la "machine" aux "programmes". Voilà encore une fois retrouvé le rapport de subordination des hommes (HW) par les systèmes de pensée (SW) aux quels ils se sont confiés pour comprendre le monde. D'après les films de science fiction, tout ce qui est capable de se répliquer est aussi nommé réplicant. Le défi d'aujourd'hui est de déraciner les réplicants de l'esprit d'autant de fanatiques. Karl Popper disait que "L'intelligence nous est utile pour la survivance si elle nous permet de supprimer une mauvaise idée avant que la mauvaise idée nous supprime". La mémétique nous offre l'occasion de nous déconditionner et de récupérer notre liberté par moyen de la prise de conscience de la capacité des systèmes de pensée de nous manipuler.


MYTHE ET MÉTAPHYSIQUE DANS LES SOCIÉTÉS INDUSTRIALISÉES
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Il est opinion répandue que le mythe et la métaphysique n'aient plus d'espace dans les sociétés industrialisées contemporaines. En effet, nous considérons le mythe comme une primitive forme d'explication du monde. Il était constitué par des contes dans lesquels les éléments historique et rationnel étaient intimement mélangés. Aujourd'hui, dans les sociétés qui voient le triomphe de la pensée scientifique, peu de monde prendrait au sérieux des contes. Au moins, ceci est ce qui l'on croit couramment.

Les anciens grecs accomplirent un grand bond en avant lorsque, persuadés de l'intime rationalité de toutes les choses, ils abandonnèrent les explications mythiques dans la tentative de rendre compte de la réalité par la raison. Les événements de la nature n'étaient plus expliques par une capricieuse intervention divine, mais sur la base d'un élégant principe abstrait. Malheureusement, la métaphysique aussi a perdu beaucoup de son émail et elle a du céder le pas aux bien moins nobles méthodes expérimentales. On croit encore que le monde soit imprégné d'une rationalité; en effet on croit dans de lois physiques universelles qui l'on peut exprimer par la mathématique; on ne croit plus que la raison puisse arriver à les découvrir par pure spéculation, mais qu'elles soient nécessaires aussi l'observation et l'expérimentation.

Ceux qui ont étudié les sociétés "primitives" ont aussi entendu parler des mouvements salvifiques et des millénarismes (on peut se référer aux oeuvres de Ernesto De Martino). Peut être que les anthropologues qui allaient tellement loin de leur maison ne soupçonnaient pas qu'ils auraient pu étudier les mêmes phénomènes aussi dans son propre arrondissement. Les lecteurs des oeuvres de ces chercheurs ont souvent regardé avec commisération ces pauvres et innocentes sociétés, proies de ridicules croyances et superstitions.

Aujourd'hui, les prophètes ne reçoivent plus un grand intérêt. Le Père Éternel ne nous dicte plus les commandements. Il ne peut même plus prendre l'aspect d'un buisson qui brûle, que immédiatement arrivent les sapeur-pompiers à l'éteindre misérablement. Il ne peut même pas se hasarder à faire un miracle que le soumettent à des spéciales, pestiférées commissions. Décidément, ce n'est plus le temps de prodiges. On dirait que nous vivons dans une société sainement sceptique et désenchantée.

Pourtant, les mêmes nécessités de comprendre le monde qui avait un jeune homme de l'antiquité, les a un garçon contemporain. Une fois, les difficultés de la vie étaient peut-être plus matérielles que celles de ces jours, mais celles ci ne sont pas moins âpres (rudes?) à supporter: anomie, aliénation, chômage, incertitude, dépaysement, dépression, etc. Peut-être que les espoirs qui étaient cultivés dans les temps anciens étaient différentes par rapport à ceux de maintenant, mais l'homme ne s'est pas arrêté d'espérer. Aujourd'hui, nous assistons à un profond et diffusé malaise social qui a produit d'importants phénomènes de violence.

Dans les sociétés occidentales, la crise des religions et plus récemment l'affaissement d'importantes idéologies a laissé le monde dépourvu de finalités. Le manque de sens nous rend la vie incertaine et même inutile. Il crée un malaise psychologique et existentiel souvent profond. De ce malaise nait une recherche haletante d'une Vérité qui nous aide à vivre. Alors, voilà des rangs de magiciens, de docteurs de l'âme, de gourous et de prêcheurs qui se pressent à se disputer ces âmes perdues.

L'analyse des mouvements des années '60-'80 nous montre comment des éléments salvifiques et millénaristes fussent bien présents dans nos sociétés avancées aussi. L'utopie et l'idéologie représentent donc la forme contemporaine, adapte à la société de masse, de ces splendides formations culturelles propres de l'antiquité qui nous connaissons par le nom de mythe et de métaphysique. La fortune de l'utopie réside dans le besoin profond des êtres humains de croire en quelque chose, d'avoir des espérances. La science donne beaucoup d'explications, mais elle ne peut pas faire des promisses. Au contraire, le monde est assoiffé d'espoirs. L'utopie constitue le remède universel de tous maux, la promisse de rachat de tous les torts, la promotion humaine totale. Elle substitue tous les valeurs naturelles car de son réalisation dépendrait la satisfaction de chacun d'eux. En vertu de toutes les attentes dont elle est chargée, elle possède un grand pouvoir de séduction. On peut trouver cet enchantement dans les religions monothéistes du Moyen Orient, tandis que l'on ne le rencontre pas dans les anciennes religions grecque et romaine, qui ne promettaient pas des paradis.

MÉTAPHYSIQUE, MÉTACULTURE
Plusieurs fois, j'ai nommé le terme de métaphysique. Aristote ordonna ses écrits dans différents livres et celui qui récoltait l'étude de la nature fut nommé Physique. Il récolta plusieurs écrits et notes pour leçons dans un livre qui successivement fut nommé Métaphysique, pour indiquer des arguments qui en quelque sorte étaient sur la physique. Qu'est ce que l'on entends donc par métaphysique? Par métaphysique on entend simplement une réflexion sur la physique, c'est à dire sur la nature et ses lois. Cette réflexion peut concerner aussi les méthodes de connaissance employés, la validité des lois, les conséquences des découvertes scientifiques pour les hommes, etc.

Comme nous le savons, chaque discipline scientifique s'occupe des causes particulières de phénomènes particuliers. Il y a ceux qui ne se contentent pas de cette connaissance fragmentaire et ils sont allés ou il vont à la recherche de la cause fondamentale de toutes les choses. Dans le domaine métaphysique est possible chercher les causes générales du Tout, de l'entière réalité, ou découvrir la nature ultime des choses. Ces connaissances auraient l'avantage d'expliquer tous les événements du monde. Mais le fait qu'en voie de principe elle soit possible ne signifie pas que cette enquête doit forcément porter à des résultats convaincants. Au contraire, il parait tout juste que personne n'ait jamais réussi à convaincre la communauté scientifique d'avoir trouvé la théorie métaphysique vraie.

Il peut aussi faire partie de cette réflexion la recherche d'une cause fondamentale de toutes choses. Donc, tandis que chaque discipline s'occupe des causes particulières de phénomènes particuliers, la métaphysique cherche aussi les causes générales du tout, de l'entière réalité. Dans cet effort, la métaphysique est donc la tentative de répondre à la demande de la nature ultime des choses. Cette connaissance aurait l'avantage d'expliquer tout ce que l'on voit et tous les événements du monde.

Un exemple de théorie métaphysique est l'idée de l'existence d'un Dieu unique, créateur et moteur de l'univers entier, un Dieu qui serait dans le même temps cause universelle, principe premier et fin ultime. Ceux qui sont convaincus de la vérité de cette théorie croient que tous les événements se produisent par volonté divine. Pareillement, ceux qui sont convaincus du matérialisme historique, une variante du matérialisme, expliquent chaque événement historique et social en base aux formes de production économique. La puissance explicative de ces principes est évidente.

Ces "vérités" métaphysiques ont la propriété de déterminer des visions du monde indiscutables, qui souvent sont placées au fondement de régimes tyranniques. Selon Kant, l'homme ne peut pas prétendre de connaître "l'essence ultime des choses", mais il doit se limiter au phénomène, c'est à dire à ce qu'il perçoit. En effet, l'homme peut connaître seulement ce qui tombe sous ses sens, il ne peut pas connaître "l'essence des choses". Donc, aussi perfectionnés qu'ils soient ses méthodes et instruments de recherche, l'homme peut connaître toujours plus de près la réalité sans jamais pouvoir en saisir l'essence, admis que de quelque côté ils existent des essences. Donc, au  moins jusqu'à quand quelqu'un ne réussira pas à prouver le contraire, il n'existe pas une vérité métaphysique de laquelle pouvoir dériver l'étique et la praxis.

Ces conclusions sont considérés valables et sont acceptés seulement dans une partie du monde. En effet, alors que dans les sociétés libres il existe un vaste accord sur le fait que jusqu'à maintenant personne n'ait pas réussi à démontrer une vérité métaphysique (par ex: l'existence de Dieu), dans beaucoup de sociétés théocratiques, à nier la vérité métaphysique obligatoire (par ex: encore l'existence de Dieu ou ses prétendues révélations) on risque la mort.

La science demande que les théories soient en quelque façon prouvées et jusqu'à ce moment, personne n'a jamais prouvé une théorie sur l'essence ultime des choses. Ces réflexions ont ouvert le passage à l'age postmoderne, une conception du monde non plus basée sur des Vérités Absolues, comme il arrivait souvent dans l'antiquité, dans le moyen âge et aussi dans l'age moderne, mais sur des hypothèses et théories qui concernaient seulement des domaines limités de la réalité. Des hypothèses qui seront toujours réfutables et qui peuvent toujours être replacées par d'autres plus exhaustives, plus précises. Le postmoderne est donc caractérisé par une essentielle incertitude métaphysique, par un sentiment d'impossibilité (jusqu'à épreuve contraire) de déterminer une Vérité Ultime qui puisse donner un sens à toutes les choses et sur laquelle organiser sa propre vie. Caractéristiques de l'age postmoderne sont aussi le relativisme, selon lequel n'existent pas des Vérités Absolues et la signification des choses dépend du point de vue, et le nihilisme, qui naît de la conviction de l'absence de tout valeur ou perspective.

Ces prémisses et l'arrivée de l'age postmoderne n'ont pas étés suffisantes pour empêcher aux religions et aux idéologies de continuer à promettre leurs paradis en ciel ou en terre. Aussi des idées de caractère limité ont été transformées en des vérités d'état et, par leur caractère d'obligation, elles sont devenue de fait très semblables aux vérités métaphysiques et en ont assumé les mêmes fonctions. Ceci est le cas de la pureté de la race arienne, du matérialisme historique, de la sacralité de certaines écritures comme parole de Dieu, etc. Aussi le culte de la personnalité constitue une forme de vérité absolue car obligatoire. Le succès de certaines organisations et régimes dans leur diffusion de son idéologie ou religion se base donc principalement sur le besoin d'espoir et sur l'ignorance du monde qui ne connaît pas les limites et le danger de ces formations culturelles.

À la suite de ce que nous venons de dire, l'idéologie peut être considérée une espèce de moderne métaphysique: une impossible métaphysique post-scientifique, vivante et en pleine santé malgré tout. Une "science" basée sur un ou peu de principes étendus jusqu'à métaboliser l'univers entier et qui n'accepte pas d'être mise en discussion. C'est un Logos à l'envers: au lieu de reconnaître la rationalité du monde, il lui impose. C'est une métathéorie qui ordonne toutes les connaissances individuelles, en les organisant dans un système. L'idéologie représente donc le côté formel, rationnel et aussi moral du comportement des sujets contaminés.

La diffusion universelle, par les modernes moyens de communication, de l'utopie et de l'idéologie produit l'homogénéité des croyances et des comportements nécessaire à la gestion des masses. Donc, elles constituent les instruments fondamentaux pour le conditionnement social. Chez l'homme massifié, l'utopie et l'idéologie prennent la place des correspondantes composantes naturelles: les émotions et la raison. Nous avons tous connu le comportement des individus atteints par cette syndrome: un inépuisable activisme, un mépris pour la société actuelle et pour ses valeurs, un intérêt pour toutes alternatives, sectarisme, etc. Voilà, en bref, comment l'utopie et l'idéologie ont donné vie aux modernes millénarismes qui nous croyons exclusifs des sociétés primitives et de celles sous-développées.

Selon certaines analyses, l'utopie et l'idéologie seraient inhérentes au genre humain et on ne pourrait pas imaginer l'histoire sans elles. Selon cet examen, au contraire, elles ne sont pas inévitables ni nécessaires. Elles sont seulement des perversions de nos facultés naturelles de désirer et de penser. Il s'agit de formations culturelles anciennes qui ont évolué en gagnant des formes autoritaires des quelles nous devons nous libérer, car il n'y aura pas de liberté jusqu'à quand nous n'aurons pas regagné nos rêves.

Elles sont des formes de connaissance échappées à une humanité trop jeune, encore incapable de contrôler le langage et ses produits. Pour permettre le progrès de la pensée, nous devons apprendre à les contrôler, autrement elles continueront a détruire des anciennes cultures et traditions. Pour cela, il est nécessaire une réflexion sur la culture, en particulier sur ses rapports avec la liberté. Considérer encore l'idéologie dans l'acception marxiste signifie empêcher son démasquement, entraver la reconnaissance de son caractère négatif, donc il signifie la laisser encore opérer.

Dès les temps les plus anciens, l'homme s'est battu contre les formes de pensée et de gouvernement autoritaires. Par rapport à beaucoup de civilisations qui l'entourent, la notre ne se caractérise pas tellement par l'emploi délibéré de la raison, mais surtout par la révolte antiautoritaire et pour l'affirmation de l'homme. Chaque moment cardinal de notre histoire a été une rébellion contre l'autorité, impossible sans une conscience, une volonté, un désir d'affirmation humaine et sans des espoirs pour un futur meilleur. L'humanisme, la renaissance, l'illuminisme et le risorgimento, ont été des actes de révolte contre les autorités religieuses et leur vision du monde. Le soulèvement des nobles contre l'absolutisme monarchique, pour obtenir le droit de discuter avec le Roi des impôts et pour pouvoir être jugés par des pairs, a constitué le début de la rébellion contre l'autorité civile, continuée sans arrêt jusqu'à nos jours, lorsque les révoltes populaires, les luttes politiques, ouvrières et des étudiants se sont succédées les unes aux autres. On a combattu aussi contre les lieux communs, les autorités académiques, politiques et religieuses.

Le christianisme et d'autres religions ont soutenu la renonce à la vie terrestres. Mais nos batailles se sont caractérisées aussi par l'affirmation de l'homme et de la vie terrestre. Ces valeurs et ces approches sont fortement enracinées dans nos sociétés. Il est clair que nous ne renoncerons jamais à nos batailles. Au contraire, c'est justement pour les faire avancer dans une façon plus efficace qu'il est nécessaire apprendre à contrôler l'utopie.

Des guerres de religion ont ensanglanté l'antiquité, le moyen-âge, l'âge moderne et celui contemporain. Il y a fallu beaucoup de siècles pour relativiser le christianisme. Nous n'avons pas encore fini avec cette entreprise que communisme, fascisme et nazisme ont massacré dizaines de millions de personnes. Dans ces temps encore, de milliers de personnes sont tués au nom de Dieu. Voulons nous continuer comme ça? Il est clair que nous devons apprendre à contrôler les systèmes de pensée autoritaires.

De même que pour métaphysique nous entendons une réflexion sur la physique, pour métaculture nous pouvons entendre une réflexion sur la culture, en particulier sur les effets que certaines formes de culture ont sur l'homme et cela est justement ce que nous sommes en train de faire par cette analyse. J'espère que vous soyez convaincus de l'importance et de l'utilité de cette réflexion en général et sur votre culture en particulier.


LA PARABOLE DES IDÉOLOGIES
TDM

Plusieurs fois j'ai fait allusion aux dynamiques qui portent à la formation des idéologies et à leur dissolution. Je résume ici la parabole des idéologies (et des religions). Comme je l'ai dit, l'idéologie naît souvent d'une ou de plusieurs idées qui peuvent aussi être valables comme la détermination matérielle de la culture, la nécessité d'une distribution de la richesse plus équitable, la lutte de classe pour obtenir une justice sociale, la présence d'un dieu unique et bénévole, etc.

Beaucoup d'idées de ce type ont eu un certain succès, mais après elles ont étés oublies. Au contraire, d'autres se sont renforces, ont étés systématisées, ont étés placés à la base de mouvements sociaux et ont fini par entrer en politique. Cette entrée implique la compétition avec d'autres systèmes, donc le contrôle idéologique de ses membres doit être renforcé, etc. Par son entrée en politique, le mouvement acquiert le statut de idéologie.

Une fois entrées en politique, les idéologies doivent s'organiser pour survivre et pour soutenir la compétition des autres. Surtout les mouvements de caractère subversif ou révolutionnaire prennent un caractère clandestin, se finances par l'imposition de "taxes", par cambriolages, les kidnappages, trafic de stupéfiants, etc. Ces activités peuvent avoir un tel succès qu'elles transforment le mouvement en une organisation criminelle pour toujours. Dans tous les cas il faut noter comme la bonne idée du départ maintenant peut servir pour légitimer des activités criminelles. A' ce point, il s'est produit un renversement éthique et le "bien" du départ se tourne en un mal social et politique. Dans cette façon, on est passé des bon principes religieux, aux conversions forcées, à la persécutions des infidèles, etc. On est passé de l'humanisme marxiste aux dictatures socialistes gérées par la Nomenclature, etc.

Le processus de renforcement de l'idéologie continue et lorsque elle arrive à contrôler ses militants dans les sphères publique et privée, il a accompli le premier pas important pour sa transformation en totalitarisme. Ce but est atteint lorsque l'idéologie a conquis le pouvoir politique dans son propre pays. Une fois obtenu le contrôle intérieur, normalement le régime se tourne vers l'extérieur avec des prétentions d'expansion territoriale sur les nations voisines ou même avec l'aspiration à la conquête du monde entier.

 

 

Pour atteindre ces objectifs, le régime s'engage dans un réarmement de la société, il proclame des mobilisations de place pour son soutien et contre l'ennemi. Tout le monde doit participer à ces manifestations pour ne pas être soupçonnés de collaborationnisme avec l'ennemi. Les enfants aussi doivent participer à ces manifestations et à ce but ils sont habillés avec des uniformes militaires et ils sont armés avec des petits fusils en bois. Les écoles et les moyens de communications aussi sont asservis au régime.

Lorsque l'idéologie a une base religieuse, dans ce processus elle s'occupe toujours moins des âmes et toujours plus de son renforcement politique et militaire. Les fidèles sont transformés en militants et en fanatiques. La conversion à d'autres fois est punie avec la mort.

Encore une fois il est évident comme de l'idée valable du début on soit passé à une organisation totalitaire et belliciste, comme quelque chose de bon ait été perverti en quelque chose de malsain. Au but que certaines idéologies et religions puissent retourner à exercer une action positive, il faut leur faire accomplir le chemin inverse.

Par la déclaration de guerre au monde entier, le régime souvent prouve d'avoir surévalués ses forces. Comment il s'est déjà passé plusieurs fois dans l'histoire, les totalitarismes sont souvent battus et leur régime subit une catastrophe. Ses leaders sont condamnés à mort ou emprisonnés, l'idéologie subit une lourde crise de confiance. Étant donné la difficulté de combattre une idéologie sur le plan théorique, il semble tout juste que la défaite militaire soit une des armes les plus efficaces contre les régimes et les idéologies totalitaires. Aussi une faillite sociale peut déterminer la crise d'une idéologie. Par leur défaite militaire ou par leur faillite sociale, l'idéologie et l'utopie qu'il y est associée peuvent être reformés ou mises au marges de la culture. Dans cette phase, leurs militants se réveillent du charme et ils tendent à adopter le point de vue du vainqueur, tandis que seulement une petite minorité survive à la défaite militaire, politique et idéologique.

La guerre n'est pas le seul moyen pour ramener un totalitarisme à la raison. Avant d'arriver à un choc armé, l'État doit chercher d'intervenir dans d'autres façons pour achever le même résultat. Par l'école il peut renforcer la confiance dans la démocratie chez les jeunes générations. Les media aussi peuvent jouer un rôle important vers les adultes. Des convenables politiques urbanistiques peuvent être utiles à éviter des phénomènes de ségrégation ethnique.

L'État peut aussi admettre une idéologie dans le jeu politique en lui donnant la chance de s'exprimer, mais aussi en lui confiant des responsabilités. En faisant ça, l'État doit faire très attention à empêcher à l'idéologie de saisir le pouvoir. Une plus importante conscience de la part de l'État et des intellectuels démocratiques sur la possibilité de désamorcer les dynamiques totalitaires leur permettrait de prendre avec plus d'envergure des mesures efficaces pour la reforme et la normalisation de ces monstres de la raison. Lors de la tentative de relativiser un totalitarisme, il faut éviter des provocations, des oppositions rigides qui pourraient causer des rancunes et des réactions violentes.

Par sa réforme, l'idéologie perd ses caractéristiques négatives et redevient une idée comme les autres qui acceptent la discussion et le débat publique. Par sa normalisation, l'idée est placée sur l'étagère des idées comme une parmi beaucoup d'autres. Les éventuels éléments valables de l'idéologie peuvent maintenant exprimer leurs fonctions positives. Par exemple, une idéologie communiste relativisée opère dans une façon positive dans des organisations ouvrières, dans la même façon, une religion reformée continue à envoyer ses appels moraux à la société et à travailler dans une façon positive a son intérieur.

Il est donc important considérer que à l'intérieur de ces systèmes de pensée souvent coexistent des aspects autoritaires et d'autres utiles et bénéfiques. Les aspects autoritaires sont ceux dirigés au contrôle des disciples et à leur utilisation politique pour l'expansion du système. Les aspects positives sont ceux qui au contraire promeuvent l'individu, les communautés, la cohabitation pacifique et le respect des autres.


RÉFORME DES SYSTÈMES TOTALITAIRES
TDM

Les religions sont porteuses d'une vaste culture, d'un ancien héritage, d'un grand patrimoine de sagesse et de spiritualité de peuples entiers. Dans les idéologies aussi il est souvent possible de trouver des composantes valables. Malheureusement, dans le temps quelques systèmes d'idées ont subi un processus de radicalisation qui leur ont transformé la précédente nature bénéfique en une nuisible. Les religions ne sont pas toutes dogmatiques et elles ne l'ont pas étés toujours pendant leur histoire. Par exemple, pendant le moyen âge, le christianisme était devenu rigide et autoritaire, mais depuis lors à aujourd'hui cette religion s'est ouverte beaucoup vers les autres fois et vers les autres formes de pensée comme celle scientifique. Aujourd'hui, cette religion opère paisiblement et dans une manière plus productive dans les sociétés. Dans les systèmes de pensée est donc souvent possible distinguer parmi deux aspects: celui humaniste dirigé à aider les hommes et celui politique sur la base duquel ces systèmes essayent de renforcer leur pouvoir dans les sociétés. Dans ce case, l'homme n'est plus un fin mais il est subordonné aux intérêts du système.

De même qu'un système peut subir un processus de radicalisation et devenir totalitaire, il est possible opérer aussi le processus inverse. Normalement ce processus est appelé reforme. Par sa reforme, le système est conduit à abandonner progressivement les activités politiques et il est ramené à celles humanistes.

La relativisation des formes de pensée autoritaires consiste à les nettoyer de leurs composantes totalitaires et politiques. Donc les idées et les principes idéologiques, la tradition, la morale et la sagesse des religions, enfin la valeur émotive des utopies seraient ramenées au même niveau des principes qui acceptent la discussion et la critique. Les utopies pourraient redevenir des désirs, des espoirs desquelles serait licite de nous interroger et de discuter sur leur utilité et faisabilité. En conclusion, ces systèmes culturaux seraient remis à leur place parmi les autres idées et ils trouveraient dans le domaine de la publique et libre discussion scientifique, philosophique, littéraire, étique et dans le jeux politique les formes d'organisation dont elles peuvent avoir besoin pour pouvoir aussi être mis en pratique pour ce que de positif elles ont à nous offrir. Il faut donc savoir gouverner ces formes de pensée pour promouvoir leur retour dans la société et dans la culture en des formes telles qu'elles puissent contribuer au bien-être publique et au progrès civil.

Essayer de défaire un système totalitaire par une attaque de front n'est pas toujours la meilleure stratégie aussi car il pourrait coûter trop en termes de victimes et de destructions. Par sa reforme est au contraire possible obtenir par voie pacifique la défaite de ses éléments néfastes. On peut obtenir aussi son humanisation et de le rendre à nouveau utile à la société.

Bien qu'elles s'efforcent d'éviter le contact de ses adeptes avec d'autres idées, heureusement, les idéologies et les religions et les idéologies ne sont pas des systèmes absolument imperméables, mais pendant la leur continuelle comparaison avec les sociétés elles peuvent être forcées à se modifier et même à subir d'importants procès de reforme. Dans notre tentative de domestiquer les systèmes totalitaires, une des stratégies les plus efficaces est celle d'en provoquer une évolution vers des formes ouvertes.

Le premier passage de ce processus devrait consister à accepter la cohabitation pacifique avec les autres systèmes culturels présents dans la société. Déjà ce premier pas reculerait le danger de guerres civiles. Pour une religion, le second pas pourrait être de renoncer à la volonté de s'occuper de tous les aspects de l'activité de l'État, pour se concentrer sur les côtés moraux et spirituels de la vie des citoyens. Pour obtenir cela, il faudrait séparer État de la religion et en répartir les tâches. Dans cette façon on l'État serait soustrait du contrôle souvent incompétent et anachronique de la religion. De son côté, la religion pourrait éviter sa corruption qui provient de la gestion du pouvoir temporel et elle pourrait s'occuper plus efficacement des aspects moraux et spirituels qui lui sont plus propres. Le rappel au respect des autres fois pourrait se traduire dans l'abandon de la velléité de conquête du monde entier. Un autre important passage pourrait être d'admettre la liberté de critique et le débat publique. À ce but, aussi l'ironie et l'humorisme sont des armes efficaces contre les formes de pensée autoritaires car elle en favorisent la reforme. Par ces attitudes, on dédramatise ces systèmes et on évite de les prendre trop au sérieux.

Par quelques passages comme ceux ci, une religion retournerait à s'occuper de ce qui lui est propre. En travaillant dans une façon semblable, l'idée de fond de l'idéologie serait ramenée dans ses frontières naturelle, elle serait aussi réintégrée dans le domaine des idées comme une parmi beaucoup les autres et elle n'exigerait plus le statut de Vérité Absolue. Ce processus de relativisation devrait intéresser l'utopie aussi. Dans son cas, elle devrait accepter le débat sur sa réalisabilité et sur les effets qu'elle a au niveaux individuel et social. Sa démythisation est importante pour la ramener parmi les projets et les espoirs normaux, mais elle est aussi importante pour libérer tant de personnes de son enchantement.

Le contraire du relativisme est l'absolutisme. Une première forme de relativisme est celle de ceux qui ne croient pas dans les vérités absolues. Il y a aussi un relativisme qui considère toutes les idées et valeurs comme également valables, en dépendant eux du point de vue (qui seraient tous pareillement valables). Je ne partage pas ce type de relativisme car je considère certaines idées meilleures d'autres, certains valeurs meilleurs d'autres et je ne suis pas disposé à considérer mes idées et valeurs pareils à ceux des systèmes totalitaires. Je suis quand même disposé à cohabiter avec ceux qui ont des idées différentes des miennes, pourvu qu'ils ne m'agressent pas. L'État aussi ne doit pas traiter les systèmes autoritaires ou totalitaires présents dans sa société au même niveau des systèmes ouverts et démocratiques, car ils profiteraient des lois pour vaincre la démocratie, mais il doit les avoir domestiqué avant.

Voilà comment une idéologie peut perdre ses caractéristiques négatives sans pour autant être obligée à disparaître de la scène culturelle, mais en continuant au contraire à exercer une fonction sociale positive. On peut dire le même à l'égard de la religion chrétienne qui des temps de l'Inquisition à aujourd'hui a perdu la plupart de son dogmatisme, s'occupe plus d'âmes que de politique et accepte tranquillement la cohabitation avec d'autres fois et systèmes de pensée. Par contre, cette relativisation reste à accomplir vis à vis de l'islam qui oscille encore dramatiquement entre fondamentalisme et reforme, entre moyen âge et modernité. Avec sa reforme, l'islam ne disparaîtrait pas comme certains de ses adeptes redoutent, mais il resterait parmi nous comme une foi parmi les autres et il donnerait aux sociétés le mieux de soi.

Il ne faut pas penser que la relativisation des systèmes totalitaires contredit la laïcité de l'État. Cette laïcité ne doit pas être entendue comme une neutralité absolue de l'État vis à vis des différents systèmes de pensée, des mouvement politiques et religieux qui seraient libres de faire ce qui veulent dans la société, mais elle a le but précis de conserver la paix sociale et la démocratie. Un État laïque ne doit donc pas tolérer les mouvements totalitaires qui opèrent à son intérieur, mais il doit les affronter et les transformer dans une façon positive. Une tolérance à leurs égard peut avoir de graves conséquences sociales et politiques. En effet, les mouvements totalitaires n'ont pas de scrupules à profiter d'une démocratie, d'une laïcité naïves et de la liberté qui leur soit accordée pour s'emparer du pouvoir et pour instaurer des régimes tyranniques. Un événement de ce genre se passa en Allemagne pendant la république de Weimar, lorsque les nazis réussirent à s'emparer légalement du pouvoir et les conséquences de ce tragique événement se sont comptées en des dizaines de millions de morts.

À ce propos, il faut se rappeler que la laïcité appartient seulement aux régimes démocratiques, non pas à ceux totalitaires. Une société démocratique a le droit de se défendre des systèmes autoritaires et même de les combattre. En vertu de sa laïcité l'État doit s'efforcer d'éviter des provocations et des engagements entre les différentes composantes sociales. Il doit aussi combattre les idéologies et les totalitarismes, en les relativisant lorsque il est possible ou en les déclarant hors loi lorsque ils refuseraient de respecter les règles de la cohabitation pacifique ou lorsque ils représentaient une menace pour la société. Ce n'est pas un cas si beaucoup de pays ont déclarés illégaux le fascisme et le nazisme et cette mesure brise tant le laïcisme absolu quant la liberté d'opinion et d'expression si entendues dans une façon absolue, mais elle est une mesure importante et légitime pour la défense et la conservation de la démocratie. D'autre part, bien peu de théories résistent à être amenées aux extrêmes sans finir en paradoxes et d'autres graves inconvénients. La laïcité doit donc être entendue d'une façon pragmatique et non pas abstraite. Parlons donc d'une laïcité active.

Dans ces tentatives de provoquer la relativisation des mouvements totalitaires il y a toutefois une ligne a ne pas dépasser: celle de les admettre aux élections si leur maturation n'a pas été achevée. La Turquie est un exemple de comme démocratie et totalitarisme vivent dans un précaire et dangereux équilibre. Il est aussi un exemple du courage des défenseur de la démocratie, mais aussi des difficultés à domestiquer un système totalitaire.

Parmi les principaux instruments pour promouvoir la relativisation des systèmes totalitaires, il y a l'école. Par elle, l'État peut transmettre les valeurs de pluralisme, de démocratie et de liberté aux jeunes gents, et cela est utile particulièrement pour ceux qui dans leur famille subissent un endoctrinement. L'État doit aussi prohiber les activités de propagande et de prosélytisme aux organisations totalitaires et l'ouverture d'écoles qui éduquent à des principes de haine religieuse ou ethnique. Il doit obtenir que aussi dans les écoles confessionnelles l'enseignement de la religion soit fait dans une façon critique et non pas doctrinale. L'État doit promouvoir aussi des débats, des documentaires et d'autres émissions qui aident à confronter les différents points de vue et a promouvoir la connaissance réciproque. Cette confrontation aurait aussi le grand avantage de contribuer à faire perdre à certaines idées leur valeur absolue, en les plaçant en relation avec d'autres façon de voir et de concevoir le monde.


UN CHOC DE CIVILISATIONS?
TDM

Dans les temps récents, le monde musulman est traversé par des tendances opposées. D'un côté sont nées des courants radicales, de l'autre des tendances libérales.

À côté des traditionnelles interprétations intégristes de l'islam comme le wahhabisme, il se n'est formée une très radicale par le théologien Sayyid Qutb, né en 1905, emprisonné par Nasser en 1954 et mort en 1966. Ce théologien part du concept qu'il n'y aille pas d'autres Dieux que Allah et que toutes choses doivent dépendre de lui. Toute son oeuvre, composée par de nombreux volumes, n'est rien d'autre que une élaboration de cet unique concept dans d'innombrables formes. Cette oeuvre est arrivée à un haut degré de totalitarisme, dans lequel chaque activité de l'État et chaque aspect de la vie quotidienne des individus doivent se conformer strictement à la "volonté d'Allah". Qutb avait un concept de l'islam comme d'une totalité. Il considérait la séparation chrétienne entre État et Église comme la cause première de la crise de l'Occident. En réalité, cette crise était toute dans sa tête, car il ne comprenait pas ni appréciait des concepts comme ceux de liberté et de pluralisme.

La façon de concevoir Dieu par Qutb n'est certainement pas le seul possible. Par exemple, selon les chrétiens Dieu n'exige pas une soumission absolue de ses fidèles, mais il leur donne la vie comme un cadeau à vivre en liberté. L'étude de l'histoire des religions montre beaucoup de façons différentes de concevoir les divinités et il nous n'est pas possible d'établir lequel soit celui "vrai". De tout cela, on pourrait aussi dériver la volonté de Dieu de ne pas dominer la vie des hommes.

Évidemment, la liberté accordée aux chrétiens ne signifie pas qu'on puisse faire ce que l'on veut, mais il y a des limites, des comportements qui l'on ne doit pas tenir. Ces limites sont définis par les commandements, les moeurs de la société et par les lois de l'État. Plus en général, il faut que chacun s'inspire à la prédication de Jésus de respecter et d'aimer son prochain. Enfin, chacun doit faire bon usage de sa propre raison et de sa naturelle capacité de jugement étique. A' tout cela il faut ajouter le débat publique sur les principaux thèmes étiques. Dans le domaine de ces limites, dans les sociétés ouvertes il y a une grande liberté de choix sur le type de vie à suivre. Pour une personne qui ne soit pas préparée, cette grande liberté peut créer des problèmes, mais nous en parlerons plus avant.

Le libéralisme dont nous parlons ici n'est pas celui économique, mais celui philosophique qui concerne la liberté de pensée, la liberté de parole, la liberté de comportement, etc. Il est clair que dans les sociétés libres il peut y avoir des débats sur ce qu'il soit préférable ou moins faire, licite ou moins, etc., mais personne n'est autorisé à imposer au monde le but de la vie. Le libéralisme a une grande importance dans le développement de la pensée scientifique, dans la philosophie, dans la littérature et plus en général dans toutes les arts. Sans ce libéralisme, des sociétés modernes et complexes comme celles occidentales n'auraient même pas pu exister.

Selon Sayyid Qutb, l'Occident aurait une "influence corruptrice" sur les sociétés islamiques. Cette influence ne serait pas due tant à l'usage illicite de l'argent ou à la façon de s'habiller des femmes ou à la pornographie, quant à la pénétration des idées occidentales dans les sociétés islamiques. Parmi ces idées, il y aurait à considérer la démocratie, le pluralisme, l'égalité, la liberté et la laïcité.

En pratique, ce théologien avait peur que les idées du libéralisme pénétrassent dans son édifice totalitaire en menaçant sa compacité. Mais tous les régimes totalitaires ont partagé cette peur et pour cela ils ont vu les sociétés ouvertes, en particulier celle Américaine, comme ennemies. Ce n'est donc pas un cas si communisme, fascisme, nazisme et maintenant l'islam radical aussi partagent les mêmes préjugés antiaméricain, antioccidental, antilibéral, antisémite, etc. C'est vrai, la liberté et le totalitarisme ne sont pas compatibles et, plus un totalitarisme est radical, plus il est hostile aux sociétés libres. Ceci car la liberté lui ferait perdre le contrôle sur ses citoyens.

Aux oeuvres de Sayyid Qutb, se sont inspirés des mouvements comme celui des Frères Musulmans, celui des Talebans, celui de Al Qaida et de beaucoup d'autres factions fondamentalistes.

Comme je l'ai dit, ce théologien voyait les valeurs occidentales comme une menace pour la compacité des sociétés islamiques en les soustrayant au contrôle (totalitaire) de son clergé. Pour protéger les sociétés islamiques, Qutb dériva la nécessité absolue de soumettre ou de détruire l'Occident. Selon lui, même pas ceci aurait été suffisant, mais il fallait instaurer un empire islamique mondial (le Caliphate) et ceci est précisément ce que ont en programme de faire beaucoup de mouvements terroristes, en premier lieu celui de Al Qaida. Il est donc clair que ceci, aux yeux des intégristes est tout juste un choc de civilisations, dans lequel des leaders d'un totalitarisme religieux veulent transformer ou détruire les sociétés ouvertes. C'ests à remarquer le niveau de totalitarisme des programmes de Qutb.

Ces mouvements représentent un danger pour les sociétés ouvertes, mais ils ne sont pas en gré d'entamer dans aucune façon les désirs de pluralisme, démocratie et liberté. Ces idées sont déjà largement répandues dans le monde, dans celui musulman aussi, où elles progressent sans arrêt. Dans le monde, le nombre de démocraties est en train de croître, aussi bien que aujourd'hui on estime en 122 les nations démocratiques, alors qu'au début du 1800 il y en avait très peu. Donc, cette guerre est menée contre des fantômes, c'est à dire qu'on ne peut pas s'opposer à l'écoulement du temps, à l'arrivée de la modernité, du pluralisme et de la liberté de ses propres adeptes aussi. Il s'agit donc d'une guerre absurde et déjà perdue au départ, même si elle produira beaucoup de victimes.

Comme je l'ai dit, au sein de l'islam il est en train d'apparaître un nombre sans cesse croissant de tendances libérales et réformistes. Il s'agit souvent de tendances différentes l'une de l'autre, mais qui en général veulent ouvrir cette religion à la modernité et à la liberté. Quelques-uns de ces réformistes soutiennent la nécessité de réinterpréter les écritures à la lumière du nouveau contexte dans lequel beaucoup de musulmans vivent à cause de la croissante pénétration de la modernité dans leurs pays. Ceci est aussi particulièrement vrai pour les musulmans qui ont émigré en Occident. Beaucoup de ces réformistes soutiennent les droits de l'homme, une complète égalité des genres, ils apprécient la liberté et veulent s'ouvrir aux autres cultures et aux autres points de vue. En plus, dans les sociétés occidentales il y a un vaste mouvement d'immigrés qui veut vivre dans une façon tout à fait pacifique avec les habitants de ces terres. Le nombre d'intellectuels de religion islamique qui demandent la séparation de la religion de l'État est grand et croissant.

Il est important que ces nouveaux citoyens européens, comprennent les avantages des systèmes politiques démocratiques, du système des lois et de la justice, de la liberté de culte, du respect des droits de l'homme, des opportunités de promotion humaine offertes par les écoles et l'université, par le travail et le pouvoir d'achat qu'il fournit, par la liberté d'accès aux informations et à la culture, par l'état social et le service sanitaire. Personne ne demande leur de changer de religion, mais seulement de vivre paisiblement, en respectant son prochain et en acceptant les règles du jeu de la démocratie. À ce propos, il doit être clair que  bien-être et liberté sont étroitement liées. On ne peut pas penser qu'il soit possible de garder le même niveau et style de vie en transformant les sociétés ouvertes en des théocraties. Au contraire, on reproduirait dans les sociétés d'accueil les mêmes problèmes des sociétés de provenance.

Nous sommes souvent visés par la célébration des religions monothéistes, comme des productrices de civilisations raffinées.  Il faut tenir en compte aussi que ces grands systèmes culturels ont eu et ont une nette propension à l'impérialisme culturel et politique. Qui plus, qui moins, ces systèmes ont conquis beaucoup de populations, en ont profondément altéré les croyances, les moeurs et la culture. Plutôt que de grandes civilisations, les principaux monothéismes se sont conduits au fil de l'histoire comme des destructeurs de cultures, de langues et de civilisations.

Le choc de civilisation est seulement dans la tète des disciples de Qutb et des autres formes de radicalisme islamique comme celui wahhabite. Les sociétés occidentales et les réformistes islamiques n'ont aucune intention de la combattre. A sa place, il y a plutôt une guerre entre totalitarisme et liberté qui est combattue aussi à l'intérieur des sociétés islamiques où un nombre toujours plus vaste d'intellectuels est en train de soutenir la nécessité d'une réforme de l'islam et sa compatibilité avec la démocratie. Beaucoup de journalistes et d'écrivains ont payé avec la vie leurs convictions. Aussi beaucoup de gens du peuple partagent ces idées et souvent défient les fondamentalistes en montrant un grand courage. En Iran, de milliers d'étudiants ont perdu la vie pour leurs requêtes de liberté à une théocratie qui ne veut pas céder son pouvoir. Les rebellions de l'été 2009 en Iran montrent que aussi les musulmans et les musulmanes veulent être libres, ils n'acceptent plus les ingérences de la religion dans les sphères publique et privée, mais ils veulent être traités en personnes libres. Il ne s'agit pas seulement de soutenir des idées, mais aussi de les mettre en pratique. Les État islamiques qui adoptent des lois plus modernes au égards du droit de familles et qui essaient de se doter d'institutions plus démocratiques sont toujours plus nombreux.

Une importante démonstration de la compatibilité entre islam et démocratie a été donnée par la Turquie, qui sous la guide de Kemal Atatürk s'est dotée d'institutions démocratiques qui désormais fonctionnent pleinement. Toutefois, il faudra vérifier que l'actuel renforcement de l'islam dans ce pays n'implique pas un retour au passé. Parmi les musulmans d'Europe, croit toujours davantage la conviction qu'un islam européen reformé et démocratique soit possible.

J'espère qu'une plus grande adresse de la part de l'Occident et la diffusion des valeurs de démocratie, pluralisme et liberté parmi les musulmans d'Europe réussiront à isoler les fanatiques et à faire terminer cette absurde guerre. Cela pourrait finalement ouvrir une époque de collaboration et d'amitié dans le monde.

Il ne s'agit toutefois pas d'une guerre nouvelle. Elle est seulement une nouvelle phase de l'éternelle lutte entre le libéralisme et le totalitarisme. Jusqu'à maintenant, le totalitarisme a toujours perdu. Sa faiblesse est dans la rigidité et la fragilité de sa structure rationnelle. Il suffit une petite lézarde pour faire désintégrer l'entier château et des fissures dans ce château il y en a déjà beaucoup. Au contraire, la liberté est une valeur universelle. On peut la cacher, la nier, la combattre pendant quelques années ou décennies, mais avant ou après elle triomphera.

Pour avoir plus d'informations sur la pensée de Sayyid Qutb et ses conséquences, vous pouvez lire le livre de Paul Berman (9), indiqué en Bibliographie.

La tolérance
Comme tout le monde le sait, les monistes sont des mecs pourvus d'un seul neurone qui, à cause de ses faibles capacités, est hostile à la diversité. Pour autant qu'ils s'efforcent, ils n'arrivent vraiment pas à concevoir le pluralisme. En effet, dans leur unique neurone, il y a seulement la place pour le monothéisme et pour la conquête du monde entier. Les monistes ont produit plusieurs guerres de religion, lesquelles ont terminées seulement lorsque les pluralistes ont réussi à faire triompher la tolérance, c'est à dire lorsque ils ont réussi à accorder à tous les hommes la liberté de culte et à faire prévaloir le respect du prochain dans les comportements.

À ce but, des "Édits de Tolérance" ont étés promulgués. L'un des premiers a été celui de Constantin (Empereur romain d'Occident) et de Licinius (Empereur romain d'Orient), qui dans le 313 AD accorda la liberté de culte aux chrétiens et proclama la neutralité de l'Empire Romain vis-à-vis de chaque foi, en donnant ainsi fin à toutes les persécutions religieuses. Malheureusement, les guerres de religion recommencèrent dans la deuxième moitié du XVI siècle entre catholiques et protestants. Ces guerres durèrent longtemps et ne s'arrêtèrent pas par la défaite d'une des parties, mais lorsque fut accepté le principe de tolérance et donc aussi du respect réciproque. En effet, par l'Édit de Nantes du 1598 promulgué par le Roi de France Henri IV, aux protestant fut accordé la liberté de culte. Par malheur, les guerres de religion se ranimèrent dans le XVII et le XVIII siècle, jusqu'à la promulgation de la part du Roi de France Louis  XVI de l'Édit de Tolérance du 1787. De ces événements, apparaît avec clarté l'importance d'accepter le pluralisme comme caractéristique précieuse des cultures et des sociétés. Allons donc, engageons nous à fin que la tolérance puisse prévaloir et avec elle aussi la conscience de l'importance du pluralisme des idées pour la richesse de la culture et pour la liberté des citoyens! Plus récemment, au lieu du terme de tolérance on préfère utiliser celui de respect du prochain.


CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
TDM

Jusqu'à maintenant je vous ai parlé des principales caractéristiques de la Pensée Forte. Comme vous l'avez pu le constater, la pensée forte est une façon de penser qui se fonde sur une certitude, sur une vérité absolue ou sur un principe traité comme tel. Souvent, ce principe est élaboré rationnellement jusqu'à créer un système totalitaire: un authentique Monstre de la Raison. À son opposé il y a la pensée faible, une façon de penser qui comme nous le verrons n'a aucune certitude ni vérité absolue, mais qui souvent finit dans la désorientation et le nihilisme. Parmi ces deux pôles, il y a la pensée libre, qui est une forme de pensée qui, même si elle n'a pas des certitudes, est capable de fournir aux gens la capacité de s'orienter et de reconnaître quels soient les valeurs importantes.

Nous avons vu la pensée forte s'exprimer par le réductionnisme, la culture fermée, le manque d'alternatives et l'ignorance. Nous avons vu comme au niveau social la pensée forte produit fanatisme et massification. Nous avons vu aussi comme l'idéologie et l'utopie sont souvent utilisées pour le conditionnement des masses et pour leur contrôle politique.

Même en partant de la définition marxiste de l'idéologie, nous avons découvert comment elle ne soit pas du tout synonyme de culture et nous nous sommes rendus compte des dangers qui nous courons à la considérer telle. L'idéologie est seulement une forme pathologique de culture. Nous nous sommes aperçus du pouvoir de séduction de l'utopie, du caractère de fausse science de l'idéologie, de comme ces deux formations culturelles soient directes seulement à la massification et au contrôle de l'homme. Aux buts de la théorie de la connaissance quotidienne, l'utopie et l'idéologie ont une grande importance. Si les observations qui nous avons effectuées jusqu'ici sauront nous protéger de leur séduction, elles pourront guérir la culture des pathologies meurtrières qui l'avaient frappée. Elles pourront aussi lui restituer les fonctions libératrices et illuministes qui mieux la qualifient et qui sont nécessaires pour un développement libre et harmonieux de l'homme et de ses sociétés.

La culture est donc un ensemble hétérogène d'éléments plus ou moins organisés, qui vont des idées simples, aux mythes, aux connaissances scientifiques, aux traditions, aux systèmes de pensée, etc. Dans la culture, sont présents des éléments qui ont une fonction illuministe, mais aussi des éléments voués à la manipulation des consciences. Nous avons vu comment ces élément soient souvent le produit d'une complexe évolution historique. Après des millénaires que nous utilisons le langage, il est désormais arrivé le moment de prendre le contrôle de ses produits et, faites bien attention, pas seulement dans un domaine académique, mais aussi et peut être surtout dans celui plus humble de la connaissance quotidienne, où toutefois se génèrent les mouvements de masse.

Nous avons vu comment il soit dangereux de rêver sans faire attention. Même dans la cultivée Europe sont apparus des fanatismes idéologiques qui n'ont pas manqué de provoquer des immense fléaux. Personne peut nous protéger du renouveau de ces tempêtes de la pensée si nous ne saurons pas contrôler l'idéologie et l'utopie, si nous ne saurons pas atteindre une conviction sur la nécessité de défendre et aussi de propager notre désenchantement métaphysique.

Le problème du contrôle de l'âme des hommes est donc plus actuel que jamais. Il a aussi été aggravé du fait que la pensée forte peut jouir d'une motivation beaucoup plus importante par rapport à celles de la pensée faible et de la pensée libre, avec la conséquence que ses adeptes sont beaucoup plus actifs et agressifs. Après la chute du mur de Berlin et de l'idéologies communiste, nous avions eu l'illusion que nos problèmes étaient finis. Hélas, ce n'était pas ainsi et la lutte entre le pluralisme et le totalitarisme, débutée avec la Grèce antique et durée 2500 années, n'est pas encore finie. Cette bataille doit être combattue surtout sur le plan culturel, où nous avons à nous engager pour provoquer une évolution des dinosaures de la pensée vers des formes plus paisibles et modernes.

Jusqu'à maintenant, nous avons observé et analysé les systèmes de pensée autoritaires, la partie suivante de cette analyse essaiera de favoriser l'acquisition d'une forme de pensée libre. Elle accompagnera le lecteur dans les différentes phases de ce processus et l'aidera à effectuer ses choix selon sa façon d'être et ses convictions. Il s'agit donc de la phase constructive de cette analyse. Beaucoup des paragraphes qui vont suivre sont des marches pour acquérir la libre pensée.


LA CONDITION LIBRE
TDM

Dans la condition subordonnée, notre temps et notre énergies étaient asservies à des but étrangers, dans la condition libre elles peuvent enfin être utilisées pour notre avantage. La condition libre est celle dans laquelle finalement nous retrouvons la réalité et nous mêmes, où nous pouvons faire nos choix dans une façon consciente, où nous pouvons nous dédier à quelque chose qui nous estimons important et qui nous permet aussi de nous amuser un peu. Pour obtenir cela il est nécessaire enlever ce filtre qui nous altère ce que nous voyons. Dans cette façon, nous pourrons retrouver une façon plus libre et ouverte de l'observer. Retrouver nous mêmes signifie quitter les rôles dans lesquels l'idéologie nous avait coincez, pour chercher dans nous mêmes les raisons de nos choix. Il signifie donc vivre dans une façon libre et beaucoup plus consciente et gratifiante. La condition libre signifie beaucoup d'autre choses encore qui nous verrons mieux à fur et a mesure que nous avancerons dans cette analyse.

Au début toutefois nous ne sommes pas encore capables d'utiliser la liberté retrouvée et nous nous trouvons aux prises avec de nombreuses difficultés que nous devons apprendre à affronter. En effet, pour atteindre la condition libre il est nécessaire d'avoir une nouvelle forme de pensée. Ceci parait très simple, mais il ne l'est pas. Il ne suffit pas de savoir qu'il y a de formes de pensée qui sont utilisées pour notre contrôle pour parvenir à nous en dégager. Il ne suffit pas non plus de savoir qu'il y a des formes de pensée libre pour les conquérir. Passer d'une forme de pensée autoritaire à une libre demande une série de passages qui ne sont pas toujours évidents, qui impliquent une profonde transformation de sa façon de penser et la modification radicale d'habitudes consolidées. Dans cette transition, il y a toujours le danger de tomber dans une autre subordination. Enfin, il faut considérer que le passage à la condition libre marque aussi l'entrée dans un immense espace potentiel qu'il faut apprendre a gérer.


DÉSENCHANTEMENT
TDM

Le désenchantement est le premier pas pour le retour à la condition libre. Par le désenchantement, nous nous réveillons d'un sommeil mortel, nous nous regardons autour et nous nous demandons qu'est ce qui s'est passé. Dans quelque façon, le désenchantement est le moment dans lequel quelque chose se brise dans notre âme. C'est le moment dans lequel nous perdons la confiance dans ce au quel nous avions cru jusqu'au là.

Mais, comment se produise-t-il le désenchantement? Il est difficile à le dire car il est quelque chose qui se passe dans nos profondeurs et souvent nous mêmes ne le comprenons pas. Parfois, il est du à une lente maturation, à un lent se sommer de perplexités aux égards de ce qui nous avaient raconté. À l'improviste, il émerge un cadre différent, tout devient clair et finalement nous nous rendons compte d'avoir vécu dans un monde parallèle, inexistant. D'autres fois, le désenchantement peut être provoqué par un événement traumatique et inacceptable, comme pour quelques uns fut l'invasion soviétique de l'Hongrie. Dans d'autres cas encore, il peut être provoqué par l'écroulement des organisations dans lesquelles on militait et à ce point on se trouve orphelins sans le vouloir. Souvent le désenchantement est un acte créatif, l'apparaître d'une idée qui renverse l'image du monde, comme il arrive à la suite d'une découverte.

Même si dans certain cas il arrive pour des raisons rationnelles et il est perçu consciemment, la plus part des fois le désenchantement reste un moment magique, impénétrable. Souvent on se sent trompés, étourdis; d'autres fois on se sent comme libérés d'un poids. Cependant, une fois arrivé le désenchantement beaucoup de choses sont destinées à changer profondément. On sort comme d'une fable, en colère aussi pour y avoir été et pour s'être laissé moquer pour si longtemps. Le désenchantement est aussi un fait révolutionnaire, dans le sens que notre façon de voir les choses subit une radicale transformation, une de ces révolutions qui sont définies coperniciennes, après lesquelles le monde n'est plus et ne sera jamais plus le même, même pas si nous nous efforçons de revenir en arrière.

Si nous y pensons bien, souvent les idéologies sont des constructions simples, mais c'est seulement lorsque on les observe de l'extérieur que l'on peut se rendre compte de combien elles sont bêtes. Parfois, la simple maturation de l'individu et la plus importante complexité de sa pensée expliquent le fait qu'à un moment donné il ne se reconnaisse plus dans un cadre devenu trop étroit pour lui. Le désenchantement implique donc la perte de la confiance dans les précédents références.

Même si d'un point de vue intellectuel le désenchantement est supérieur, de celui politique il est plus faible des vision salvifiques et certaines du monde. Il y a beaucoup de siècles, les penseurs grecs avaient une claire conscience du caractère mythique de ses croyances religieuses. Les positions philosophiques du Bas-Empire romain n'étaient pas si primitives comme le disent certains historiens, mais ils avaient de nombreux éléments qui aujourd'hui sont considérés de grande actualité, comme par exemple la recherche d'une morale universelle, dégagée de la foi en des divinités. Toutefois, sa modernité ne fut pas suffisante au monde païen pour faire face avec succès au messianisme chrétien. La civilisation classique, perçue comme ennemie et méprisée, fut délibérément abattue en détruisant aussi statues, temples et sa vision du monde. Dans cette façon, le développement de notre civilisation fut brisé. De son côté, le christianisme nous a porté des éléments importants, mais il aurait été mieux si cet enrichissement se fut passé plus graduellement. Heureusement, avec l'humanisme, la renaissance et l'illuminisme nos sociétés se sont reliées aux anciennes racines et elles se sont libérées de l'étouffante tutelle religieuse, en ouvrant de nouvelles perspectives.

Aujourd'hui, après la chute de l'idéologie communiste, des millions de personnes sont revenues à des nouvelles formes de désenchantement, semblables à celles anciennes. Encore une fois, la faiblesse, sur le plan politique, de ces positions est démontrée par la renouvelée agressivité d'un autre messianisme religieux qui voit dans nos terres des occasions de conquête. Malheureusement, tandis que les religions et les idéologies sont activement publicisées, la même chose n'arrive pas pour la pensée libre. Celle ci est le fruit d'une conquête individuelle et peut être perdue à chaque moment si elle n'est pas soutenue par une culture et une détermination adéquates. Il est nécessaire une nouvelle conscience pour soutenir les sociétés séculaires pour éviter que des nouveaux fanatismes conquièrent les consciences à peine libérées.


DÉSORIENTATION
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L'abandon du monde habituel et la chute des personnages qui nous inspiraient confiance nous amènent à une condition de désorientation. Disposer d'une image du monde certaine, ordonnée et y avoir un rôle satisfait des fondamentales exigences psychologiques. Une vision du monde unitaire et cohérente est rassurante et stabilise l'équilibre émotif. Avec le désenchantement, nous perdons tout cela. Nous perdons les références qui avant nous soutenaient et nous rassuraient. Le réveil nous amène dans un monde étrange qui nous avons du mal à reconnaître, un monde différent de celui que nous avons quitté. Les choses sont toujours les mêmes, mais notre façon de les voir à changé radicalement. Nous avons perdu les vieilles références, mais nous n'avons pas encore acquis celles nouvelles. Nous ne sommes pas encore capables de nous mettre en relation avec la réalité. Avec la chute des sphères célestes, le monde redevient chaotique, dépourvu de sens, proie de forces monstrueuses.

Au lieu d'être agréable, la liberté retrouvée se révèle bientôt comme un espace illimité, aux dimensions inhumaines, qui nous donne vertige et qui nous paralyse. Beaucoup d'intellectuels même de formation séculaire ont nostalgie des anciennes certitudes. M. Horkheimer, dans: "Éclipse de la raison" (6), regrette la perte de la raison objective, vérité certaine et reconnue par tout le monde, fondement dans les temps passés de toute étique. Elle fut détruite par l'arrivée de la bourgeoisie et du capitalisme. Il regrette la vérité religieuse, cette "Vérité" sur laquelle a été bâti le château de cartes qui nous a gardé prisonniers pendant des millénaires.

Comme jetés hors du nid, on est ahuris, dépaysés, on perçoit comme un danger imminent du quel est nécessaire se protéger, mais on ne sait pas comment. Face à cette situation, quelques-uns se rebellent contre ceux qui les avaient trompés, d'autres finissent dans un scepticisme systématique, d'autres encore développent une crédulité maximum. Ils ont perdu la capacité de donner un sens aux choses et il éprouvent fort la nécessité d'y remédier. Ils ont un tel besoin d'une nouvelle Vérité qu'ils s'attachent à la première prise qu'ils trouvent. Ils souffrent du problème du sens et de ceci profitent des gourous, psychiatres, prophètes et magiciens.

Une autre forme de désorientation est celle connue comme nihilisme. Par ce terme, on entend la condition de ceux qui ne croient plus en rien, qui ne possèdent plus aucune certitude, aucune vérité, aucune valeur. La plus part du monde ne se trouve pas bien du tout dans cette situation et il essaie de la fuir. Dans nos sociétés, orphelines des certitudes et abandonnées par les dieux, le nihilisme est très répandu et il est considéré par beaucoup un vrai fléau. À la diffusion du nihilisme contribuèrent aussi ces maîtres à penser marxistes qui se proposaient de conquérir l'Occident en prenant le contrôle de la culture, des intellectuels, de l'éducation et des moyens d'information. La consigne était celle d'obtenir l'Hégémonie Culturelle de la Classe Ouvrière. Il faisait partie de cette stratégie la démolition des valeurs sur lesquelles ces sociétés se basaient et se basent encore. Cette guerre culturelle a obtenu beaucoup de ses objectifs, au point que encore aujourd'hui beaucoup de monde en Occident semble "haïr soi même" en ne reconnaissant plus rien ni dans son passé ni dans son présent qui vaille la peine d'être défendu ou bien proposé à d'autres.

Cette campagne de contre-culture n'emporta pas seulement des concepts comme le nationalisme (et ceci fut une chose positive), mais aussi celui de patrie, nos traditions et même les concepts de pluralisme, de liberté et de démocratie aux quels elle opposa des systèmes de valeurs "prolétariens". Cette activité auto-destructive continue encore aujourd'hui et n'importe quoi lui va bien à condition qu'il soit différent de notre système de valeur et puisse contribuer à le démolir. Même le christianisme subit des attaques inconsidérés souvent par les mêmes milieux qui ont agressé les valeur de nos sociétés et qui maintenant ont des forts sentiments antiaméricains, antisémites, antioccidentaux, etc. Pour endiguer le nihilisme, je crois qu'il soit important réévaluer les fondements sur les quelles nos sociétés se basent.

Malheureusement, en Occident beaucoup de monde est proie du nihilisme. Il n'a pas été éduqué à gérer cette situation de vide et il tend à adopter une nouvelle vérité le plus vite que possible, une nouvelle certitude qui substitue celle perdue, mais il suffit d'y penser un peu que l'on comprend comme le replacement d'une idéologie par une autre ne résout rien du tout et nous laisse exactement au point de départ. Une autre solution pour contrôler l'angoisse de perte de sens est l'utilisation de anxiolytiques ou de stupéfiants. Il ne sont pas nécessaires d'autres mots pour comprendre comment ces solutions n'amènent nulle part.

Dans ce temps, plusieurs islamistes soutiennent que l'Europe souffrirait d'un "vide spirituel" et que ses habitants seraient désormais prêts pour embrasser l'islam, qui bien évidemment donnerait une réponse à toutes les exigences humaines. Ils insistent sur la capacité présumée de cette religion de ne régler pas seulement les affaires de l'État, mais aussi chaque moment de la vie quotidienne des individus en les canalisant dans une série de rituels et de pratiques superstitieuses. Ceci est apprécié par beaucoup d'âmes égarées et souvent ce rappel est hélas écouté. Voilà donc le nihilisme constituer l'un des points faibles de l'Occident, la brèche à travers laquelle pénètre une renouvelée pensée forte, bien sur totalitaire.

Le monde a besoin d'une aide pour affronter le problème du sens des choses. Nous ne pouvons pas permettre que ce sens soit défini par des systèmes de pensée totalitaires. Malheureusement, nos sociétés ne possèdent plus une Vérité sur la quelle se fonder, mais elles sont forcées à vivre dans l'incertitude. La plus part du monde n'a pas étudié philosophie et il ne possède pas les instruments pour affronter efficacement ce problème. Seulement une minorité l'a fait et aussi cette minorité souvent en est sortie confuse et n'est pas capable de gérer l'incertitude métaphysique dans laquelle elle vit. Seulement peu de personnes sont capables d'aider le monde à trouver son propre sens des choses. Les philosophes doivent se douer d'une attitude positive et d'un langage compréhensible pour pouvoir aider ses étudiants et les gens à trouver son propre chemin.

Le nihilisme ne peut donc pas être la solution, mais il peut être un moment du passage à une nouvelle forme de pensée qui, entre les autres choses, sera en gré de nous défendre du nouveau cauchemar totalitaire. Plus en avant, nous verrons quel type de réponse soit possible donner au nihilisme.


MÉTAMORPHOSE
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Après le désenchantement, le problème principal est qu'il n'est pas possible de replacer l'idéologie tombée par une autre. On ne peut pas garder la même forme de pensée, en nous limitant à en replacer les contenus. C'est justement la forme qui ne marche plus. On ne peut plus penser qu'il soit possible d'interpréter la grande complexité du réel par moyen d'une petite formule idéologique. La pensée unique, la culture verticale, les clefs d'explication universelle ne marchent plus: elles ouvrent des portes feintes d'un univers imaginaire. Au contraire, il faut s'ouvrir au pluralisme des idées et à la comparaison des perspectives. Il s'agit donc de réaliser une véritable métamorphose. Cette opération ne peut pas être accomplie en peu de jours à partir d'adultes qui possèdent déjà des modalités consolidés de se rapporter au monde, mais il faut du temps. Le passage à la nouvelle forme de pensée requiert donc une transformation de sa façon de penser. Il s'agit d'une authentique métamorphose dont le résultat ne peut pas être connu en avance. Comment peut on opérer ce délicat passage? Il faut procéder par degrés.


DE NOUVELLES FORMES
LE MALAISE DE LA LIBERTÉ
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Comme nous l'avons vu, la liberté retrouvée n'est pas du tout rassurant ni agréable non plus, mais elle se révèle un espace très vaste et inquiétant. La quantité de possibilités qui s'ouvrent maintenant devant nous est telle à nous donner le vertige. Alors que avant nous étions prisonniers de la seule solution admise, maintenant nous risquons de rester paralysés vis à vis de la multiplicité des chances que nous avons à notre disposition. La sûreté s'accompagne aux visions certaines du monde, mais celles ci ne nous plaisent plus. Au contraire la liberté s'accompagne à l'incertitude, mais l'incertitude donne de l'angoisse, donc cette situation aussi ne nous plait pas beaucoup. Il est clair que nous sommes dans une voie sans issue. Heureusement, comme souvent il arrive dans les labyrinthes, un couloir caché s'offre à ceux qui savent le voir et aussi dans notre cas ce couloir existe, mais justement nous ne sommes pas encore capables de l'apercevoir.

Pour arriver à apercevoir ce couloir, il est nécessaire de se placer dans un point de vue différent, savoir observer la situation par une perspective nouvelle. Malheureusement, cette nouvelle perspective n'est pas disponible tout de suite, mais il faut la conquérir un peu à la fois. Dans le même temps, ce que l'on peut faire c'est de renforcer sa personnalité afin qu'elle apprenne à faire face avec courage cette situation, afin qu'elle s'habitue à vivre dans un monde apparemment dépourvu de sens et dans lequel les objets nous apparaissent multiformes et mystérieux. Plus important encore est l'éducation à gérer cette situation, à accomplir des choix. Comme je l'ai dit, ce qui au début préoccupe le plus est la difficulté à faire des choix face au grand nombre des alternatives possibles. En réalité, il est possible de choisir et nous le ferons sur la base d'une comparaison des principales alternatives et sur la base de notre façon d'être.

Un peu à la fois, après avoir accompli ses propres choix fondamentaux dans les différents champs du savoir et des activités humaines, la liberté ne sera plus celle absolue, qui ressemble tant aux précédentes formes autoritaires, mais elle deviendra une liberté plus circonscrite et gérable. Elle deviendra notre espace de vie, notre maison. Alors que avant étaient d'autres personnes qui donnaient sens au monde, maintenant c'est à nous de le faire et nous le ferons en tenant compte du notre façon d'être, de nos convictions, de nos valeurs, etc. La liberté deviendra l'espace dans lequel nous nous exprimons et dans lequel nous vivrons en essayant d'atteindre un équilibre et une sérénité de l'âme.

À la fin de ce processus, lorsque nous aurons appris à l'utiliser, la liberté qui avant nous effrayait, deviendra un bien précieux et l'incertitude qui nous angoissait deviendra une valeur car elle est la condition indispensable de la liberté et car nous apprendrons que le pluralisme des points de vue nous donnera une nouvelle méthode, plus complète et beaucoup plus fascinante de voir les choses. C'est à ce point que le fameux couloir caché se montrera à nous. Il s'ouvrira lorsque la liberté ne nous fera plus peur, mais nous la désirerons ardemment comme l'espace de notre vie et lorsque l'incertitude ne nous troublera plus, mais nous la verrons comme la condition nécessaire à la liberté. Il sera a ce point que celle qui avant était une voie sans issue, s'ouvrira, en se transformant en la route qui nous amènera au dehors du Labyrinthe.

Dans ces derniers paragraphes, je vous ai anticipé comment nous arriverons à cette nouvelle perspective, mais nous n'y sommes pas encore vraiment arrivés. Pour le faire, il est nécessaire accomplir un chemin de conquêtes progressives vers la nouvelle forme de pensée et il est de celles ci que nous parlerons dans la partie successive de cette analyse.


UNE CONNAISSANCE HORIZONTALE
LE CADRE DU SAVOIR

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Qu'est ce qu'il est un cadre du savoir? Il est une espèce de plan sur le quel à la place des nations sont indiquées les principales disciplines du savoir humain, en sont définies des relations et les domaines de compétence.

Les religions, les idéologies et les autres systèmes de pensée ont composé chacun son propre cadre du savoir humain et à leur intérieur il est presque toujours possible trouver un principe ordinateur qui structure et hiérarchise les connaissances. Dans ces cadres, certaines connaissances sont considérées d'une importance fondamentale et de celles ci son faites dépendre toutes les autres, qui en sont aussi influencées. Voilà les cadres théologiques de la connaissance, ceux matérialistes, etc. Ces façon d'organiser le savoir se sont répercutés aussi au niveau bibliothécaire où, à la place de la philosophie, dans les bibliothèques de certains États, il y avait (ou il y a) la théologie, dans d'autres le marxisme (figure 14), etc. Même là ou l'on admettait l'existence de nombreuses disciplines de la connaissance, il n'était pas admise leur autonomie, mais elles étaient subordonnées au savoir qui était considéré supérieur et qui fondait toutes les autres connaissances. Beaucoup de monde a constaté comme le marxiste ramenait tous événements historiques et même culturels à des facteurs économiques, dans d'autres cas la discipline fondamentale était considérée la religion.

 

 

L'islam aussi a son propre cadre du savoir. Tariq Ramadan, dans son livre: "Les Musulmans d'Occident et l'Avenir de L'islam" (11) montre une classification islamique du savoir que remonte au moyen age et il en propose une à lui même. Celle médiévale semble s'occuper seulement des savoirs dérives du Coran et de la tradition prophétique. Au contraire, celle de Ramadan mentionne aussi les disciplines scientifiques. Elle est organisée par des cercles concentriques.

Selon cet auteur (11, pag. 109), "Les différents cercles représentent les différents degrés de proximité que ces diverses sciences peuvent avoir avec les sources scripturaires. Ainsi les sciences qui traditionnellement étaient dites «islamiques» sont naturellement sur le premier cercle; les sciences humaines où le marge d'interprétation, de subjectivité et d'orientation idéologique peuvent être considérables sont sur le second cercle (une certaine conception du monde peut influencer la pratique de ces sciences); les sciences exactes, ou dures, se trouvent sur le dernier cercle car leurs méthodologies sont effectivement totalement autonomes et sont liées au cadre imposé par l'objet d'étude. Le message universel et englobant de l'éthique islamique rayonne sur l'ensemble des sciences sans distinction en invitant à la cohérence morale, mais il ne confond pas cette dernière avec l'autonomie des méthodes scientifiques (en soi moralement neutres)."

Le rapport de subordination de la science à l'islam est donc évident: la science est autonome dans ses propres méthodes de connaissance, mais les connaissances produites sont soumises à l'étique islamique. Même si par différents degrés, on retrouve cette attitude chez les autres religions et idéologies. Typiquement, ces organismes aspirent au contrôle des sociétés et du savoir: on reconnaît une autonomie méthodologique aux sciences, mais on les subordonne du point de vue étique. Cela veut dire que les buts à atteindre seraient fixé par la religion, tandis que les méthodes seraient laissé à la science. Aussi les jugements de valeur, la définition de ce qui est bien ou mal, etc. dépendraient de l'éthique religieuse. Il n'y a pas de quoi s'étonner, nous pouvons tenir pour acquise la subordination de la science de la part des systèmes de pensée autoritaires, toutefois cela ne veut pas dire que cette position doit être acceptée! Dans beaucoup de sociétés, les religions et les idéologies s'activent pour obtenir que leurs points de vue soient traduits en lois, mais souvent ce est contrecarré par la société civile (associations, mouvements, partis, gouvernement, etc.) et les lois reflètent points de vue beaucoup différents, comme par exemple celles qui admettent le divorce et l'avortement.

L'avoir accepté l'autonomie méthodologique des sciences est déjà un pas en avant. Toutefois, il faut voir si cette acceptation se traduit dans la pratique ou si elle ne reste pas une simple déclaration de principe, alors que dans la pratique on continue à nier l'évolution des êtres vivants, soutenir que la Terre soit plate et que le Soleil lui tourne autour, nier les théories scientifiques sur la formation de l'Univers et soutenir sa création en 6 jours par Dieu, etc.

Le cadre du savoir de ceux qui disposent de la pensée libre réfléchit son intime incertitude métaphysique. Ce cadre du savoir manque d'un principe unificateur. Par conséquent, chaque discipline a ses propres méthodes, son autonomie et toutes vivent dans un contexte pluraliste, publique et ouvert, dans une confrontation continue avec la société, les experts et avec une opinion publique attentive au fait que les différentes disciplines gardent des correctes relations entre elles.

Le rapport éthique des sociétés occidentales aux problèmes posés par la science n'est pas réglé par le clergé; mais par des comités éthiques où sont représentés les différents points de vue, séculiers et religieux. Le rapport étique des individus à la science se fait par leur jugement libre, qui comprend aussi leurs personnelles convictions et valeurs. Nous souhaitons que cela soit fait dans le cadre d'un "pluralisme individuel", en examinant chaque problème par des différents points de vue.  Nous verrons cela plus en avant. Malgré les déclarations des religions de respecter l'autonomie de la science, elles continuent à essayer de la subordonner, de conditionner les lois de l'État et la vie des citoyens.

Une fois comprises les limites des cadres du savoir hiérarchisés et autoritaires, nous pouvons examiner un cadre dans lequel les diverses disciplines soient disposées "au pair". Comme premier pas dans l'acquisition de la nouvelle forme de pensée, esquissons donc nous aussi un cadre général du savoir humain, plus ou moins un mappemonde qui nous permette d'observer les différentes régions du savoir et d'y placer les informations que nous recueillons. Ce cadre est nécessaire pour organiser nos connaissances et pour savoir où reconduire les nouvelles qui nous arrivent sans qu'elles soient altérées en quelque sorte par le système lui même. Il nous sert aussi pour pouvoir observer la réalité par des différentes perspectives. En effet, chaque région correspond aussi à un point de vue différent par lequel observer la réalité. Par exemple: le point de vue psychologique et celui économique.

Comme nous l'avons vu, il faut toujours tenir compte qu'il existe une tendance de ces disciplines à empiéter sur le champ des autres dans la tentative de se proposer comme des explications universelles. Notre carte géographique sert aussi à définir le territoire de chaque discipline, pour avoir une idée des différents points de vue et pour contrecarrer leurs franchissement des frontières.

Un exemple d'empiétement est celui de la religion sur le domaine de la biologie quand elle soutient la création divine des organismes vivants, en nie l'évolution et voit dans les fossiles rien d'autre que des épreuves de création faites par Dieu. À ce propos, l'un de mes collègues ingénieur soutenait que depuis longtemps la philosophie aurait perdu toute importance, substituée en tout par les différentes disciplines scientifiques. Le même aurait été valable pour la religion, etc. En pratique, se sauvait seulement la science. Même si j'ai la plus grande appréciation pour la science, je n'ai jamais pu partager un pareil point de vue scientiste. Plus avant, nous verrons comment au contraire la philosophie ne soit pas du tout périmée. Chaque discipline du savoir a une façon particulière de voir les choses et il est justement en vertu de leur diversité que nous pouvons voir les objets de notre attention dans leur complexité.

Évidemment il ne suffit pas de savoir simplement quelles soient ces disciplines, mais il faut aussi connaître les fondements épistémologiques de chacune, c'est à dire comment elles soient nées et se soient développées, de quoi elles s'occupent, quelles méthodes de connaissance elles utilisent, etc. Dans certains cas, des descriptions fournies par des encyclopédies, des dictionnaires spécialisés, des textes d'introduction peuvent suffire. Dans ce cas aussi, comparez ce qui disent différentes sources. Un auteur est souvent partiel, donc la comparaison continuelle de ce qui disent des auteurs différents sur le même sujet est essentiel pour comprendre vraiment le problème.

Le but de cette analyse n'est pas de parvenir à un arrangement définitif des sciences. Il s'agit plutôt d'obtenir, comme l'on a dit, une base de départ pour tracer des liaisons entre les différents points de vue, pour effectuer des comparaisons qui nous permettent de sortir de l'organisation spécialiste ou idéologique de la connaissance.

En traçant ce cadre de la connaissance, pour les disciplines scientifiques j'ai adopté essentiellement le schéma de Rudolph Carnap, alors que pour celles non-scientifiques j'ai suivi un critère chronologique de leur apparition (figures 15, 16, 17, 18).

En réalité, le cadre que je propose n'est pas complètement impartial. Comme vous le verrez plus avant, je donne plus d'importance à la science, la philosophie et la littérature. Contrairement aux systèmes de pensée autoritaires, ces disciplines admettent le débat publique, sont libres et ouvertes. Ce ci est donc un choix précis qui va dans la direction de libérer la connaissance des conditionnements extérieurs. Ces trois disciplines ne doivent pas servir à hiérarchiser les autres, mais elles doivent être utilisées dans une façon laïque, en respectant l'autonomie de toutes.


SUBDIVISION DU SAVOIR
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RÉALITÉ ET CONNAISSANCE
Distinguons en premier la réalité des images qui nous en faisons d'elle et qui constituent précisément la connaissance. Distinguons aussi la connaissance des activités non cognitives.

SCIENCE ET NON-SCIENCE
Des méditations par les quelles l'homme dans le cours de l'histoire a cherché de comprendre le monde, sont nées de nombreuses descriptions. Nous pouvons partager l'ensemble de ces représentations, ou connaissance, en: mythes, religions, philosophies, idéologies, science moderne.

En tenant compte de l'importance de la science moderne, dans ce plan de la connaissance nous lui attribuons un espace important, même si pas exclusif. Partageons donc l'ensemble des descriptions du monde en science et ce qui n'est pas science (figure 15).

 

 

Typique de la science est de chercher dans la réalité des indices pour l'expliquer plus de ce que font les disciplines non-scientifiques. En effet, le mythe expliquait les différents phénomènes naturels et les événements historiques par des contes, la religion par les pouvoirs surnaturels des dieux, la philosophie par la raison. La science, au contraire, se base sur l'observation directe de la réalité, sur des expériences et elle cherche les causes naturelles (et non pas surnaturelles) pour expliquer ce qui se passe dans le monde qui nous entoure.

Nous pouvons décrire schématiquement la science comme une méthode de connaissance basée sur l'expérience et conduit par la raison. Pendant ces expériences, on élimine les facteurs qui brouillent le phénomène qu'on cherche de comprendre, on s'efforce de trouver les éventuels rapports de cause-effet et l'on mesure la dépendance de certaines grandeurs par d'autres. Dans la méthode scientifique, ont un rôle tant les activités pratiques que l'imagination (dans la formulation d'hypothèses à soumettre à des essais), que la mathématique (dans la mise au point de modèles quantitatifs). Une caractéristique importante de la méthode scientifique est son caractère publique, en vertu duquel chaque hypothèse ou théorie doit pouvoir être librement discutée.

Comment pouvons nous distinguer entre ce qui est scientifique et ce qui ne l'est pas? Pour pouvoir être considérée scientifique, une loi doit pouvoir être contrôlée aussi par d'autres savants. Elle doit donc être formulée dans une façon telle, qu'elle puisse être vérifiée par d'autres chercheurs, en reproduisant les mêmes conditions expérimentales de celui qui l'a énoncée en premier, ou même par moyen d'autres méthodes.

Le terme: "vérifiée" n'est toutefois pas le plus adapte. En effet, il est facile de trouver de confirmations à une affirmation, mais aucune d'elles peut la confirmer dans une façon définitive. Pour éclairer ce principe, Karl Popper fait un exemple: un savant qui voit dix cygnes blancs, pourrait se sentir autorisé à en conclure que tous les cygnes soient blancs. Toutefois, si même l'onzième cygne qu'il voit fut blanc, sa loi ne serait pas pour autant prouvée définitivement. Au contraire, si l'onzième cygne fut noir, sa loi serait falsifiée dans une façon conclusive et il devra reformuler sa loi tout en considérant aussi les cygnes noirs.

La falsifiabilité est actuellement considérée le critère de démarcation entre science et non-science, dans le sens qui sont considérées scientifiques seulement les affirmations qui peuvent être soumises a une expérimentation et qui soient formulées dans une façon telle à pouvoir être falsifiées.

La caractéristique des affirmations scientifiques est donc celle de pouvoir être falsifié par des nouvelles observations. Au contraire, des affirmations comme celles qui son faites souvent dans le domaine religieux, dans le paranormal, dans l'astrologie, dans la psychanalyse et dans d'autres domaines, ne sont pas falsifiables donc elles ne peuvent pas entrer dans le domaine de la science. Les affirmations qui ne se prêtent pas à être soumises à la méthode expérimentale se prêtent très bien à des discussions sans fin et à des manigances. Si vous voulez plus d'informations sur ce sujet, vous pouvez vous référer aux oeuvres de K. Popper.

 

 

Faisons donc entrer dans le groupe "non-scientifique" (figure 16) la magie (basée sur la croyance animiste que chaque chose soit douée par un esprit bon ou mauvais) et le paranormal (basé sur la croyance que l'homme possède des pouvoirs spéciaux qui en quelque sorte violent les lois physiques connues), le mythe (des contes plus ou moins fantastiques), la religion (croyance dans l'existence de dieux et de leurs influence sur le monde), l'art (interprétation subjective de la réalité), la philosophie (enquête rationnelle sur l'homme et sur la nature), enfin l'idéologie (système théorique pour le contrôle social) et la psychanalyse (des théories pour l'explication du comportement humain). Il y a beaucoup d'autres disciplines qui pour simplicité je n'ai pas pris en compte. Par exemple l'astrologie (basée sur la croyance de liaisons entre les astres, les événement terrestres et le destin des hommes) et l'alchimie (des pratiques entre le magique et le chimique pour obtenir certains buts.

La science compte à son intérieur de nombreux champs et disciplines (figure 17). Elles peuvent être partagées en formelles et réelles. La subdivision entre abstraites et empiriques est équivalente.

 

 

SCIENCES FORMELLES
Elles ont par objet certaines constructions de la pensée a l'intérieur des quelles est possible produire des affirmations que l'on peut démontrer sur la base des postulats et des règles conventionnelles que l'on s'est données. Des exemples sont la logique, la mathématique, la géométrie, les jeux.

SCIENCES REELLES
Contrairement aux précédentes, elles s'adressent à la réalité sensible. Elles produisent des affirmations qui peuvent être soumises à l'épreuve de l'expérience.

SCIENCES PHYSIQUES ET BIOLOGIQUES
Les sciences réelles se partagent en physiques, qui ont par objet la nature inanimée, et biologiques, qui étudient la nature vivante.

BIOLOGIE ET SCIENCES DU COMPORTEMENT
La biologie s'occupe des processus qui produisent la vie, de la description et de la classification des êtres vivants, de leur comportement, de leur évolution.

SCIENCES DU COMPORTEMENT
Ce secteur de la biologie peut être partagé en l'étude du comportement animal (éthologie) et du comportement humain (sciences de l'homme).

SCIENCES DE LA NATURE ET SCIENCES DE L'HOMME
Nous avons placé l'étude de l'agir humain dans la biologie, et cela est correct. Toutefois, souvent on néglige cette appartenance et l'on distingue entre les sciences de la nature (de la mathématique à l'éthologie) et sciences de l'homme (histoire, économie, art, ethnologie, etc.). Cette distinction se met à côté de la précédente. Toutefois, l'étude phylogénétique de notre espèce a des vastes superpositions avec les sciences naturelles. La subdivision entre les sciences de la nature et sciences de l'homme est souvent perçue comme quelque chose qui reflet la réalité, alors que elle n'est autre que le fruit de notre classification des disciplines de la connaissance. Dans cette façon, hélas, le monde animal est nettement distinct de celui humain, nos profonds liens avec le monde animal sont coupés et l'on finit par oublier que nous aussi sommes des animaux.

 

 

CULTURE HUMANISTE ET CULTURE SCIENTIFIQUE
Une autre profonde division qui traverse notre culture comme une faille géologique est celle entre la culture humaniste et la culture scientifique. Cette opposition aussi ne reflet rien de réel, mais seulement une caractéristique de notre système éducatif qui voit traditionnellement séparés les parcours scolaires de type humaniste de ceux de type technique et scientifique. À cause de l'enseignement par cloisons étanches et à cause de la division sociale du travail, qui voit les savants prisonniers de sa propre spécialisation, ces deux formations se gardent séparés, communiquent peu entre elles et souvent montrent des divergences d'opinions. À la fin, cette séparation apparaît comme une caractéristique de la réalité elle même, alors que une formation scolaire plus équilibrée permettrait de doubler ce problème. Dans notre démarche horizontale à la connaissance, cette division est totalement dépourvue de sens, toutefois, comme il s'agit d'une réalité sociale, nous devrons en tenir compte.

SCIENCES PURES ET APPLIQUÉES
Dans la figure 17, sont résumées les principales subdivisions de la science. Ces subdivisions sont extrêmement générales et, à son tour, chacune d'elles peut être répartie en une multiplicité de disciplines mineures, mais encore de vaste extension. Enfin, ces disciplines peuvent être pures ou appliquées, elles se rencontrent avec les techniques et les arts et donnent lieu aux activités productives.

À la fin de cette section, il est nécessaire se rappeler de l'existence de plusieurs "systèmes de connaissance" ou disciplines, chacun desquels a ses propres postulats et ses propres méthodes de travail. Ces systèmes produisent des connaissances et des affirmations souvent discordantes et qu'il faut apprendre à gérer.

LA LUTTE DES SAVOIRS
Par sa propre condition existentielle, l'homme possède certaines nécessités aux quelles il essaie de donner des réponses. Il ne s'agit pas seulement de nécessités matérielles comme se nourrir, garder la santé, survivre, mais aussi du besoin de comprendre le monde, de la cohérence de ces explications, de sûreté psychologique, etc. Chaque discipline que nous avons cité devrait s'occuper de son domaine de problèmes, mais, comme nous l'avons vu, il existe une leur tendance à déborder et à envahir le domaine des autres, pour se proposer comme la solution de chaque problème et pour satisfaire chaque nécessité humaine. De cette prétention de contrôler tous les aspects de la via humaine, prend origine le totalitarisme qui caractérise certaines organisations. La lutte pour le pouvoir parmi ces visions du monde continue encore aujourd'hui et l'on peut facilement la trouver aussi dans le jeu des informations qui nous arrivent. Ce sont surtout les religions et les idéologies qui se disputent le rôle de guide du comportement humain. Dans les sociétés les plus développées, la science et la philosophie ont des fonctions analogues, sans toutefois chercher de subordonner les hommes. Nous sommes retournés par une autre voie au thème du réductionnisme par lequel certains systèmes se proposent d'expliquer toutes chose et de contrôler les âmes.

En réalité, il ne faut pas penser que l'initiative soit seulement de ces systèmes, car souvent sont les hommes eux mêmes qui, face à la complexité de la réalité qui les entoure et à la difficulté de la comprendre, vont à la recherche de quelque chose qui leur donne toute une série de réponses. Ils ne se contentent pas seulement de quelque réponse, mais ils veulent savoir comment le monde entier est fait, pas seulement, mais cette image doit être aussi rassurante et cohérente, donc ils veulent des réponses amples et systématiques. Souvent est tout juste le monde qui cherche une religion ou une idéologie pour obtenir une explication cohérente de la réalité. Toutefois, les réponses complexes sont difficiles à comprendre et à gérer. Cela explique la fortune des formules simples, mais capables d'expliquer toutes choses.

Pas content des explications universelles, le monde veut aussi une sûreté, une tutelle. Alors ces systèmes, pour lier plus fortement ces naufrages à eux mêmes, leur offrent  une communauté dans laquelle trouver de l'amitié, de l'aide, sa propre identité et parfois aussi un travail. Il est clair que dans cette façon se forment des communautés fermées, séparées du reste de la société. Avec le temps, ces communautés risquent de s'affronter même avec violence, comme il est déjà arrivé dans le passé et comme il est en train de se passer encore aujourd'hui. Un des défis que nous devons vaincre est celui d'offrir des solutions différentes à ces nécessités. Il faut alors éviter que ces disciplines et systèmes se transforment en confréries.

Si le principaux systèmes de connaissance ne veulent pas se limiter à une catégorie de problèmes, mais veulent par contre s'occuper de toutes choses, le font dans la tentative de contrôler entièrement l'âme humaine et de se débarrasser des savoirs concurrents. Ils sont poussés par la volonté d'étendre son pouvoir et leurs actions ont donc une valeur politique. Ces savoirs n'acceptent donc pas d'être placés dans une manière ordonnés dans le cadre du savoir, n'acceptent pas d'être fermés dans une clôture, mais ils veulent contrôler l'univers entier. En effet, beaucoup de disciplines envahissent le domaine des autres et beaucoup de cadres de la connaissance sont fondés sur une discipline qui exerce une primauté sur les autres. Par contre, nous avons forcé chaque savoir dans un espace limité, celui qui correspond à sa propre compétence. Maintenant, nous devons tenir compte que ce qui nous avons fait est un important acte d'organisation du savoir, mais ces savoirs n'ont aucune intention de respecter les bornes qui nous leurs avons assigné, donc nous devrons lutter continuellement pour les y faire rester.

Le cadre de la connaissance est donc un instrument important pour nous bouger à l'intérieur du savoir et pour ordonner les connaissances. La description des subdivisions de la connaissance a été accomplie dans une façon extrêmement simplifiée. Il faut que chacun, dans une manière autonome, définît pour chaque discipline les origines historiques, l'objet au quel se tourne, les méthodes de connaissances qu'il emploie, la valeur de son étude pour nous. En pratique, les respectifs fondements épistémologiques. Cette opération doit être accomplie au moins pour les principales disciplines qui composent le cadre de la connaissance. Cette recherche, accomplie directement coûte un certain engagement, mais elle fournit des connaissances qui seront employées continuellement. On ne peut pas donner à cet égard plusieurs simples formules, mais il est nécessaire qu'elles soient le fruit d'un travail personnel.

Je termine en répétant l'importance de considérer l'existence d'une multiplicité de disciplines du savoir, chacune desquelles capable de porter des contributions de son point de vue, aucune desquelles capable d'épuiser l'essence d'un objet, aucune desquelles est en principe autorisée à se donner une fonction hiérarchisante. On commence à entrevoir l'importance de l'observation des choses à partir d'une pluralité de points de vue, mais je développerais mieux ce sujet plus avant.

Les militants d'un système fermé prennent les informations de part comme vraie et les placent sur un cadre hiérarchisé, pendant qu'ils écartent celle qui arrivent de sources non reconnues. Après, ils utilisent les informations "vraie" dans une façon partisane, dans une vision du monde manichéenne: nous / eux. De cette vision du monde, font partie les théories du complot évidemment ourdies par les adversaires (ex: la CIA et le Mossad) et des préjuges (ex: antiaméricanisme, antisémitisme, etc.).

À cette attitude, nous opposons celui de qui prend en compte les informations qui arrivent de perspectives différentes et les soumet à un examen critique qui considère aussi la source. Après, le sujet utilise les informations dans le cadre d'une vision du monde pluraliste et pour des buts qu'il aura choisi librement et non pas à l'avantage d'un système de pensée autoritaire. Normalement, théories du complot et préjuges peuvent être neutralisés par un examen scientifique et critique.


DU SIMPLE AU COMPLEXE
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La mathématique est utilisée pour décrire les phénomènes naturels, mais elle ne dépend pas des facteurs physiques. Les lois physiques sont à la base de la chimie, mais ces lois ne sont pas influencées par la chimie. La biologie est le produit de lois physiques et chimiques, mais les lois physiques et chimiques ne sont pas influencées par la biologie. À son tour, la psychologie peut trouver dans la biologie d'importantes explications, mais la biologie ne dépend pas directement de facteurs biologiques. Comme on le voit, il y a une direction précise de la causalité, qui va du simple au complexe, c'est à dire des niveaux fondamentaux à ceux dérivés dans cet ordre: mathématique → physique → chimie → biologie → psychologie → sociologie → histoire. Par conséquence, sur le plan des connaissances, il y a des matières qui précèdent des autres. Avec ce critère, ont été ordonnées les sciences dans le schéma décrit dans la figure 17. Ce critère indique une direction précise dans l'organisation de la nature en une hiérarchie de systèmes.


LES PLANS DE LA RÉALITÉ
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Les êtres vivants ont un comportement qui l'on ne peut pas l'expliquer entièrement par la mathématique, la physique, la chimie dont les lois ils sont le produit. Le cerveau humain est formé par des neurones, mais son produit ne sont pas d'autres neurones, c'est la pensée: quelque chose de complètement différent.

Pour analyser ce type de problèmes, on use souvent les termes de système et de élément. Un atome est un système dont les éléments sont les protons, les neutrons et les électrons. Une molécule est un système dont les éléments sont les atomes. Une cellule est un système dont les éléments sont les molécules, et ainsi de suite selon un processus dans lequel les systèmes précédents deviennent les éléments du système successif. Dans cette façon, il se forme une hiérarchie de systèmes qui nous amène vers des dégrées d'organisation toujours plus importants.

Toutefois, ce qu'il arrive lorsque on passe des éléments au système, est l'apparition de phénomènes et de propriétés nouvelles et absentes dans les éléments. Par sa formation, le système conquête des qualités nouvelles et un degré d'autonomie par rapport aux éléments qui le constituent. Par exemple, une cellule est composée par des millions de molécules, mais la vie dont cette cellule est caractérisée n'est pas présente en aucune manière dans les molécules individuelles qui la composent. La vie est donc un produit nouveau et original de l'organisation du système.

On peut bien dire que la cellule, comme système, a conquis des propriétés qui ne sont pas présentes dans les éléments dont elle est composée et elle a aussi conquis un dégrée d'autonomie envers eux. L'observation des protozoaires au microscope éclaircit ce concept. Lorsque vous voyez un protozoaire qui nage vite, s'arrête pour rouler autour des détritus, après il revient en arrière, a une réaction de fuite vis à vis d'un organisme plus grand, vous voyez quelque chose de plus d'un amas de molécules inertes qui suit le courant; vous notez un comportement, une sensibilité, des préférences, des propriétés qui n'ont rien à voir avec les molécules individuelles dont ce micro-organisme est formé.

Les fonctions du cerveau sont le produit de l'organisation de milliards de neurones, aucun desquels, pris individuellement, dispose de la pensée et de la conscience. En effet, chaque neurone se limite à recevoir et à envoyer des impulsions électriques. Encore une fois, en passant des éléments au système, donc des neurones au cerveau, apparaît quelque chose de nouveau, dans ce cas la pensée, les émotions, la conscience.

Ici, nous sommes vis à vis de quelque chose de stupéfiant. On dirait que l'organisation des éléments en un système provoque l'apparaître de nouvelles qualités comme pour un acte authentiquement créatif. Quelques-uns pourraient voir en cela la main créatrice de Dieu, par contre d'autres pourraient y voir une stupéfiante propriété auto-organisatrice de la matière, capable de faire naître la vie et l'esprit. Dans tous les cas, par cette voie apparaissent des authentiques plans de la réalité qui avant n'existaient pas: la vie, la pensée, la conscience et beaucoup d'autres.

En passant du simple au complexe, des particules élémentaires nous passons aux atomes, des atomes aux molécules, des molécules aux cellules, des cellules aux tissus, des tissus aux organes, des organes aux fonctions. À la fin, la pensée humaine, même si c'est le produit de systèmes qui respectent les lois mathématiques, physiques, chimiques, etc. n'est pas entièrement reconductible à ces facteurs, mais elle possède une propre autonomie. Lorsque Aristarque, contre toute évidence, conçut l'idée que le Soleil fût immobile, que la Terre lui tournait autour en parcourant une orbite circulaire et que la Terre tournait autour de son axe en déterminant ainsi le jour et la nuit, montra d'avoir vraiment une grande autonomie par rapport aux facteurs biologiques qui également lui rendaient la vie et la pensée possible. Non seulement, mais il démontra aussi de savoir aller au delà des simples apparences pour saisir la structure de l'environnement dans lequel il vivait. Par la pensée, le cerveau humain donne la preuve d'une autonomie et créativité qui inutilement on pourrait chercher dans chaque neurone ou pire encore dans les molécule qui le composent. Donc, l'apparition de fonctions nouvelles coupe, au moins en partie, le lien causal entre les éléments et le système.

En s'organisant selon une hiérarchie de systèmes, la matière a donc conquis la vie, les perceptions, la pensée, les émotions et la conscience. Il s'agit de degrés d'autonomie, des authentiques dimensions du réel qui avant n'existaient pas. C'est en cette façon qui se sont déterminés les différents plans de la réalité. Le plan de la conscience est l'un des plus complexes.

Émile Boutroux et Nicolai Hartmann sont parmi les premiers à soutenir l'apparition d'ordres distincts de phénomènes en passant d'une couche de la réalité à l'autre. Ils ont aussi soutenu l'autonomie des systèmes par rapport aux éléments sur lesquels également ils se basent et, par cela, la perte de la continuité du principe de causalité. D'autre part, c'est ce processus qui a permis aux différentes formes vivantes de s'affranchir toujours plus des lois physiques, tout en les respectant. Un poisson est capable de nager contre courant et aussi de remonter des cascades, alors qu'un bâton en est pas capable et suit passivement le courant.

Chaque matière tels que la mathématique, la physique, la chimie, la biologie, la psychologie, la sociologie et l'histoire représentent donc l'étude de plans de la réalité différents entre eux et largement irréductibles les uns aux autres et à des principes exterieurs.

L'acte d'expliquer un système à partir de ses éléments, ou d'expliquer un phénomène par une discipline "précédente", est appelé réductionnisme. Le réductionnisme peut être un moment de l'analyse et de l'enquête scientifique à la quelle doit toutefois suivre l'analyse du phénomène accomplie sur son même plan. Par exemple, la pensée d'une personne est en grande partie influencée par la pensée des autres hommes. Pour l'étudier, est donc nécessaire se placer sur le plan de la pensée (littérature, philosophie, etc.). Si au contraire on s'arrête sur le plan des neurones, on ne comprendra jamais rien sur la pensée.

On ne peut pas expliquer la naissance d'une idée à partir de la structure des neurones, encore moins on peut le faire à partir de l'analyse des atomes qui composent les molécules de ces neurones. On la comprendra mieux en examinant les idées avec les quelles le sujet est venu en contact, donc en se plaçant sur le plan du système examiné. Il est vrai que l'étude des neurones et des neurotrasmetteurs peut nous dire quelque chose, mais il ne peut pas expliquer entièrement la pensée. Cette analyse doit donc être accomplie sur le plan des idées, en effet, les expériences, la mémoire, la culture, les idéologies ont une influence déterminante sur le comportement des individus, alors que les facteurs biologiques se limitent à créer et à garantir l'existence de la pensée.

Chaque système produit une forme d'autonomie. Toutefois, il existe une forme de réductionnisme qui n'est pas provisoire et qui nous pourrons l'appeler acritique ou fort. Le réductionnisme fort nie l'autonomie des systèmes et affirme le complet déterminisme vers le bas. Donc, dans cette vision mécaniciste, lorsque est pris en considération un système, on tient pour acquis sa complète dépendance causale de ses propres éléments. Selon ce point de vue, chaque événement qui se produit en un système peut être entièrement expliqué sur la base des propriétés des éléments qui le composent et il n'y auraient pas des comportements nouveaux du système qui n'appartiennent pas en quelque sorte aux éléments. Il n'est pas rare de trouver des spécialistes qui tombent dans cet terrible erreur, convaincus que leur discipline soit en gré d'expliquer n'importe quoi. L'analyse réductionniste doit donc aller de pair avec celle faite sur le plan du système.

Bien qu'il puisse paraître étrange, le réductionnisme est très répandu, même s'il est destiné à une fondamentale et systématique incompréhension de ce qui veut expliquer. Le réductionnisme acritique est en quelque sorte inhérent à l'organisation verticale et spécialiste du savoir. L'idéologie aussi accomplit l'erreur de réductionnisme.

À l'analyse spécialiste et idéologique on peut opposer une observation des choses par une pluralité de points de vue disciplinaires, selon les différents plans de la réalité. Ceci signifie d'examiner une chose sous le profil mathématique, physique, chimique, biologique, ..., historique, artistique, philosophique, etc. Le choix des niveaux de la réalité par lesquels effectuer ces analyses dépend de l'extension dimensionnelle de l'objet à examiner. Par exemple un cailloux n'a pas le niveau psychologique et beaucoup d'autres.

À la fin de cette section, où nous avons vu comment chaque plan de la réalité, même s'il interagit avec les autres, possède une propre autonomie, encore une fois devient évident comment la prétention des idéologies d'expliquer toutes choses sur la base d'un seul principe soit destinée à la faillite. Les clefs d'explication universelles sont simplement impossibles et elles portent ceux qui les usent à une systématique mécompréhension de la réalité. Au contraire, la pensée doit être assez flexible pour accueillir sans résistances les objets de son attention en s'adaptant à leur nature.

Reconnaître le caractère multidimensionnel de la nature et l'essentielle autonomie de chaque niveau, est donc important pas seulement pour la recherche des causes, mais aussi et je dirais surtout pour acquérir une façon de penser non plus réductionniste. En effet, cette position nous fait comprendre le fondamental erreur du réductionnisme, nous oriente vers la reconstruction de l'objet analysé de telle sorte qu'elle en respecte sa fondamentale autonomie et intégralité. La compréhension de l'intime pluralité des plans dans les quels s'articule la nature devrait nous mettre à l'abri des explications qui prétendent de fermer l'univers dans un verre et devrait nous orienter vers une façon de penser, comme on l'a dit, pluraliste, consciente de la pluralité des causes, des plans de la réalité et des points de vue.


INTERDISCIPLINARITÉ
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Par définition, un spécialiste travaille à l'intérieur d'une certaine discipline. Lorsque il étudie un objet, le fait d'un seul point de vue qui est celui disciplinaire. Mais, comme nous l'avons vu, chaque objet représente la synthèse de nombreuses composantes naturelles et en plus il atteint une propre autonomie. L'examen mono-disciplinaire réduit l'objet de son étude à une seule composante, en nie l'autonomie et surestime le pouvoir explicatif de ses principes. Le réductionnisme constitue un acte de subordination de l'objet à la discipline qui l'étudie, un vrai et propre acte politique. Qui veut obtenir une connaissance plus authentique doit au contraire s'efforcer de récupérer la pluralité des points de vue, l'intégralité de chaque objet et son autonomie.

L'école tende à faire de nous des spécialistes et ceci est fait sans nous fournir les connaissances horizontales qui nous permettraient de relier notre spécialisation aux autres disciplines, de joindre les différents savoirs les uns aux autres et de connecter entre eux les différents aspects de la réalité. À cause de ce contexte, il s'est établie une schizophrénie intellectuelle en base à la quelle l'homme contemporain s'est habitué à considérer les différentes disciplines comme des mondes distincts, isolés les uns des autres, si bien qu'il n'envisage même pas de s'interroger sur la  possibilité d'établir des relations entre ces "bulles".

Les disciplines appliquées on pour objet un problème à résoudre ou un produit à fabriquer et à ce but elles font converger des spécialisations lointaines les unes des autres. L'architecture, la cybernétique et les biotechnologies sont des exemples de disciplines appliquées et souvent elles mobilisent plusieurs disciplines. Dans le monde de la production, ceux qui sont chargés de la convergence des disciplines sont appelés intégrateurs.

Dans le domaine de la recherche scientifique, certains problèmes sont beaucoup complexes et pour leur étude est nécessaire prendre en compte des facteurs de nature différente. Ceci est le cas des études sur le climat de la Terre. Pour prévoir le cours du climat dans le futur, il faut s'occuper aussi du passé avec de nombreuses disciplines parmi lesquelles: l'astronomie, la géophysique, la géologie, la glaciologie, la paléontologie, la paléobotanique. Une connaissance qui tend à l'intégralité amène à un différent rapport avec la réalité: de l'ancienne correspondance entre domaines disciplinaires et domaines réels, à une distribution horizontale, à couches, des disciplines sur la réalité. En somme, une assiette de crêpes!

Normalement, les analyses réductionnistes avancent dans le sens vertical et creusent en profondeur. Essayons par contre d'avancer dans le sens horizontal, un peu comme les anciens explorateurs et navigateurs. Ceci est juste ce que nous ferons et il ne sera pas un voyage banal. La marche horizontale est beaucoup féconde: prouvez a confronter l'idée de l'homme que l'on obtient par l'étude de la seule anatomie avec celui qui l'on obtient par l'étude de l'ensemble de l'anatomie, l'anthropologie, la philosophie, l'histoire, la sociologie, la politique, la psychologie, la littérature, etc. Mais l'home n'est que un parmi les innombrables thèmes possibles de cette démarche horizontale car il peut l'être aussi chaque objet qui nous entoure.


LE DIAGRAMME DES CONNAISSANCES INDIVIDUELLES
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Qu'est-ce que une connaissance horizontale? Pendant que une connaissance spécialiste se réfère à un domaine restreint du savoir et se développe en profondeurs (direction verticale), une connaissance horizontale se développe peu en profondeurs, mais s'étend pour un vaste domaine du savoir. La direction horizontale est aussi celle des relations entre un argument et un autre.

Pour savoir quel type de connaissance nous avons, nous pouvons examiner la distribution des nos connaissances. À ce but, tracez un diagramme: en horizontale mettez les arguments, en verticale la quantité de connaissances dont vous disposez Dans la figure 20-A, les arguments suivent la succession déjà décrite au sujet de la subdivision du savoir. Le niveau d'approfondissement est divisé en trois marches: 1° connaissances introductives (quelques centaines de pages), 2° connaissances de base (quelques milliers de pages), 3° connaissances spécialistes (en voie de principe, tout ce qu'on connaît au monde sur un certain argument).

 

 

Essayez maintenant de tracer sur ce diagramme la distribution de vos connaissances. Par une colonne plus ou moins haute et pour chaque matière, indiquez le niveau des connaissance que vous en avez. Très vraisemblablement, vous obtiendrez une distribution semblable à celle de la figure 20-B.

Ce diagramme montre une distribution plutôt irrégulière de nos connaissances, représentée par des colonnes d'hauteur différente. Ces colonnes sont disposées en correspondance de matières scolaires, quelque chose au regard de la religion ou idéologie; un pic un peu plus haut en relation de notre métier, un autre pour notre passe-temps, des gouffres pour tout le reste. Ce qui est caractéristique de cette distribution des connaissance c'est l'existence de vastes espaces vides parmi les colonnes, qui indiquent le manque de liaisons entre les connaissances.

Amusant, n'est ce pas? Malheureusement, pas autant réconfortant! Le diagramme de la figure 20-B est le portrait d'une organisation spécialiste des connaissances, le fruit d'une gestion au niveau social du savoir, où chaque individu dispose d'un fragment de connaissance qui est après recomposé au niveau de système. Le manque de la part de l'individu des informations de liaison entre les différentes "colonnes" rend difficile, voir impossible, mettre en relation un savoir avec un autre et surtout en saisir le sens, le gardent dans des conditions d'incertitude, de mineure conscience et d'être plus aisément influencé. Au contraire, avoir une distribution plus continue des connaissance lui permettraient de sortir du ghetto de la spécialisation, de récupérer les capacités de relier les connaissances entre elles et d'obtenir une perception plus globale de la situation et de son propre rôle. Un homme libre devrait savoir recomposer en soi même le sens de ses connaissances et actions. Pour atteindre ce but, il faut modifier la distribution des connaissances dans le diagramme.


RÉÉQUILIBRE DES CONNAISSANCES
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Parmi les conséquences négatives de l'organisation systématique, spécialiste et idéologique de la connaissance, il y a l'étroitesse d'esprit, la difficulté à comprendre le sens des choses et de se propres actions. En effet, celui qui se limite à faire son travail sans s'intéresser à ce qui est au dehors de son domaine, peut ne savoir même pas par qui le produit de ses activités sera utilisé, ni en avoir une idée de son utilité sociale, ni des conséquences écologiques et il vivra en marge des choses. Pour dépasser la division spécialiste du savoir, il faut jeter des ponts entre les différentes disciplines, en étudiant les matières intermédiaires.

Par exemple, au égard de la religion, on obtiendrait une plus importante capacité d'analyse si l'on sort de sa propre doctrine, en étudiant les religions du passé et celles des populations primitives. On se rendrait mieux compte aussi de la signification des animismes, de la magie, du polythéisme et des cultes liés à la fertilité. Au lieu de considérer "païens" les disciples d'autres croyances, on percevrait une unité de parcours et de questions, dont les réponses sont liées aux conditions de vie des peuples et à leurs anciennes traditions.

Malheureusement, être d'accord sur le point de vue horizontal ne signifie pas l'avoir atteint. Il faut remplir ces vides qui s'étendent entre les pics de notre diagramme. Nous devons monter à dos d'un chameau et nous aventurer dans ces espaces déserts. Il est juste une distribution continue des connaissances qui nous permet de tracer des relations entre chaque partie et les autres et qui nous rend possible l'examen multidimensionnel des choses. Ceci pourrait être fait dans une manière autant plus efficace que plus étendues seront nos connaissances et que plus élevé sera leur niveau général.

Dans ce diagramme on ne peut pas déplacer les colonnes ici ou là, on peut seulement lui ajouter quelque chose et avec de la fatigue. Le modèle idéal serait d'obtenir une connaissance de niveau introductif sur toute l'extension horizontale du diagramme, c'est à dire sur toutes les disciplines. Il serait en outre nécessaire de replacer la colonne idéologie avec l'histoire de la philosophie, ce qui correspond à observer le panorama historique des systèmes de pensée de l'homme. L'histoire de la philosophie représente vraisemblablement le meilleur exemple de culture comparative (nous verrons ça plus en avant). De cette discipline il faudrait atteindre une connaissance de base. Encore une connaissance de base devrait exister en correspondance de sa propre profession. Le même peut être fait vis-à-vis d'un argument de libre choix. La figure 20-C montre ce schéma idéal.

En observant ce diagramme, on pourrait penser que les activités de recherche demandent un petit effort car elles occupent une petite surface (ligne pointillée). En réalité, ce diagramme a l'axe vertical en échelle logarithmique. Donc, en simplifiant nous pouvons considérer presque équivalent l'effort pour obtenir une connaissance introductive sur tout l'arc des disciplines, ou de base sur un seul argument, ou spécialisée sur un domaine limité, ou encore fruit d'une campagne de recherche. Ceci en tenant compte de l'age et des capacités au fur et à mesure grandissantes du sujet.

Chacun devrait donc étudier au moins à un niveau introductif les matières nécessaires a combler les vides entre les différentes disciplines. Les arguments devraient être au moins les suivants: astronomie-géologie, géographie, biologie, histoire, histoire de la philosophie, histoire de l'art et de l'architecture, psychologie, sociologie, politique, religion et littérature. L'histoire de la philosophie est très indiquée pour ce voyage horizontal car elle prend en examen une grande variété de modèles de pensée. Ceux qui pour manque de temps ou pour d'autres raisons ne peuvent pas s'engager à étudier tous les arguments cités, peuvent se limiter à un texte de cette matière (1 et 2). Le texte à choisir doit parler des différentes écoles et auteurs, il ne doit pas être organisés par arguments (comme on fait couramment en France). Puisque les textes des écoles secondaire du deuxième cycle s'intéressent de la pensée occidentale, il faut aussi lire un texte sur les philosophies-religions orientales (p ex: 3). Pendant ce parcours horizontal il faut extraire le profil épistémologique de chaque discipline (histoire, objet, méthodes de connaissance).

Heureusement, dans beaucoup de cas ces matières ont déjà étés étudiées à l'école. On ne peut pas dire combien il faut apprendre pour combler une lacune. Chacun peur atteindre le niveau qu'il préfère. Dans tous les cas, la capacité d'observation horizontale dépend de la quantité de connaissances que l'on possède. En général, des textes utilisés dans les écoles secondaire du deuxième cycle sont adaptes. Pour un étude plus efficace et systématique de ces matières, il est utile de se faire suivre par un professeur, au moyen de leçons particulières.

L'avantage de disposer d'une connaissance horizontale réside dans la capacité de tracer des liaisons entre des domaines différentes. Par exemple, notre comportement vis-à-vis d'une stimulation donnée ou d'une certaine situation peut être expliqué par la psychologie, mais si nous utilisons aussi l'étude de notre passé évolutif, nous pouvons obtenir des indications que la psychologie toute seule n'est pas capable de nous offrir. Aussi l'examen historique de certaines technologies que nous utilisons aujourd'hui (archéologie) nous fournit des précieuses indications en ajoutant des profondeurs insoupçonnées à notre agir quotidien. Par exemple, si lorsque nous écrivons, nous nous rappelons le long processus de l'invention de l'écriture, l'évolution des supports utilisés et à l'évolution des symboles, notre écrire gagnera une profondeur qui avant n'avait pas. Si, lorsque nous écrivons, nous nous rappelons que la A dérive du dessin de la tête d'un boeuf, la B de celui du plan d'une maison, la M de celui de l'eau, la N de celui d'un serpent, etc. notre acte d'écrire perderait en banalité et il regagnerait en peu de l'ancienne magie. Si, lorsque nous utilisons un briquet à gaz, nous pensons aux méthodes que les hommes primitifs usaient pour allumer le feu, nous nous renderons compte de la commodité de cet outil si banal, des adresses que nos prédécesseurs devaient avoir pour survivre dans les temps reculés, de combien d'efforts soit coûté à l'humanité la conquête de cet instrument, mais aussi de combien nous sommes en train de perdre nos habiletés manuelles à cause du recours à des outils déjà prêts et faciles à user. À ce point, on comprend aussi que plus profonde est notre connaissance de l'histoire de ces inventions plus grande est aussi la profondeur que notre agir actuel gagne.

La connaissance, même introductive des principales disciplines du savoir nous offre donc la capacité de tracer des importantes relations entre domaines différentes du notre agir, l'enrichissent de significations et il lui donnent profondeur. Surtout, elle nous ouvre l'esprit et elle nous montrent de vastes horizons. Un autre but de ce chapitre était celui de montrer la pluralité des plans du réel et la multiplicité des points de vue des quels il peut être observé. Il était celui de rendre plus évidente l'impossibilité d'expliquer chaque chose par un unique principe, comme il le prétendent les idéologies et souvent des religions aussi. Ceci aussi est un pas pour aider tant d'âmes à s'échapper des labyrinthes dans lesquels elles sont renfermées.


LA GESTION DES CONNAISSANCES
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De l'age de Gutemberg à aujourd'hui, la quantité d'informations produites est crue exponentiellement. À nos jours, les moyens de communications nous procurent des grandes quantités d'informations. Ceux qui vont à la recherche d'informations spécifiques et vont dans une bibliothèque ou dans une librairies sont ensevelis par les livres, pour ne pas parler de ce qui peut arriver à ceux qui s'adressent à des banques de donnés ou naviguent sur les cyberflots.

Ces nouvelles proviennent de domaines différentes, comme celui politique, religieux, scientifique, artistique, commercial et souvent  sont en contradiction entre elles et se trouvent dans un état incohérent, dans lequel chaque nouvelle vit par son propre compte, séparée de toutes les autres. Beaucoup de jeunes gens, qui passent la plus part de leur temps libre devant la télévision et sans contacts avec des adultes, manquent de tout points de repère et leur culture est formée par des programmes de distraction, images, spots publicitaires, films. Une montagne d'informations, mais aucune culture, une décharge de nouvelles qui se trouvent en vrac, sans rien qui soit capable de les relier les unes aux autres, aucun instrument pour mettre ordre à ce chaos.

Cette situation produit un malaise psychologique qui à long terme est difficile à supporter. Malheureusement, ceux qui essaient d'utiliser les connaissances et les informations dont il dispose pour bâtir un modèle cohérent de la réalité, se trouve aux prises avec des nouvelles contradictoires, sans liens entre elles. Donc, la tentative de joindre les pièces de ce grand puzzle souvent aboutit à une faillite qui peut avoir comme conséquences un sentiment de frustration, anxiété et désorientation.

Comme nous l'avons vu, il existent aussi des interprétations déjà prêtes, capables de rendre compte de l'univers entier et bien sur de mettre aussi en ordre toutes les informations. Voilà qui retournent ces systèmes de pensée dont nous avons parlé. Ces savoirs ne se limitent pas à rendre compte de la réalité, mais se proposent aussi comme la solution de tous nos problèmes. Donc, ils ne satisferont pas seulement le besoin d'ordonner nos connaissances dans un cadre unitaire, mais ils nous parleront aussi de l'au delà, de ce qui est bien ou mal, des buts de la vie, nous réconforterons lorsque nous aurons peur, etc. Ces systèmes tout prêts sont à la incessante recherche de proies, alors que ceux qui n'ont pas réussi à se créer une image du monde cohérente, sentent fort le besoin d'une tutelle psychologique, d'une guide. Ces deux sujets sont vraiment faits l'un pour l'autre et souvent se lient dans une étroite relation.

Tout irait pour le mieux s'il n'était que en mettant ordre dans les têtes ces savoirs ne fassent aussi passer leur vision du monde. Ils ne sont pas du tout à fait neutre, mais ils nous rendent prisonniers, ils nous parasitent. Leur proies sont normalement transformées en des militants et elles sont mobilisées à propager l'infection.

Pour éviter les inconvénients de l'organisation idéologique des connaissances, on pourrait se référer à la science, qui au moins est plus adhérente à la réalité. La science est un un moyen de connaissance qui étudie la nature par la méthode expérimentale. La méthode expérimentale consiste dans l'étude des causes des événements en les reproduisant en laboratoire ou en isolant les facteurs. Alors que les premiers grecs expliquaient les événements par l'intervention des dieux, leur descendants fondèrent la science comme un procédé qui qui cherche d'expliquer la nature par des facteurs naturels et par la raison. Ceci eut l'importante fonction de marginaliser le surnaturel de la physique, mais il confina la science dans la nature. Comme conséquence, la science ne peut pas étudier l'au delà, du moment que par définition il est au dehors de la nature et il n'est pas possible de l'atteindre ni par les sens, ni par les instruments. Pour des raisons semblables, la science n'est pas beaucoup compétente aussi dans les domaines de la subjectivité humaine (l'art) et de la morale. Donc, aussi les émotions, les sentiments, l'art, le goût, le jugement des choses et l'étique se soustraient à la science. Par conséquence, ceux qui se confient à la science n'auront pas de réponses au égard d'un important secteur de problèmes.

Cette situation n'est pas échappée aux religieux lesquels ont revendiqué une complémentarité entre science et religion. En effet, si nous considérons la science très efficace dans la description de comment les chose sont et de comment il faut faire pour intervenir sur la nature pour obtenir certains résultats (Comment Faire), la religion revendique sa capacité d'intervenir justement dans les domaines où la science se déclare incompétente, donc dans la définition des fins de l'existence humaine, qu'est ce qu'il est le bien ou le mal, comment se gagner le Paradis, comment se conduire dans la vie de tous les jours, etc. (Quoi faire). La religion veut aussi juger la valeur des choses pour l'homme, intervenir dans le jugement artistique, etc. Tout ce qu'on a dit ici a propos de la religion est valable aussi pour l'idéologie qui est en compétition avec la religion pour diriger la vie des hommes.

À ce point, la répartition des taches devrait être claire: la religion s'occupe des fins, la science des moyens; la religion fait le chevalier et la science fait le cheval. Un arrangement parfait... Par malheur le cheval ne se laisse pas domestiquer! En effet, dans cette façon, la religion subordonnerait la science à elle même et elle s'approprierait de son prestige. Le pouvoir de la religion augmenterait énormément et rien ne pourrait plus entraver son projet de guider l'humanité entière. Malheureusement pour la religion, ici beaucoup de monde n'est pas d'accord et il ne s'agit pas seulement des savants. Ne sont pas d'accord tout ceux qui tiennent beaucoup à leur liberté intellectuelle et politique. Dans les sociétés ouvertes, n'est pas d'accord la large majorité de la population.

La religion chrétienne opère à l'intérieur de sociétés pluralistes et elle ne peut donc pas tout simplement subordonner la science. En effet, dans les sociétés où il existe une pluralité de points de vue, à chacun d'eux, donc aussi à la science, est reconnue une leur propre autonomie. Chacun de ces sujets essaie d'obtenir la plus importante suite que possible, essaie d'influencer les comportements des hommes et les lois de l'État, en opérant à l'intérieur d'un vaste débat. Toutefois, tant que la société restera pluraliste la subordination de la science à la foi sera difficile à obtenir et seulement peu de monde y croira. Les citoyens des sociétés ouvertes se son libérés de la tutelle des religion et des idéologies et pour faire face aux problèmes que la science ne peut pas affronter, ils s'en remettent à la philosophie, à la littérature (au sens large du mot: du théâtre, au cinéma, au roman, aux essais, aux beaux arts, etc.). Se remettent aussi à la connaissance de soi même, à sa propre expérience, à l'exemple des autres, au débat publique sur les problèmes. Le pluralisme, les institutions démocratiques, la laïcité sont donc un environnement adapte pour la pensée libre.

Chez d'autres sociétés, les choses vont différemment et la religion ou l'idéologie ont subordonné la science et souvent aussi la philosophie et tous les systèmes de pensée concurrents. Il y a aussi des religieux qui veulent réviser les relations entre science et religion même dans la très laïque Europe et dans les USA, où l'on a essayé encore de faire entrer le créationnisme dans les écoles. De leur côté, certaines autorités islamiques ont soutenu que les sociétés occidentales seraient dépourvues de spiritualité, proie du matérialisme scientifique et elles devraient être soumises à la guide morale de leur religion. D'autres ont argumenté la nécessité d'islamiser la science et plus en général la connaissance entière. http://web.mit.edu/mitmsa/www/NewSite/libstuff/nasr/nasrspeech1.html

Dans cette section, nous avons défendu la nécessité de ranger les informations selon une méthode le plus que possible libre de conditionnements. Ceci peut être fait en les ramenant aux disciplines des quelle elles proviennent. Par exemple, s'il s'agit d'une nouvelle née dans le domaine artistique, on ne doit pas la ramener à une discipline différente comme par exemple celle économique, mais elle doit être gardée dans le système artistique et il faut ranger les nouvelles comme il est suggéré par l'organisation disciplinaire de ce système. Donc, au moment de leur récolte, les information doivent être rangées dans une façon ordonnée, sans entrer dans le mérite juste comme il le ferait un bibliothécaire. Seulement dans un moment successif elles peuvent être jugées et c'est à ce moment qu'on tiendra compte aussi de la position idéologique de l'auteur. En conclusion, il ne suffit pas avoir des connaissances, il faut aussi savoir les organiser sinon d'autres les organiseront à notre place!

Dans les prochaines sections nous aborderons le problème de l'évaluation des informations, de leur jugement, celui de leur choix et finalement celui de leur organisation dans un système comparatif. Nous faisons tout cela dans la conscience que beaucoup de savoirs revendiquent leur compétence à gérer la vie des hommes et cela à cause de leur totalitarisme inné.


L'ÉVALUATION DES CONNAISSANCES
TDM

Une première et grossière évaluation des connaissances est faite dès le premier contact. Dans ce moment, nous écartons celles insignifiantes et celles clairement fausses. Nous avons récolté les connaissances qui méritent de l'attention et nous les avons organisées selon un schéma encyclopédique. Tôt ou tard il arrive le moment dans lequel il est nécessaire les utiliser. Il peut s'agir de problèmes quotidiens, ou de choses plus complexes qui concernent notre futur. Dans tous les cas, il ne faut pas considérer problèmes seulement ceux d'ordre pratique, il y en a aussi de type philosophique, qui contribuent à la formation de notre vision des choses, qui nous ouvrent des nouvelles perspectives.

 

 

On peut classifier les connaissances selon des niveaux d'intégrations croissante (figure 21). Au premier niveau on place les perceptions individuelles, ou connaissances élémentaires. Par leur intégration, on passe au second niveau, où nous rencontrons les connaissances simples: images des objets observés, mais aussi idées, lois scientifiques, nouvelles des journaux. L'intégration des connaissances de second degré en un système cohérent, nous amène au troisième niveau, celui des systèmes de pensée. J'ai déjà mentionné comment ces systèmes soient adroit dans l'organisation des connaissances, mais nous savons aussi comment ils utilisent leur capacité organisatrice pour exporter leur propre vision du monde et donc pour nous conditionner politiquement. Par le troisième niveau, nous sommes arrivés à la dernière marche généralement connue et mise en pratique dans l'échelle de l'intégration des connaissances.

Nous avons déjà vu que les nouvelles produites par des milieux religieux ne concernent pas seulement des thèmes religieux, mais aussi des sujets qui ne seraient pas de leur compétence. Pareillement, une idéologie s'occupe de tout: elle évalue les religions (opium des peuples), la science (au service de l'impérialisme), etc. Tous événements, du moindre au plus important, sont évalués par les différentes religions et idéologies. Ceci ne se passe pas par hasard, mais par la nécessité de chacun de ces systèmes de fournir une interprétation des événements à usage intérieur et pour prosélytisme.

Alors que jusqu'à il y a quelque siècle régnait l'organisation médiévale et verticale de la connaissance (niveau 3), une forme de connaissance dans laquelle chacun homme possédait l'unique idée de fond qui l'aurait guidé pendant toute la vie, avec le développement des communications à partir de l'invention de la presse, l'homme a commencé à prouver la multiplicité des idées et par conséquence leur désaccord.

Nous avons aussi vu comment ce désaccord, au lieu de favoriser la rupture des clôtures et la dissolution des systèmes de pensée fermés, ait souvent favorisé justement la recherche du système "Vrai". En effet, dans l'esprit de celui qui le cherche, trouver le système "Vrai" signifie réussir à distinguer les nouvelles vraies de celle fausses et de pouvoir finalement connaître comment les choses soient "en réalité". Trouver ce système signifie éliminer le désaccord des nouvelles et la grande confusion qui en dérive. Malheureusement, cette personne ne s'aperçoit pas d'être tombée dans un piège.

Donc, n'ayez pas peur si au disciple d'une certaine confession arrivent des idées nouvelles, car il est déjà bien équipé pour métaboliser convenablement ces nouvelles en le ramenant à l'intérieur de son système sans qu'elles puissent provoquer des dégâts. Il sait déjà qu'il ne doit pas écouter les sources d'information "non autorisées", il en connaît déjà les principaux critiques et, en cas de doute, il demandera des élucidations aux cadres de sa propre organisation. Il n'y a donc pas de grands dangers que cet individu soit traîné sur un autre rivage et après, même si cela se passât, de notre point de vue le problème ne changerait pas du moment qu'il replacerait son code avec un autre, mais il ne s'arrêterait pas de traduire les nouvelles avec un code et toujours le même.

Étant donnée la présence de nombreuses religions et idéologies et d'un très efficace système de communications qui récolte les nouvelles n'importe où elle naissent et les répand partout dans le monde, la confusion des jugements est maxime. Toutefois, arrivés au troisième niveau, il n'y a rien de mieux à faire que de choisir un système parmi beaucoup d'autres. Ceci est déjà préférable que d'être choisis dès son enfance comme il s'est passé jusqu'à maintenant, mais ce n'est pas encore une solution satisfaisante.

Comme nous l'avons vu, on ne peut pas évaluer toutes les connaissances et toutes les idées par un point de vue scientifique. En effet, ce point de vue, même s'il est meilleur de beaucoup d'autres sous beaucoup d'aspects, n'est pas compétent au égard du choix des buts de la vie, du jugement moral, du jugement esthétique, etc. Alors, qui est compétent au égard des fins de l'action humaine et de la valeur des choses pour l'homme si non les religions, la philosophie et les idéologies? Alors toute celle belle récolte acentrique d'informations à quoi sert si à la fin nous devrons la délivrer à une idéologie ou religion pour son évaluation? C'est ici qu'on doit faire un autre pas en avant.


LA POSITION COMPARATIVE
TDM

Dans l'échelle dont je parlais avant, essayez d'ajouter une autre marche. Après les premiers trois niveaux: 1 - connaissances élémentaires, 2 - connaissances simples, 3 - systèmes de connaissances, le quatrième niveau est celui dans lequel nous effectuons une comparaison entre les systèmes théoriques du troisième niveau (v. figure 21). Cette comparaison implique qu'on connaisse au moins les fondements des principaux systèmes de pensée, des principales religions, des systèmes politiques, des mouvements artistiques, etc.

Prenons par exemple la religion. Quelles sont les principaux principes des religions testamentaires (hébraïsme, christianisme, islam), quelles les réciproques différences? Le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme et le shintoïsme comment conçoivent le monde? Quelles étaient les croyances des peuples primitifs (p. ex: celles des indiens d'Amérique)? Que ce sont les animismes et la magie? Quoi dire aussi des anciennes religions des peuples méditerranéens? À quel niveau étaient arrivées les religions grecque et romaine avant l'arrivée du christianisme? Quelles différences existent entre polythéisme et monothéisme? Quelle signification a eu pour l'Occident l'invasion chrétienne? Quelles nouveautés ont apporté l'humanisme et la renaissance? Quelles étaient les thèses religieuses des philosophes des lumières? Quoi signifient: déisme, athéisme, agnosticisme? Que ce sont les millénarismes et les prophétismes? Voilà quelques idées pour faire des comparaisons parmi les principaux systèmes dans le domaine de la religion. Ces questions et ces comparaisons sont une chose très différente par rapport à connaître (pour ainsi dire) une seule religion, considérée comme l'unique vraie, et traiter toutes les autres comme de l'ordure. L'image que nous obtiendrons du sacré par moyen d'un examen comparatif des religions sera donc beaucoup plus articulée et riche. Cela aura des conséquence positives sur la notre capacité d'évaluer les idées, affirmations et informations religieuses. Nous aurons aussi une plus grande tolérance et capacité de comprendre les croyances des autres.

L'image du sacré qui nous obtiendrons par moyen d'un examen comparatif des religions sera donc beaucoup plus structurée et riche, ainsi que sera beaucoup plus fructueuse notre capacité d'évaluer des idées, des affirmations et des informations religieuses.

Mais quoi dire à propos de la philosophie? Dans le courant de l'histoire, des centaines de philosophes et d'écoles de pensée se sont succédées. Malgré leur grande richesse, elles sont ignorées par la plupart du monde. L'étude de l'histoire de la philosophie est sûrement l'un des pas le plus importants pour atteindre un point de vue comparatif et ceci pour les confrontations sans cesse qu'on fait dans cette discipline entre des auteurs, des théories et des périodes historiques différentes. C'est à l'intérieur de la philosophie qu'on étudie les différentes conceptions du monde, les fondement des principales idéologies, qu'on prend en considération les religions, qu'on examine les systèmes politiques, qu'on étudie de points de vue différents au sujet de l'étique et l'on prend en examen les méthodes de la connaissance scientifique.

Dans le développement de la pensée politique et sociologique aussi il est présent une grande articulation de systèmes politiques, de organisation économiques et sociales. Un texte de sociologie et un autre d'histoire des systèmes politiques sont utiles pour un étude comparatif des théories et des régimes politiques.

Quoi dire de l'art, dont les répartition (littérature, musique, peinture, sculpture, architecture, poésie, etc.) ont produit maintes fois de profondes révolutions dans la façon de percevoir le monde? Par exemple, la Renaissance s'est exprimée principalement sur le plan artistique, mais elle a révolutionné la manière de voir les choses de l'Europe entière.

Et de la comparaison entre science, religion, philosophie, idéologie et art quoi pouvons nous obtenir? Nous pouvons savoir quelles sont les méthodes de connaissance de chacun de ces systèmes, quels sont les avantages et les limites réciproques, quelle différences il y a entre science et religion, entre science et philosophie, entre philosophie et religion, entre science et art, etc.

Par une seule théorie, on n'a pas d'alternatives et l'on finit dans une cage. La deuxième théorie mine la crédibilité de la première et vice versa, elle nous rend le doute et l'autonomie de jugement. Chacune possède une part de vérité et est valorisée par la comparaison avec les autres, en outre chacune délégitime l'autre à régner dans une manière absolue. Dans cette façon, il se crée un espace de discussion et de recherche de la vérité dans lequel beaucoup de théories et d'interprétations peuvent se confronter. À leur intérieur, nous pouvons choisir celle qui nous parait plus vraie ou plus adapte à notre façon d'être. Surtout, il se crée une saine incertitude de fond, une condition problématique, le sens de la complexité des choses, une attitude de collectionneur d'alternatives qui nous libère du pouvoir de conditionnement de la théorie unique qui n'admet pas de contradictions. Même si parmi ces hypothèses il y en avait une plus vraisemblable des autres, elle vivrait en se réfléchissant dans les autres, soit dans sa propre validité que dans ses propres limites. Elle ne nous posséderait plus: au contraire serions nous à la posséder.

La position comparative est propre à la libre-pensée, les idéologies et souvent les religions sont de systèmes fermés qui n'admettent pas de comparaisons et encore moins de discussions. La présence ou l'absence de comparaison et de débat marque la frontière entre liberté et totalitarisme.

Gagner la position comparative n'est pas immédiate. Il faut connaitre au moins l'essentiel des principaux systèmes de connaissances et pour obtenir cela, il faut étudier. Pour cette raison, et si ne sera pas favorisée par l'école, cette position restera le privilège de peu de gens. Il n'est pas dit que pour atteindre la position comparative soit nécessaire connaître beaucoup de systèmes. Il peuvent en suffire quelques-uns. On peut déjà apprécier les avantages de la position comparative même avec la connaissance de deux systèmes seulement. Par exemple, le disciple d'une religion qui se met à étudier une autre foi en obtiendra des grands avantages en termes d'ouverture de l'esprit, de compréhension et de respect du prochain et de beaucoup d'autres aspects. Dans tous les cas, la position comparative est trop avantageuse, stimulante et amusante au niveau intellectuel pour être délaissée. La position comparative est l'une des principales composantes de la Pensée Libre, mais voyons un peu plus de près quelques-uns des avantages qui nous offre:


LE PANTHÉON,
conclusion sur la connaissance horizontale

TDM

Quoi devons nous conclure de la lecture de ce chapitre? La description du cadre du savoir humain est servie à attribuer des espaces délimités aux principales disciplines de la connaissance et à fournir les bases d'un système d'organisation du savoir que nous avons défini bibliothécaire où encyclopédique. Nous pouvons considérer ce système acentrique car il est basé sur la présence de nombreux savoir, aucun desquels superordonné aux autres.

J'ai mis en évidence le caractère multidimensionnel de la nature, qui nous permet de reconnaître la complexité de l'objet que nous sommes en train d'observer, une intégralité qui est au contraire violée par les perspectives réductionnistes.

À la fin de ce chapitre, vous devriez avoir récupéré la sphéricité des objets réels, leur nature composée. Nous aussi sommes sujets et objets de connaissance. Chacun de nous se trouve en un point-charnière, où confluent tous les plans de la nature, de celui physique à celui de la connaissance et peut être aussi celui du surnaturel. Ce moyen d'observer les choses leur restitue l'intime complexité.

Le caractère spécialisé du savoir de beaucoup de monde, l'ignorance des autres cultures et la certitude idéologique sont le fondement de la fermeture et de l'intolérance. L'importance de la position comparative réside dans son ouverture à toutes perspectives, dans la possibilité de confronter les différentes positions à l'égard de chaque argument et dans la possibilité de chercher la vérité sans dangers d'asservissement.

La position comparative a aussi d'autres effets: dorénavant, une seule thèse, un seul point de vue, un seul niveau de la réalité ne nous suffiront plus, mais nous irons à chercher aussi les autres, qui nous savons exister. Alors qu'avant nous nous dépensions à localiser la Théorie Vraie, dorénavant nous jouirons du déplier de la nature dans sa fantastique et irréductible richesse et de la multiplicité des raisons humaines qui cherchent de la décrire, en obtenant des complexes architectures de la pensée. Il est comme passer du chant monodique à la polyphonie: ils sont tous les deux beaux, mais qui retournerait en arrière? Qui renoncerait au voix et aux coups de trompette propres à la polyphonie qui se poursuivent entre les colonnes des cathédrales? À la fin, il sera aussi difficile se détacher de ce grandiose cadre pour faire un choix, mais qu'est devenue la primitive fermeture? La voilà à cent lieues de distance.

En revenant aux religions, on observe les prêtres des différentes confessions se plumer l'un l'autre lorsque ils prétendent la vérité chacun de leur propre révélation. Oui, car même en étant le Dieu des trois religions testamentaires le même, il en résultent trois révélations différentes: ... il s'agit d'un affaire vraiment gênant, mais qui personne n'a jamais réussi à résoudre. Et maintenant, quel group de prêtres serre dans son poing l'éthérée substance? N'est elle plutôt comme le vent qui souffle entre un temple et l'autre, entre une écriture et l'autre: substance libre, qu'aucun prophète n'a jamais su capturer, qu'on ne peut pas atteindre par aucune formule magique ou rites extérieurs, disponible seulement à ceux qui y réfléchissent librement comme un Grand Mystère, sur lequel les différentes religion envoient seulement une faible lueur.

Se donner un moyen de connaissance horizontale est un des pas les plus importants pour assumer des nouvelles formes de pensée. Comme nous l'avons vu, une analyse conventionnelle est verticale. Elle est accomplie dans un domaine spécialisé dans la conviction d'y trouver tout ce qui est nécessaire. Malheureusement, alors que les analyses spécialisés s'efforcent d'expliquer tout par une seule clef, elles négligent toujours quelque chose. Ce qui perdent n'est pas secondaire, c'est la complexité, le caractère multidimensionnel des objets et des événements, leur autonomie et authenticité, ils perdent aussi le rapport de chaque niveau du réel avec les autres.

Une analyse horizontale est plus adapte à saisir les relations entre des éléments éloignés et limite les opérations réductionnistes. Pour faire cela, il faudrait aussi d'avoir les connaissances et les capacités de travailler en ce sens, sans lesquelles on reste à la surface des choses. Toutefois, ceci est une façon d'avancer qui tient compte aussi de la complexité et du caractère unitaire de notre être et de notre situation existentielle. Dans tous les cas, les instruments humains d'intervention sur la nature sont aujourd'hui tellement puissants et ils ont des répercussions si vastes que une telle perspective est désormais devenue obligatoire.

Le désenchantement nous avait jetés dans une condition de désorientation qui était aussi instable et dangereuse car elle prédisposait à la recherche d'une nouvelle subordination. L'acquisition d'une connaissance horizontale et en particulier du point de vue comparatif, nous place dans une condition de liberté intellectuelle autrement difficile à obtenir et à garder. Ceci est un important pas en avant dans notre métamorphose intellectuelle pour acquérir la Libre Pensée.

De notre passé historique, nous pouvons recueillir un important élément: le Panthéon. Il a représenté un lumineux exemple de pluralisme religieux et de pensée de la Rome ancienne. De temple dédié à toutes les divinités, aujourd'hui le Panthéon peut assumer le rôle plus ample de bibliothèque et de mythologie universelle, dans les étagères du quel nous plaçons toutes les idéologies, les religions les espoirs, les utopies et les philosophies l'une à côté de l'autre. Le Panthéon peut nous aider à surmonter les cultures verticales, exclusives et intolérantes qui ont conditionné les hommes pendant des millénaires. Le dépassement de ces cultures n'est pas accompli par leur négation, mais au contraire par l'acquisition de chaque leur contribution positive.

Le pluralisme ne doit pas exister seulement au niveau sociale, où chaque individu pourrait être le porteur d'une culture fermée, mais doit exister aussi et surtout au niveau individuel, dans lequel chacun doit reconnaître la pluralité des manifestations de chaque chose et la pluralité des points de vue.

Cette collection est importante car elle est à la base de notre position comparative, mais il serait erroné de penser que tout s'achève en une contemplation relativiste de toutes traditions et idées. J'ai déjà dit que la position comparative est à entendre comme une prémisse pour choisir. Avec le Panthéon, nous nous relions aux anciennes traditions et nous affirmons la laïcité de nos institutions. Dans le domaine de toutes traditions, et en particulier dans nos anciennes traditions, cherchons les éléments pour l'invention du futur. Dans notre chemin vers le futur, nous avons à accomplir des choix, donc notre position est évaluative. Une position dans laquelle l'État soit l'organisateur et le gardien de la cohabitation civile, mais dans laquelle chacun, fort de la position comparative, puisse accomplir ses propres choix.

Selon cette analyse, un pas important pour notre métamorphose intellectuelle consiste dans l'abandon des systèmes de croyances autoritaires à faveur des systèmes de connaissance publiques et ouverts comme la science, la philosophie et la littérature. Aussi dans la religion on peut assumer une position ouverte. Puisque la science n'est pas compétente dans la définition des fins de l'homme, du jugement moral ou artistique, pour faire face à ces problèmes nous pouvons nous référer à la philosophie. Cette discipline ne se limite pas à l'étude de la nature, mais à travers la raison, elle s'occupe aussi des problèmes moraux, de la valeur des choses pour l'homme, des fins de l'existence, de la meilleure façon de vivre et aussi des systèmes religieux. À l'intérieur de la philosophie il est possible trouver la récolte des plus importants points de vue formulés par l'homme et il est donc possible d'assumer une position comparative qui nous permette d'éviter toute subordination et de reconnaître l'autonomie de la science et des autres savoirs. Alors que les idéologies et les religions ont tendance à produire des formes de pensée hiérarchisées et fermées, la science, la philosophie et la littérature, ensemble, sont capables de donner vie à des formes de pensée libres et ouvertes. Voilà enfin comment il soit possible de faire cohabiter des systèmes de pensée différents, tout en évitant que un prévaut sur les autre et qu'il arrive à obtenir le contrôle de notre esprit qui est et il doit rester libre.


RESPONSABILITÉ MORALE
TDM

Nous étions habitués à effectuer nos choix sur la base de valeurs et de principes "supérieurs". Nos choix dérivaient rationnellement de principes idéologiques, donc ce n'était pas nous ceux qui faisaient réellement ces choix, en réalité nous les fuyions. Maintenant, en absence de ces références, les choix redeviennent affaires à nous. Nous redevenons responsable de nos choix et il n'y a pas d'issue.


RAISON PRATIQUE
TDM

On définit raison théorétique celle qui s'occupe de l'analyse de la réalité. Au contraire, par raison pratique on se réfère à ses activités concrètes; par exemple établir quoi faire et comment le faire; donc on se réfère aux buts, aux programmes et aux méthodes pour les réaliser. À ce propos, nous avons déjà parlé des avantages que la position comparative nous offre en accomplissant ces choix.

Une fois que les fins et les rôles supérieurs sont tombés, les problèmes programmatiques sont parmi les premiers à se représenter. Autrement dit, les idéologies et les religions ont traditionnellement rempli la fonction de fixer des fins à atteindre et de gérer tous les autres problèmes moraux. Une fois que ces repères ont été abandonnes, la définition des fins et la gestion des problèmes moraux doit être abordés directement par nous mêmes. Comme les choix possibles sont innombrables, on se trouve vis-à-vis d'une liberté illimitée, très difficile a gérer. Il s'agit donc de nous réorienter, de nous donner de nouvelles perspectives. Ceci explique le renouveau de l'intérêt pour la philosophie après la chute des idéologies. En effet, ce genre de problèmes peut être abordé par la contribution de la philosophie, mais aussi de la littérature, de l'exemple des personnes qui nous entourent et, avec beaucoup de précautions, de la religion. Le tout, comme on l'a dit, dans le domaine d'une condition comparative.

Le problème des choix consiste principalement en une très concrète définition de notre liberté, en lui donnant des contenus. Sans quoi, elle resterait un espace potentiel aux dimensions illimitées qui nous désoriente. Qu'est-ce que ce sont ces contenus? Ils sont des programmes, des activités pour vivre dans une façon plus accomplie, pour mieux nous exprimer, pour mieux nous réaliser, pour nous amuser ou au contraire pour aider notre prochain (voire le chapitre sur les Activités Libres). Tout cela doit passer à travers notre personnel jugement et notre façon d'être. Pour cela, il est nécessaire de mieux nous connaître.

Pour ceux qui possèdent des prédispositions évidentes, ce problème n'existe pas. Par exemple, pour un petit Mozart il ne serait pas difficile découvrir ce qui lui plairait faire dans la vie du moment qu'il s'orienterait dans une façon spontanée vers la musique et dans elle il trouverait sa propre réalisation. Pour ceux qui  n'ont pas des vocations si évidentes, l'individuation de ses propres prédispositions est moins simple, mais elle a presque toujours de solutions car la large majorité des êtres humains a quelque "bosse" qui le caractérise et le monde aussi offre une quantité de sollicitations de grand intérêt.

La position comparative pourrait déterminer une attitude de spectateur ou un nihilisme du à la transformation de la critique aux idéologies en une attitude systématique, en une métaphysique. Dans cette façon, on finirait par croire qu'il n'existe aucune vérité. Cela me fait penser aux ascètes qui vivaient juchés sur le sommet d'hautes colonnes de marbre. Il faut éviter de tomber dans ce piège qui est l'exact opposé de la Raison Objective, et pareillement autoritaire. La position comparative ne doit pas être entendue comme fin en elle-même, mais comme une prémisse pour accomplir nos choix, pour mieux juger les différentes alternatives, pour mieux comprendre les limites et les valeurs de nos choix, pour pouvoir toujours les entendre comme des hypothèses.

Dans la réalité de tous le jours, nous sommes souvent forcés à choisir entre des alternatives différentes, alors que nous  préférerons ne pas le faire, ou nous avons à juger des affirmations et des événements et il s'agit encore de choix. Ne pas choisir c'est laisser la réalité choisir à notre place. Parfois, on ne peut pas se soustraire à cette difficile tâche. Avoir abandonné les repères autoritaires ne signifie pas qu'on n'est plus capable de choisir ou de juger, signifie que maintenant c'est à nous de le faire, avec notre conscience et non plus avec le commode et déresponsabilisant recours à des principes supérieurs. Les nouveaux repères seront notre façon d'être, l'expérience, les valeurs, le bon sens et des réflexions qui tiendront en compte aussi la pensée humaine précédente.

Il ne faut pas penser que nos repères doivent être les plus importantes religions et idéologies qui ont dominé jusqu'à présent la tête d'autant de millions de personnes, mais ils seront l'ensemble des éléments présents à l'intérieur de la pensée humaine: science, philosophie, religion, politique, littérature, etc. Il changera aussi la façon par laquelle nous employons ces connaissances. Tandis qu'avant chacun repère prenait une position isolée et d'opposition vers tous les autres, maintenant nous les comparons et nous choisissons celles, ou leurs parties qui nous semblent plus raisonnables. Avant, chaque système-île était en guerre contre tous les autres et il enseignait à ses propres habitants à haïr les étrangers, maintenant que nous sommes devenus des géographes, nous traçons le plan des îles et nous naviguons sur les mers que les séparent. Les filets que nous jetons nous ramènent des poissons étranges et merveilleux et nous n'haïssons plus personne.

À la base de cette attitude de choix de ce qui nous correspond le plus à nos aptitudes et des principes qui nous paraissent les plus adaptes à notre façon d'être, il y a la conviction qui n'existent pas de vérités absolues dans la connaissances ou des principes immuables et valables pour tous dans le domaine moral, mais qu'au contraire il y soit un général pluralisme des jugements qui se base sur une irréductible diversité des êtres humains. L'affirmation de Protagora selon laquelle l'homme est la mesure de toutes choses est encore actuelle.

Il est clair aussi que cette forme de relativisme doit être considéré avec prudence, en évitant de la porter aux extrêmes conséquences. Elle doit être une position de principe car dans la pratique pour chacun de nous il y a des choses qui valent plus d'autres. Pas seulement, mais certaines valeurs ou méthodes sont carrément à combattre, tandis que d'autres sont à affirmer. En plus, nos choix doivent se garder à l'intérieur de ce qui est légal, en prenant aussi en compte les moeurs et le sentiment général de la société, en utilisant aussi nos capacité de jugement, en évitant d'endommager le prochain, des animaux et l'environnement ou mieux encore, en les protégeant et en les aidant.


RATIONNALISME CRITIQUE
TDM

Selon le pragmatisme, la validité d'une théorie est jugée sur la base de ses conséquences pratiques. La gestion de la position comparative d'un point de vue pragmatique oblige à l'examen des conséquences d'une idée ou proposition d'action. Au sujet de de cela, voyez le concept de "rationalisme critique" de K.R. Popper (7, chap 24).

La perte, désormais irréparable, de la Raison Objective qui fondait les morales certes à partir desquelles on pouvait dériver tous les choix, avec la liberté et l'autonomie de jugement, nous ramène une inconfortable responsabilité. Nos choix, propositions et programmes doivent être soumises à un examen critique. L'étude de la philosophie est très utile en cela car il nous fournit de nombreux instruments pour affiner nos capacités de jugement.

Le rationalisme critique de K. Popper naît de la confluence de l'épistémologie et du pragmatisme sur la pensée éthique.  Ce penseur dérive de la méthode scientifique la nécessité de soumettre à l'épreuve expérimentale aussi les théories morale. Cela pas seulement pour éviter des discussions infructueuses, mais aussi pour tenir compte du fait que souvent l'application à la réalité des théories obtient des effets différents ou même opposés à celui désiré.

Le terme pragmatisme ne doit pas être confondu avec l'amoralité ni avec une rude attitude de praticiens sans scrupules non plus. Au contraire, il consiste en une importante méthode pour vérifier la valeur des théories. En effet, selon le pragmatisme, la valeur d'une idée ne doit pas être jugée sur le plan théorique, mais sur la base de ses conséquences pratiques. Bonne n'est pas l'idée belle et élégante, mais celle qui donne les résultats les meilleurs. À la fin, le pragmatisme s'avère beaucoup plus moral de tant de moralismes abstraits. Popper applique donc cette démarche non seulement aux théories scientifiques, mais aussi à celles morales. Tandis que pour le christianisme l'intention est suffisante, avec le pragmatisme naît l'étique des conséquences.

La moralité ou amoralité d'un individu est en suite un choix personnel qui n'a rien à voir avec les méthodes qu'il emploie pour évaluer ses propres théories morales. Toutefois, une personne morale et pragmatique ne se contente pas d'un bon principe comme le fait une personne morale tout court (qui normalement ferme les yeux sur les éventuelles conséquences négatives), mais elle se préoccupe aussi et surtout du bon résultat. Ceci est plus astreignant, mais aussi plus utile.

 

 

Sur la base de cette démarche, les idéologies aussi doivent être soumises à l'examen critique. Il existe une méthode assez efficace pour les évaluer. Il s'agit de les ramener dans les condition historiques dans lesquelles elles ont opéré. Par exemple, le marxisme parait la solution de tant de problèmes fondamentaux et il promettait aussi la justice sociale, mais une fois mis en pratique, il n'a pas gardé la promise d'une justice sociale car il s'est formée une classe de privilégies, la Nomenclature.

Cet examen historique nous permet de doubler beaucoup d'inutiles diatribes pour nous pencher au contraire sur les conséquences réelles de l'application des théories marxistes. Dans cette façon on peut s'interroger sur les problèmes de ces sociétés et chercher de les corriger. Au contraire, ceux qui ont des attentes exagérés vers une idéologie finissent pour voir seulement ses rêves. Comme est il possible que tant d'utopies de droite ou de gauche ont eu besoin de forcer autant de monde entre le fil de fer barbelé? Comment ça se fait que certaines religions ont eu besoin de combattre les hérétiques et les infidèles? Un pragmatisme plus répandu permettrait d'améliorer largement la capacité de planification de la part des mouvements politiques, en évitant tant de pénibles expériences sociales. Apprendre à distinguer entre les théories et promisses des faits est très important pour que les mouvements politiques atteignent leur maturité.


AUTHENTICITÉ
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Dans les chapitres précédents, nous avons vu comment la culture soit souvent à l'origine de fausse connaissance et de manipulation. Nous avons vu comment il soit possible de nous libérer de cet asservissement, comment on peut obtenir une gestion libre des connaissances, quelles méthodes on peut adopter pour évaluer les idées d'un point de vue rationnel et moral. Maintenant, pour pouvoir définir les contenus de notre liberté, il est nécessaire examiner ce qui est à la base de nos actions, ce qui nous pousse à agir, c'est à dire les motivations.

Tandis que dans les perspectives idéologiques et religieuses les adeptes étaient forcés de dédier toutes leurs énergies à l'utopie, maintenant le choix des buts au quels nous dédier revient à nous. Enfin, nous pourrons consacrer une partie de notre temps à la recherche si non du bonheur, tout au moins à celle d'un équilibre satisfaisant. Nous chercherons de nous  atteindre cela par moyen de l'expression de notre nature et de ce qui nous sommes aussi sur la base de notre éducation et expérience, tout en essayant de contribuer au bien-être général, sans nuire à notre prochain.

Cela ne signifie pas embrasser une perspective hédonistique, car parmi nos valeurs il y a aussi le plaisir d'aider le prochain et de participer au bien commun. Du point de vue politique, il est toutefois important réévaluer les instances particulières vis-à-vis de celles collectives, typiques des sociétés autoritaires. Un point de vue plus lié à notre façon d'être nous permet aussi d'interpréter la réalité dans une façon plus libre.

Affirmer que avant on se dédiait à des buts sociaux, tandis que maintenant à buts égoïstes est franchement trompé et simpliste. La fermeture dans un hédonisme fin à soi-même n'a rien à voir avec la libre pensée, mais elle set un court-circuit psychologique à éviter. L'attention aux motivations ne signifie pas embrasser une perspective hédonistique car parmi nos valeurs il y a aussi notre socialité, le plaisir d'aider le prochain et de participer au bien commun.

Il est clair aussi que qui veut profiter de la liberté pour se droguer ou pour vivre au dehors de la loi peut le faire, mais il doit être clair que celles ci ne sont pas der voies recommandées, bien au contraire! Les sociétés libres offrent d'innombrables chances pour vivre sereinement, pour améliorer soi-même, pour aider son prochain, etc. IL serait vraiment stupide de se dédier à des comportements autodestructeurs, lorsque on peut accueillir les opportunités que la vie nous offre pour approfondir nos connaissances, pour essayer de nouvelles expériences, etc.

Il y a différentes façons pour utiliser positivement la liberté que nous avons. Par exemple, beaucoup de monde possède des prédispositions et quelques-uns aussi des vocations. Pour ce monde, exprimer ces caractéristiques de leur nature les rends heureux. Il est clair que pour pouvoir suivre cette voie il est nécessaire connaitre comme nous sommes faits et quelles soient les opportunités offertes par la société. Une autre façon est celle d'aider les autres. Ceci peut être fait en participant à des activités bénévoles, mais aussi in beaucoup d'autres façons. Ceux qui préfère améliorer soi-même peut le faire en augmentant ses connaissances, ou en essayant de s'améliorer dans le caractère et dans l'esprit. Ceux qui sont prédisposés vers la science peuvent chercher de contribuer au progrès de l'humanité en travaillant dans ce domaine, ainsi que ceux qui sentent d'avoir de la créativité peuvent l'exprimer dans les différentes branches de l'art, tels que la musique, la littérature, la peinture, etc. Il y a une infinité de chances d'exprimer soi-même et beaucoup d'elles nous offrent aussi la possibilité de être utiles aux autres. Quelle que soit la route choisie, il ne faut pas se fermer en soi-même, mais il faut rester ouverts à la société, à la communauté, communiquer, participer, travailler ensemble.

Un des pas nécessaires pou obtenir les nouvelles formes de pensée dont j'ai parlé consiste donc dans l'approfondissement de la connaissance de nous mêmes. En effet, pour être en mesure de faire des choix et pour être en gré de donner des contenus à notre liberté retrouvée, il est nécessaire savoir par quoi nous sommes attirés, quelles sont nos motivations, quelle est notre façon d'être. Dans le prochain chapitre, nous irons à la recherche de ce qui nous sommes. Nous donnerons un coup d'oeil aux composantes communes qui nous partageons avec le reste de l'espèce et nous verrons quelques méthodes à suivre pour découvrir les composantes particulières qui nous caractérisent en tant qu'individus.

L'authenticité est dans les routes qui nous ramènent vers nous mêmes. Authenticité signifie découvrir finalement qui nous sommes, quoi nous entoure et établir un rapport conscient et libre avec notre ambiance sociale et naturelle. Authenticité signifie retrouver notre dimension, une façon plus naturelle et simple de vivre, mais il n'y a pas seulement cela car nous sommes aussi des personnes modernes et complexes. Cette complexité peut nous convenir pourvu qu'elle ne sert pas seulement à nous tromper. Nous apprécions aussi la richesse d'opportunités offerte par les sociétés modernes, mais beaucoup de mécanismes pervers doivent être désamorcés. On peut aussi participer consciemment au système, mais sans lui donner en cadeau notre âme. Enfin, il faut que nous reprenons le contrôle de notre vie. Donc, nous ne retournerons pas à vivre comme des primitifs, mais nous continuerons à vivre notre existence d'hommes modernes, avec des espaces pour notre liberté et clarté de rapports.


CONNAIS TOI-MÊME!
INTRODUCTION
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L'exhortation: Connais toi-même! est vieille de plus de 2400 ans. Elle remonte à Socrate et fut reprise par Platon. Toutefois, si l'on y fait attention, ces anciens philosophes invitaient le monde sur une voie très difficile voire impossible à parcourir dans ces temps. En effet, les grecs anciens n'avaient pas des connaissances fondamentales comme celles de l'évolution de notre espèce, de l'anthropologie, de la psychologie, de la biologie, etc. Sans ces connaissances, il aurait été très difficile comprendre è quoi exactement cette exhortation se referait et comment on aurait pu la mettre en pratique. En plus, leur démarche était assez rationaliste. Platon eut toutefois le mérite de reconnaître l'existence d'une pluralité des composantes de notre âme et de soutenir la nécessité d'obtenir une harmonie des parties, dans laquelle aucune aurait du avoir l'hégémonie sur le tout.

Dans le moyen âge chrétien, aussi l'exhortation à une meilleure connaissance de soi fut utilisée comme une voie pour arriver à Dieu. Dans cette manière, on en renversa le sens. Pour Descartes, elle conduisait à la connaissance de soi et aux procédés rationnels qui se produisent dans notre tête. Pour Hegel, cette incitation amenait à la connaissance de l'Esprit (celui avec la E majuscule, bien sur). Chaque période, chaque penseur ont donc entendu cette exhortation à sa manière, souvent en éloignant l'individu d'une authentique connaissance de soi. En effet, ceux qui sont poussés à la transcendance, sont éloignés de la connaissance du monde et de soi mêmes. Seulement aujourd'hui, sur la base des connaissances acquises et armés d'une démarche plus concrète, nous pouvons donner des réponses plus satisfaisantes à la tentative de connaître quoi nous sommes et comment nous sommes faits.

Notre civilisation a tourné sa propre attention principalement vers la nature extérieure et a négligé ce qui nous avons dans notre âme, qui est cependant de grande importance pour notre existence. Ce chapitre cherche d'indiquer quelques routes pour récupérer nos façons d'être et pour débouter une exploration de nous mêmes. "Connais toi-même!", comme prémisse pour trouver finalement une manière de vivre dans un meilleur accord avec notre âme.

Dans la tentative de décrire notre nature humaine, je suis parti de temps très recules. Toutefois, je crois qu'il soit utile connaitre les étapes les plus importantes qui nous ont modelés dans le corps et dans l'âme.


QUI ET QUOI SOMMES NOUS?
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À la question: "Qui est toi?", en général nous répondons par le prénom et le nom. S'ils insistent, nous ajoutons la ville et l'adresse. S'ils ne se contentent pas, voilà le titre d'études et le métier. Aller plus en avant nous est difficile, mais à ce point aussi notre interlocuteur se sent satisfait. Toutefois, n'importe qui pourrait avoir notre nom, demeurer dans notre route ou faire notre métier. Donc, qu'est-ce que ces donnés y ont à voir avec ce qui nous sommes vraiment? Ces donnés décrivent ce que nous sommes d'un point de vue social, ce qu'ils nous ont fait devenir, mais ils ne disent rien sur nos désirs, sur ce qui nous plait ou pas, sur nos prédispositions, donc sur ce qui nous sommes vraiment. Comment alors pouvons nous faire pour le savoir? Avant tout, essayons de faire un peu de lumière sur les caractéristiques que nous partageons avec tous les autres hêtres humains, après nous irons à la recherche de nos particularités.

Nos caractéristiques fondamentales, celles qui nous partageons avec tous les autres êtres humains, sont avant tout le fruit du développement phylogénétique de notre espèce. Ceci est autant vrai sur le plan physique que celui physiologique, des instincts, des sensibilités et des inclinations. Allons donc à jeter un coup d'oeil sur notre passé. Du même coup, pourquoi nous devrons nous contenter de remonter le temps seulement de quelques millions d'années, lorsque avec le même ticket nous pouvons aller jusqu'au début même du temps?

Les matériaux de notre corps
Immédiatement après le Big Bang, dans l'espace il y avait presque exclusivement de l'hydrogène (74%) et de l'hélium (26%). Ceux sont les éléments les plus simple, en étant leur noyau formé par un et deux protons respectivement. D'ou proviennent alors tous les autres éléments qui constituent notre planète et qui composent notre corps? La condensation des nuages primordiales d'hydrogène et hélium a fait naître des milliards d'étoiles. À leu intérieur, par fusion nucléaire, se forment les éléments de bas poids atomique. Les étoiles de masse très supérieure à celle du Soleil, ont une vie brève mais intense à la fin de laquelle elles explosent en dégageant des fantastiques quantités d'énergie et de matériaux. On a donné a ces étoiles le nom de supernova. Dans le bref temps de l'explosion d'une supernova, ils se forment les restant éléments du système périodique, de plus les matériaux de la partie extérieure de la supernova sont projetés dans l'espace et ils l'enrichissent de tous les éléments chimiques.

Il y a quelques milliards d'années, à côté d'un nuage d'hydrogène et hélium du quel il serait né le système solaire, explosa une supernova. Une partie des poussières qui provenaient de cette étoile, en voyageant par l'espace, tombèrent sur le nuage de gaz interstellaire, y se mélangèrent et le comprimèrent. Dans cette manière, initia un processus de condensation gravitationnelle du nuage autour d'un noyau central: le proto-soleil et quelques noyaux périphériques: les proto-planètes. Après quelques millions d'années, la densité et la température du proto-soleil atteignit des valeurs telles à amorcer la réaction nucléaire qui nous voyons encore aujourd'hui. Toutefois, dans ce moment là, la réaction fut si violente qui balaya une grande partie des gaz résiduels du système solaire. Les planètes "terrestres", donc: Mercure, Venus, Terre et Mars se retrouvèrent dépourvus d'atmosphère. En suite, la Terre créa par dégazage une autre atmosphère, aidée en cela par l'activité des volcans. Tandis que l'atmosphère primordiale était composée par de l'hydrogène et de l'hélium, celle successive était composée principalement par azote, oxydes d'azote, dioxyde de carbone (ou anhydride carbonique), monoxyde de carbone, méthane et vapeur d'eau. Il n'y avait pas de l'oxygène.

À part l'hydrogène et l'hélium, les matériaux dont les planètes terrestres sont composés proviennent donc de cette ancienne supernova. S'il n'y avait pas été son explosion, les planète terrestres n'auraient pas eu leur important noyau rocheux, mais ils auraient étés essentiellement composés par des gaz et la vie n'aurait pas pu apparaître. Notre corps même est forme presque entièrement par la poussière de cet ancienne étoile.

L'origine de la vie basée sur les composés de carbone
Il y a environ 4,6 milliards, lorsque le Soleil s'alluma, sur la Terre le processus de chute de météorites était en train de s'arrêter. Chaque fois q'un gros météorite tombait, l'eau des océans se réchauffait jusqu'à bouillir. Donc, il semble que la vie soit née plusieurs fois sur notre planète. La chute de météorites s'arrêta presque complètement il y a environ 3,8 milliards d'années, bien que rarement ils en tombent encore maintenant.

Selon quelques savants, nos ancêtres les plus anciens auraient étés des bactéries thermophiles, des organismes capables de vivre même à des températures supérieures à 100°C. Si cela fût vrai, la vie aurait pu commencé à s'organiser dès que l'eau arriva à rester en permanence sur la surface terrestre, sans plus évaporer pour la chaleur des roches sous-jacentes.

Parait-il que les décharges électriques de l'atmosphère primitive aient favorisé la production dans l'eau des mers primordiales de nombreux composés organiques précurseurs de la vie, tels que les aminoacides, bases azotés, sucres, phospholipides, etc. En peu de temps, à partir de ces molécules se formèrent des cellules extrêmement primitives, mais capables de se reproduire. Malheureusement, les premiers organismes vivants n'ont pas laissé de traces de leur existence et il n'est pas possible établir quand la vie apparut sur la Terre. Les plus anciens témoignages de vie qui ont été trouvé remontent à il y a 3,8 milliards d'années. Il s'agit de stromatolithes, des dépôts calcaires marins dus à des organismes photosynthétiques.

La recherche et la production de nourriture
Avant d'arriver aux algues et aux végétaux, organismes capables de produire par eux mêmes la nourriture dont ils ont besoin, les cellules primordiales se nourrissaient d'acides aminés et d'autres substances absorbés de l'océan. Toutefois, en grandissant le nombre des organismes présents dans les eaux, ces molécules devinrent toujours plus rares. Quelques cellules initièrent à se nourrir d'autres cellules, mais aussi cette méthode avait ses limites. L'apparition, en quelques bactéries, de la fonction chlorophyllienne résolut le problème de la nourriture. En effet, la chlorophylle utilise de l'eau, du dioxyde de carbone et un rayon de lumière pour produire des sucres. La cellule est après capable de transformer les sucres en d'autres substances, comme des graisses et des protéines. A côté des algues bleues (ou cyanobactéries), des bactéries capables de se procurer de la nourriture par moyen de la photosynthèse, se développèrent aussi des autres microorganismes qui s'alimentaient d'eux. Depuis lors, la poussée vers la recherche de nourriture et le désir de manger ne se sont plus perdus, mais sont passés d'une espèce à l'autre dans de formes différentes.

L'ancien ancêtre eucaryotique
Des archéobactéries, dont font partie aussi les bactéries thermophiles, s'évoluèrent les différentes espèces de bactéries. La cellule des bactéries est définie procaryotique. Parmi quelques procaryotes primitifs s'établit un rapport de symbiose qui amena certaines espèces à vivre à l'intérieur d'autres en les enrichissant de nouvelles et importantes capacités. Par exemple, les mitochondries, organelles qui produisent l'énergie de la cellule, sont fournis d'une membrane et d'un DNA à eux mêmes, séparés de celui de la cellule qui les héberge. Les biologistes soutiennent qu'ils dérivent de bactéries très efficaces dans la production d'énergie et qui avaient pénétré en quelque sorte dans la cellule primitive et qui établirent un rapport de symbiose avec l'hôte. Le même vaut pour les chloroplastes, qui dériveraient par des anciens bactéries photosynthétiques.

Par quelques acquisitions de ce type et d'autres perfectionnements, il se forma la cellule eucaryote, dont les différentes parties sont renfermées entre des membranes: une cellule moderne et complexe de la quelle sont formés les protozoaires, les champignons, les plantes et les animaux, homme compris. Puisque les êtres pluricellulaires sont apparus il y a 800 millions d'années, par trois long milliards d'années la cellule a évoluée et s'est améliorée. Dan cette période, notre tris-tris-tris-grand père était donc un protozoaire photosynthétique flagellé et pour le voir, il y fallait un microscope.

L'organisation pluricellulaire
Qu'est ce qui nous reste de cette longue période dans laquelle nous étions unicellulaires? Il nous reste la structure du DNA, son code, les mécanismes de la production des protéines, ceux de duplication cellulaire, en pratique tous les fondamentaux mécanisme cellulaires qui nous partageons avec tous les animaux, plantes et même avec levures et champignons. Ce qui a été ajouté par la suite sont les informations génétiques nécessaire pour faire vivre les cellules en formes associées, c'èst à dire pour pour passer de la structure monocellulaire a celle pluricellulaire. Il y a environ 800 millions d'années, est commencé l'évolution des instruments nécessaires à faire vivre ces cellules en des "sociétés" complexes comme sont les organismes végétaux et surtout animaux.

Une autre trace de la longue période dans laquelle nous avons été protozoaires est le saveur des larmes. Elles ont la même concentration saline de l'océan d'il y a environ 600 millions d'années. En effet, dans les cellules primitives, pour éviter les problèmes d'osmose, la concentration saline intérieure était égale a celle extérieure. Le cellules des animaux et celle de notre corps, qui dérivent de ces lointains ancêtres unicellulaires, ont encore cette ancienne concentration saline.

L'origine de la sexualité
La sexualité, qui nous connaissons bien pour être une des forces plus profondes qui influencent notre comportement, fut inventée par les bactéries il y a des milliards d'années. Elle consistait en des conjonctions cellulaire au cours des quelles une partie du génome était échangé. Ceci permettait une plus rapide diffusion des acquisitions positives de l'évolution à l'intérieur des espèces. Bien que nous avons beaucoup changé par rapport à nos lointains ancêtres, nos conjonctions consistent encore en un échange de matériel génétique.

L'apparition de la respiration
L'atmosphère primitive était dépourvue d'oxygène, toutefois, outre il y a 3,8 milliards d'années le processus de photosynthèse chlorophyllienne avait été conquis. Ce processus produit de l'oxygène comme déchets  (CO2 + H20 ---> CH2O + O2). Cet élément, délivré dans l'atmosphère, était capturé par les roches pour beaucoup de processus d'oxydation. Malgré cela, la quantité d'oxygène produit par les algues primitives continuait a croître jusqu'à doubler la quantité de celui soustrait par les oxydations. Il y a environ 1,2 milliards d'années, dans l'atmosphère il y avait assez d'oxygène pour produire des grandes quantités d'oxydes de fer qui se déposaient dans des formations appelées: red beds, lit rouges. Il y a environ 800 millions d'années, l'oxygène atmosphérique atteignit la concentration d'environ 1%, assez pour diffuser à l'intérieur des primitives organismes pluricellulaires, petits et dépourvus d'un système de transport de l'oxygène comme la circulation sanguine. Jusqu'à ce moment, l'oxygène était un produit toxique pour les cellules primitives. Après, elle apprirent à l'utiliser dans leur métabolisme pour transformer sucres et graisses en énergie. Pour les organismes animaux de plus importantes dimensions, l'introduction de l'oxygène dans l'organisme se passe par la respiration et la circulation sanguine se charge de le transporter à tous les tissus. Notre organisation pluricellulaire est une évidente trace de notre passé.

La colonisation des terres émergées
L'oxygène atmosphérique a été important aussi pour la formation de l'ozone, qui fait d'écran à la radiation ultraviolette du Soleil. Lorsque l'oxygène atteignit la concentration du 2%, la quantité d'ultraviolets qui arrivaient au sol devint assez basse pour permettre aux organismes de vivre sur les terres émergés. Les premiers organismes à sortir de l'eau et à coloniser la terre furent des plantes, il y a 420 millions d'années environ. Ensuite ce fut le tour des arthropodes (crustacés, insectes, arachnides, myriapodes). En vertu de l'activité des plantes, la production d'oxygène augmenta encore. Dans le carbonifère, il y a environ 300 millions d'années, la concentration d'oxygène atteignit sa valeur maximum du 35%. En suite il diminua et aujourd'hui il y en a environ 21%.

Le cycle du carbone
L'haute valeur d'oxygène du carbonifère fut du aussi à la grande quantité de forêts qu'il y avait dans ce temps, favorisée par une haute concentration de dioxyde de carbone disponible dans l'atmosphère. Par la suite, l'anhydride carbonique, essentielle pour la photosynthèse, diminua progressivement. En effet, elle était absorbé par les océans où elle formait des composés calcaires qui se déposèrent au fond. Une autre partie d'anhydride carbonique soustraite à l'atmosphère est celle qui est entrée dans la composition de plantes et d'animaux et qui à par la suite formé des dépôts de charbon et de pétrole.

Comme conséquence de ces processus de soustraction, le dioxyde de carbone était en train de s'épuiser rapidement. Étant donné le caractère essentiel du carbone pour les organismes vivants, par l'épuisement de la réserve de carbone atmosphérique la vie sur la Terre se serait éteinte aussi et maintenant notre planète serait un désert depuis de milliards d'années. Heureusement, des dépôts fossiles de charbon, de pétrole et des roches riches en carbone ont été transportés sous la croûte terrestre par les mouvements convectifs du manteau sous-jacent. Dans le manteau, à cause des hautes températures, beaucoup de composés sont dissociés et de grandes quantités d'anhydride carbonique sont restituées à l'atmosphère par les volcans. Ce cycle a permis de garder dans l'atmosphère terrestre une concentration minimale mais encore suffisante de ce gaz. Avant l'ère industrielle, cette valeur était de 0,24%, alors que au dessous du 0,18% la photosynthèse chlorophyllienne ne pourrait plus marcher!

L'origine des vertébrés
Comme nous l'avons vu, dès que la concentration de l'oxygène le permit, des organismes unicellulaires dérivèrent des formes pluricellulaires toujours plus complexes. L'un de ces petits animaux avait la forme d'un vermisseau. Sa caractéristique principale était d'avoir développé une lame élastique, de cartilage, le long de son corps. Ceci lui permit de nager rapidement. En 200 millions d'années environ, de ce petit animal, prisent origine les poissons, des poissons les amphibiens et des amphibiens les reptiles. Les poissons déposaient les oeufs dans l'eau. Aussi les amphibiens déposaient leurs oeufs dans l'eau, mais ils vivaient sur la terre. Les vertébrés terrestres, donc nous aussi, ont hérité des amphibiens la structure à tète, tronc, queue, quatre membres avec extrémités à 5 doigts, enfin la respiration avec les poumons.

Les vertébrés à la conquête des terres émergées
Par l'invention de l'oeuf, qui renferme de l'eau et de la nourriture pour l'embryon, les reptiles s'émancipèrent de l'ambiance aquatique et devinrent des animaux entièrement terrestres. Des reptiles dérivèrent les dinosaures et les mammifères primordiaux, dont quelques uns étaient pourvus d'une haute crête membraneuse sur le dos. Les mammifères avec placenta sont plus récentes. Dans tout cas, tandis que les reptiles reproduisent l'ambiance marin dans l'oeuf, les mammifères le reproduisent dans le corps de la mère, preuve évidente que nos origines marine continuent à être présentes en nous. Tous les animaux terrestres, en vivant dans un environnement sec, ont besoin de boire pour rééquilibrer la concentration d'eau dans ses propres tissus.

Le sens de l'odorat
Il parait que parmi nos ancêtres il y avait des rongeurs ou des insectivores. Ils étaient encore des animaux dont le sens le plus développé était l'odorat. Dans les animaux, ce sens est directement lié avec les aires de la mémoire et à nous aussi un parfum est capable de nous évoquer des souvenirs et il le fait directement, sans passer par les aires du langage.

Vie arboricole, la vue stéréoscopique, la vision des couleurs
Il y a des dizaines de millions d'années, de ces rongeurs se développèrent des animaux semblables aux lémurs, qui devinrent arboricoles. Par leur adaptation à la vie sur les arbres, ces ancêtres des singes commencèrent à développer le sens de la vue: une plus aigue vision stéréoscopique pour mieux apprécier la distance des branches, une bonne discrimination des couleurs nécessaire à distinguer les fruits murs parmi les feuilles. Toutefois, leur sens de l'odorat diminua.

Des quadrupèdes aux quadrumanes
De la même manière que leurs ancêtres, les premières singes étaient quadrupèdes. Elles marchaient sur les branches comme elles marchaient par terre: elles grimpaient sur le tronc avec les ongles puis elles se gardaient en équilibre en marchant sur les branches. Avec le temps, les pattes de quadrupède (animal qui marche sur la pointe des doigts) se transformèrent en membres préhensile par lesquels l'animal s'agrippe aux branches. Les singes anthropomorphes qui vivent ou ont vecu sur les arbres sont quadrumanes. C'est à dire qu'elles possèdent des mains aux extrémités des pattes. Les mains ne sont rien d'autre que des instrument de prise pour saisir les branches et pour cette raison elles ont les pouce opposable aux autres doigts.

Des quadrumanes aux bipèdes
Des singes, qui dans une manière semblable aux lémurs marchent sur les branches et ont la queue, dérivèrent les singes anthropomorphes, qui sont dépourvues de queue et qui se déplacent en pendant des branches. La station pendue détermina chez les singes anthropomorphes un arrangement et un soutien des viscères différent par rapport à ceux des quadrupèdes. Le sens de l'équilibre aussi changea. Lorsque dans le miocène, à partir d'il y a 20 millions d'années, les forêts africaines s'éclaircirent, dans de vastes aires des populations de primates furent poussées à terre. Parmi celles-ci, quelques singes anthropomorphes, en essayant de garder la station verticale à la quelle étaient habituées, se levèrent sur les pattes postérieures.

Probablement, ce qui détermina la station débout fut le sens de l'équilibre acquis pendant la vie arboricole et pas tellement la nécessité d'apercevoir les prédateurs, comment on l'a dit. Dans tous les cas, les prédateurs présents sur le sol déterminèrent un rapide perfectionnement de la bipédie. Ceci demanda une adaptation du squelette et un renforcement des muscles des fesses e du dos. S'il n' eût pas été la pression des prédateurs, vraisemblablement nos ancêtres seraient retournes à la quadrupédie. Cette forte pression fit rapidement perfectionner la station debout à nos ancêtres australopithèques, tant que déjà il y a 5 ou 6 millions d'années leur corps était pratiquement identique à celui des hommes actuels. Ce qui restait encore primitive était la tête.

Nos membres sont donc ceux d'un quadrumane qui s'èst habitué à marcher sur le terrain, mais cette fois en tant que bipède. Par conséquence, les mains des membres inférieurs se sont à nouveau transformés en pieds. Toutefois, si vous comparez la patte humaine avec celle d'un quadrupède, vous voyez que le talon du quadrupède est à mi hauteur, tandis que celui humain touche terre. La transformation de quadrupèdes en quadrumanes et après en bipèdes nous a fait perdre la poussée du dos et l'usage des membres antérieurs pendant la course. Le galop, propre des quadrupèdes, nous est devenu impossible et nous courons en utilisant seulement les jambes de derrière. Aussi nos courts pieds nous pénalisent dans la course. Par conséquence, nous sommes beaucoup moins rapides dans la course des quadrupèdes. En revanche, les membres supérieures ont trouvés des nouvelles et importante fonctions.

La main
Les singes anthropomorphes n'usaient pas les mains seulement pour s'agripper aux branches, mais aussi pour manipuler des objets. Chez les australopithèques et surtout chez les hominidés, la main devint un instrument de grande importance dans la fabrication d'outils, dans le transport et dans la préparation de nourriture. Il parait que les australopithèques utilisassent des pierres et des bâtons comme ils les avaient trouvés, sans d'importantes modifications, tandis que les hominidés travaillaient des cailloux et des autres matériaux pour en obtenir des instruments toujours plus perfectionnés. De ces temps reculés, nous conservons une remarquable inclination aux activités manuelles.

Le développement du cerveau
Nos dents et notre système digestif sont ceux d'animaux principalement frugivores, tout juste comme les singes. En mangeant des aliments toujours plus tendres, car sélectionnés et plus récemment cuits, le museau devint moins proéminent et plus tard plat. Probablement, l'allégement de la prise des muscles de la mastication peut avoir aussi délivré le développement de la boite crânienne et donc du cerveau de nos ancêtres.

Le singe anthropomorphe n'a pas la féroce denture du prédateur, n'a pas la capacité de s'échapper avec une rapide fuite, mais il se défend des prédateurs en montant sur des arbres. Les australopithèques héritèrent toutes ces faiblesses, en plus ils étaient dépourvus du refuge constitué par la forêt. Ils étaient la proie de nombreux carnivores parmi lesquels le tigre aux dents de sabre et les léopards. Les population des australopithèques et des premiers hominidés du genre Homo étaient décimées par les gros carnivores et elles risquèrent l'extinction. La capacité de se défendre par moyens d'instruments acquise progressivement par le Homo habilis a probablement sauvé l'espèce. La quantité des restes d'hominidés dans les repas des prédateurs diminua jusqu'à disparaître presque complètement. Pendant cette longue période, aussi que dans les successifs, dans notre espèce se formèrent des importantes structures physiques et des formes comportementales.

Vraisemblablement, à ces temps on usait aussi le langage des gestes pour communiquer. Après avoir inventé le langage verbal, encore aujourd'hui nous continuons à user le langage des gestes. Souvent, ceci arrive aussi sans que nous en rendons compte.

LE DÉVELOPPEMENT DE LA SOCIALITÉ HUMAINE
Une lente maturation des petits
Ce que l'espèce humaine a de spécifique vis-à-vis des autres animaux est la dimension du cerveau et ses supérieures performances. Cette spécialisation "intellectuelle" de notre espèce exige toutefois des temps très longs pour la maturation de cet organe et pour porter les jeunes à l'autonomie. Tandis que le petit d'un zèbre est en gré de suivre sa mère une demi heure après être né, le petit des humains a besoin de plusieurs années d'élevage et d'éducation. Ce problème est présent aussi chez les singes, mais le long de la ligne évolutive qui a porté à l'homme, il est toujours plus important. Donc nos ancêtres eurent à faire face au gros problème de la longue période de dépendance des enfants de leur mère. Une autre conséquence de cette lente maturation des enfants a été le développement dans les femmes d'une particulière sensibilité affective qui se tourne avant tout vers ses propres enfants et après aussi vers le parentage et les amis.

Partage des rôles entre mâles et femmes
Cette longe dépendance des petits humains a impliqué une possibilité limitée pour les femmes de se procurer à manger par elles mêmes, tandis que les mâles restaient essentiellement libres de l'élevage des enfants. Par conséquence, il s'établit une division des tâches en base à laquelle les mâles allaient à la chasse, tandis que les femmes restaient dans les abris ou dans les villages à s'occuper des enfants, à chercher des racines et des baies, a préparer le repas, etc.

Dépendance économique des femmes aux mâles
À la suite de cette division des rôles, les femmes devinrent dépendantes aux mâles pour leur nourriture. Cette dépendance fut perfectionnée par une série d'adaptations qui concernèrent en profondeur les deux genres dans leur physique et psychologie. Du point de vue physique, les mâles développaient une constitution plus solide, adapte à la lutte et à la course. Par contre, les femmes développèrent une constitution qui tendait à accumuler des réserves d'énergie.

L'échange nourriture pour sexe et la dépendance des mâles aux femmes
Les mâles qui allaient à la chasse auraient pu rester loin du village et se manger toutes les proies qu'ils avaient capturé. Pour quelle raison au contraire ils retournaient au village à partager le gibier? Quel besoin avaient ils de le partager avec les femmes? Notez qu'à ce temps là il n'y avait pas de mariage. Pour éviter que les femmes et les enfants mourussent de faim, l'espèce humaine dut développer des mécanismes pour assurer leur nourriture de la part des mâles adultes, des mécanismes capables de créer une dépendance des mâles aux femmes. La raison pour laquelle les mâles revenaient au village avec des lourdes proies sur les épaules était que les femmes auraient échangé la nourriture par du sexe. Ce comportement peut encore être observé chez les primates proche de l'homme et il a été attesté. On a filmé plusieurs fois un mâle de chimpanzé pendant qu'il donnait des fruits à une femelle et il en obtenait l'accouplement en échange. Aussi les bonobo, primates encore plus proches aux hommes des chimpanzé, montrent ce comportement.

Les femmes s'adaptèrent à cette situation en perdant l'oestre, la période de l'année dans laquelle elles sont réceptives, ou mieux, en l'étendant jusqu'à devenir réceptives toute l'année. Du côté masculin, l'espèce sélectionna les individus motivés d'un point de vue sexuel. Les mâles non intéressés au sexe et qui par conséquence ne revenaient pas au village pour partager la nourriture ne se reproduisaient pas, tandis que le femmes qui ne s'adaptaient pas à cet échange risquaient de mourir de faim. De cette façon, les mâles devinrent beaucoup motivés vers les femmes lesquelles, a leur tour, même si n'étaient pas aussi motivées, de gré ou de force devinrent réceptives. Pour assurer un ravitaillement quotidien en vivres aux femmes, les males ne pouvaient pas rester " rassasiés de sexe pendant beaucoup de jours, mais la semence et avec elle le désir devaient être renouvelés chaque jour.

Pendant quelques millions d'années, nos ancêtres vécurent dans des huttes et dans des sociétés tribales et ils pratiquèrent une économie de chasse et de récolte. Cette façon de vivre, pratiqué pendant de millions d'années, s'est déposé à notre intérieur et elle est celle pour laquelle nous sommes préparés. En effet, 5-8.000 années de néolithique n'ont pas été assez pour modifier notre espèce d'un point de vue génétique. Pour avoir des changements génétiques minimum il faut compter sur des périodes de temps de l'ordre de plusieurs dizaines de milliers d'années. Encore aujourd'hui, nous retrouvons cette alliance entre le sexes dans les comportements individuels et dans les formes sociales. Il est nécessaire de faire attention car il ne s'agit pas seulement de la dépendance économique de la femelle vis-à-vis du mâle, mais aussi de la dépendance inverse sexuelle du mâle vis-à-vis de la femelle, enfin de la dépendance psychologique de chacun à l'autre. Le rapport de dépendance réciproque et d'échange entre les mâles et femmes a fonctionné jusqu'à nos jours, en favorisant les échanges matérielles et affectifs entre les deux genres. Donc, il s'agit d'un rapport profondément enraciné dans notre espèce et qui conditionne encore puissamment les comportements humains, même si cette alliance a été récemment mise en question par l'indépendance économique atteinte par les femmes.

Beaucoup de comportements humains peuvent être expliqués sur la base du parcours évolutif de notre espèce. Finalement, après tant d'années dans lesquels on a pratiquées des méthodes d'analyse psychanalytique basées sur des hypothèses arbitraires, les psychologues sont finalement parvenus à comprendre que le comportement des hommes peut être mieux expliqué en faisant référence au passé évolutif de notre espèce. La discipline qui s'occupe de cet étude s'appelle psychologie évolutionniste.

Comme nous l'avons vu, le fort désir de sexe par les mâles est vraisemblablement du à la nécessité de l'espèce de les motiver vers les femmes au but de les nourrir et de les protéger avec les enfants. Par contre, ces dernières auraient développé une attitude réceptive vers les mâles, qui en origine était du au besoin, mais après aussi au désir. Avec le temps et avec l'augmentation de la complexité de la psychologie de notre espèce, de la sexualité est émergée l'affectivité. En Réalité, l'affectivité est présente aussi chez les animaux supérieurs et spécialement chez les mammifères, mais dans notre espèce elle est présente en une forme beaucoup plus complexe et articulée. La sexualité ou mieux l'affectivité est fondamentalement la même chez les deux genres, avec quelque différence à noter. Peut être car poussées à trouver plus de sûreté dans un rapport constant, les femmes cherchent une relation privilégiée avec un certain homme. Il parait toutefois qu'il s'agit d'une relation qui normalement dure une dizaine d'années.

L'espèce humaine a du motiver sexuellement aussi la femme vis-à-vis de l'homme, mais son intérêt semble viser à des objectifs différents. Les femmes montrent un marqué besoin de protection et de compagnie, probablement du à leur mission reproductive et à leur longue dépendance des hommes. Tandis que le comportement sexuel de l'homme tend à être "épisodique", celui des femmes semble géré par un "instinct nidificateur", un instinct qui pousse à des relations stables. La femme tend à user le sexe de façon instrumentale pour obtenir subsistance et protection. Donc, la femme tend à se donner plus facilement lorsque elle reconnaît un homme comme son partenaire. Il serait toutefois une faute de croire que les hommes soient intéressés seulement aux sexe car pour eux aussi l'affectivité représente une composante irremplaçable de la vie. On retrouve encore aujourd'hui chez les deux genres ces anciens et différents comportements, bien que chaque femme, aussi que chaque homme, est un cas particulier qui rentre dans une vaste variabilité de prédisposition et donc d'attitudes.

L'amour remplit des importantes fonctions de régulation. La première est celle de donner naissance à ce fort sentiment d'attraction vers l'autre, capable d'emporter les barrières esthétiques, la matérialité de l'autre et les inhibitions culturelles, de favoriser l'accouplement et donc la reproduction. La deuxième est celle de dilater la relation dans le temps, en effet, avec l'amour la relation va outre le rapport sexuel et elle est prolongée aussi par des années pour protéger la femme pour le temps nécessaire pour élever les enfants. Par le mariage, cette relation est étendue à toute la vie, mais normalement, après une dizaine d'années l'amour tends à évaporer et les deux conjoints commencent à se disputer et à se regarder autour. L'ennui, la frustration et l'insatisfaction deviennent les caractéristiques d'une relation portée beaucoup au delà de sa naturelle durée. Un deuxième partenaire devient souvent le nécessaire soutien d'une situation autrement difficile à supporter. Autrefois, il n'y avait pas besoin de ces expédients car plus simplement les deux ex-amoureux trouvaient à l'intérieur de la tribu des nouveaux amours et, pour l'espèce, de nouvelles occasions de reproduction et une plus efficace distribution des gènes. La jalousie avait peut-être une fonction semblable à celle de l'amour et qui consistait à garder uni le couple. Aussi sa durée coïncide avec celle de l'amour et il finit avec ce dernier.

À son tour, l'affection prolonge la relation au delà de l'amour. Elle est donc utile à la stabilité du ménage, bien qu'en forme atténué. Elle était aussi utile à l'extension des avantage aux autres membres de la famille (enfants et personne âgée), aux membres les plus proches de la tribu qui n'étaient pas directement impliqués dans le rapport de couple et qui devaient quand même être protégés et nourris eux aussi. La mission reproductive des femmes est probablement à la base de leur net intérêt les enfants. Les femmes montrent aussi une grande capacité de se mettre en contact émotif et intellectuel avec les enfants pour les suivre et les soutenir pendant leur croissance psychologique.

L'amitié est un sentiment très semblable à l'affection, peut être identique, mais il se tourne à ceux qui n'appartiennent pas à la famille. Vraisemblablement elle était nécessaire à la cohésion de la tribu, à la distribution des aides et des avantages à son intérieur et à la défense réciproque. Les membres âgés de la famille et les autres membres de la tribu étaient eux aussi importants pour la conservation du groupe. Aussi le sens d'appartenance au groupe fait partie de ces sentiments qui en renforcent la cohésion.

Encore aujourd'hui, nous observons une notable différence entre mâles et femmes. La faible loquacité des mâles était peut être nécessaire pour éviter de faire fuir les proies durant la chasse: s'ils auraient pris une femme avec eux, vraisemblablement ils seraient revenus aux mains vides. La loquacité des femmes, par contre, était utile à la cohésion du groupe et au partage des avantages. Pas seulement, mais cette loquacité unie à une supérieure intelligence affective, a toujours permis aux femmes de gérer à son avantage les mâles, plus lents à saisir les situations. La différence dans l'intelligence affective entre les genres aurait donc été nécessaire à l'espèce.

De leur côté, les mâles développèrent d'autres caractéristiques, toutes en quelque sorte nécessaires à la chasse et à la défense du groupe par les animaux féroces ou par les incursions des tribus ennemies. Parmi ces caractéristiques, il y avait la vigueur physique, le courage, la stabilité émotive, la capacité de prendre des décisions, les capacités d'abstraction, le sens de l'orientation, l'attitude au jeu basé sur la force, la vitesse et l'adresse.

En plus des caractéristiques psychologiques, notre espèce adapta aussi les caractéristiques physiques des deux genres à leurs fonctions. Tandis que les hommes avaient à garder l'agilité et conservaient plus longtemps un physique athlétique et fort, le corps féminin par contre devint beau et agréable pour attirer le mâle, mais avec le temps il tendait à accumuler des réserves alimentaires. Les statues des vénus primitives représentent des femmes avec les flancs et les seins exubérants.

La permanence dans nos gènes de la propension au primitif rapport d'échange entre les mâles et les femelles nous le retrouvons aussi dans le plus vieux métier du monde, où s'effectue l'échange d'argent pour sexe, mais dans la société contemporaine la femme n'aurait plus besoin de vendre son propre corps dans cette manière primitive car elle peut trouver des voies de subsistance alternatives.

De la tribu à la famille
Les sociétés primitives étaient basées sur la tribu. Comme on peut encore observer chez quelques populations, la tribu primitive n'est pas un ensemble de familles constituées chacune par le père, la mère et leurs enfants, mais elle est une unique grande famille où les adultes vivent en commun et les enfants sont élevés en commun. Dans les tribus, les adultes tendent à s'unir par des périodes qui peuvent aller de quelques minutes à quelques années. Le mariage comme nous le connaissons n'existe pas. Les enfants apprennent la sexualité dans une manière naturelle par les animaux, les jeunes et les adultes. Les tribus primitives sont normalement matrilinéaires. C'est à dire qu'on reconnaît la descendance selon la ligne maternelle et la tribu se structure autour de ce type de liaison. Ceci se passait aussi car les sociétés primitives n'étaient pas encore conscientes du rôle du mâle dans la fécondation de la femelle. Les concepts de père et de grand père n'existaient pas. En plus, les femmes étaient toujours présentes dans le village et elles tendaient à travailler ensemble, tandis que les hommes s'éloignaient pour la chasse.

Vraisemblablement, la famille naquit dans le néolithique, avec l'arrivée de l'agriculture. L'agriculture réclama la dispersion des hommes sur le territoire, sur les champs à cultiver. À ce moment, la tribu primitive finit en crise. Les unions devinrent plus individualisées sans pour autant arriver au couple comme nous le connaissons aujourd'hui. En effet, pendant de millénaires sont existées des formes familiales différentes et plus ouvertes de celle à laquelle nous sommes habitués, par exemple des formes polygamiques, mais aussi de petits groupes formés par des hommes et des femmes qui travaillaient les mêmes pièces de terre, des familles matriarcales, des familles étendues. Des formes de famille avec plus de deux composants adultes sont fréquentes dans les sociétés primitives. Le mariage fut institué comme une reconnaissance formelle de l'union familiale. Avec l'arrivée par le Moyen Orient de religions ayant une phobie du sexe et en analogie avec le monothéisme religieux, le mariage devint strictement monogamique, éternel et indissoluble. On introduit aussi le patriarcat, qui produisit de profonds bouleversements dans la structure des tribus et dans le rôle des femmes. Les populations germaniques qui envahirent l'Empire Romain avaient l'usage socialement reconnu de placer d'autres femmes à côté de la femme principale.

Appauvrissement de la sphère affective
Dans une tribu, les enfants sont élevés en commun et de nombreuses jeunes filles et femmes s'occupent d'eux. Les enfants se sentent comme enveloppés par une sphère d'affection. La structure matrilinéaire tend à renforcer cette intonation affective des relations à l'intérieur de la tribu. En partie, cette sensation est éprouvée aussi par les enfants d'aujourd'hui qui vivent dans de villages, dans de maisons où demeurent plusieurs familles qui appartiennent au même parentage. Les nombreuses grand mères, tantes, cousines, soeurs, mais aussi les analogues figures masculines créent un cocon d'affections. Le même discours est en bonne partie valable pour les adultes aussi qui se trouvent immergés dans un filet d'affections, parentage et amitiés, soit qu'ils vivent dans un village ou dans une tribu. L'arrivée du patriarcat eut de remarquables conséquences surtout sur les femmes qui perdirent une grande partie de leur influence sociale dans processus d'émargination au cours duquel normalement elles furent recluses et réprimées.

Il faut noter aussi, que dans la tribu les membres sont nombreux tandis que dans la famille ils sont vraiment peu et chaque composant est pratiquement irremplaçable. L'abandon d'un composant de la famille est beaucoup plus grave du même événement à l'intérieur d'une tribu. Dans la famille, la limitation des liens affectif à peu d'individus engendre des anxiétés et dramatise les rapports entre les membres. Les parent ont peur de perdre son conjoint dans une autre relation. De cette peur naît une possessivité qui amène souvent à des comportements de contrôle réciproque voire de persécution. Dans la ville, un enfant vit avec ses seuls parents. Souvent, il ne les voit pas pendant toute la journée et il en sent le manque, comme il sent aussi le manque de frères et de copains. À l'intérieur de la communauté, un enfant handicapé trouverait plus aisément des espaces et il ne grèverait pas seulement sur ses parents. Souvent, les parent aussi ont peu d'amis et d'autres membres de la famille et ceux qui existent demeurent loin. La situation générale d'aujourd'hui est celle d'une remarquable aisance économique qui ne suffit pas à faire face à une importante carence d'affections.

Dans nos sociétés, le travail, une grande quantité d'obligations et de commissions, et pour la femme un tas de travaux domestiques qui s'ajoutent au travail extérieur, soustraient aux adultes le temps pour vivre leur vie et pour des échanges avec les autres composants de la famille. On doit arracher des morceaux de temps aux devoirs. Le travail est presque toujours une tache répétitive qui dure des dizaines d'années avec des petits changements de type de travail ou d'ambiance physique ou humaine. Cette répétitivité finit par annuler en peu de temps toute créativité et tout intérêt. Par contre, l'être humain a besoin de changer ses horizons plusieurs fois pendant sa vie. Le travail domestique, particulièrement répétitif, est presque toujours effectué par la femme, qui se trouve aussi isolée dans son logement. Dans une tribu, au contraire, les femmes travaillent ensemble, ce qui est beaucoup plus facile à faire que lorsque on est toutes seules. Solitude, ennui, anxiété et dépression s'accompagnent souvent dans les modernes sociétés industrialisées.

Prohibitionnisme affectif et sexuel
L'institution de la famille canonique a eu des importante conséquences sur l'économie affective des êtres humains. En effet, par le serment de fidélité réciproque, les deux conjoints se promettent aide mutuelle, mais ils deviennent aussi l'un le gardien de l'autre. L'intense échange d'effusions qui était propre de la tribu a été éliminé par la famille nucléaire. Les bonobo qui, comme je l'ai dit, sont les singes les plus proches à nous du point de vue génétique, jouissent d'une intense et libre sexualité. Si le groupe s'épouvante pour la vue d'un prédateur, dès que le danger est passé courent tous a s'accoupler, pour se calmer et pour retrouver leur tranquillité.

Aussi les formes architectoniques ont étés adaptés à ce type de famille, en effet les bâtiments et les murs sont des barrières à la fréquentation réciproque, en plus que des confortables prisons auxquelles on finit pour se rendre. Une architecture différente pourrait nous permettre une façon de vivre plus libre. Voilà un autre voie par laquelle la culture nous conditionne et nous mortifie. En général, les poussées centrifuges à l'intérieur de la famille sont générées par les tendances vers la structure des relation entre les sexes qui existait il y a des centaines de milliers d'années, mais elles sont opposées par des formes d'organisation plus récentes aux quelles nous ne sommes pas génétiquement adaptés.

L'invention du père
Aujourd'hui on parle souvent de l'importance de la figure paternelle dans l'équilibre psychologique des enfants, au point que certain psychologues font dépendre des pathologies d'enfants et d'adultes au manque du père. Ils raisonnent comme si le concept de père fut inné dans l'enfant, mais il pourrait très bien ne pas l'être. Chez les hommes primitifs, il n'existait pas la conscience du lien entre l'acte sexuel et la reproduction. On croyait que les femmes fussent fécondées par les esprits de la forêt ou par le vent ou par les dieux. Comment il y aurait pu être le concept de père dans ces conditions? Ce concept est une acquisition récente qui remonte à quelque milliers d'années seulement. Cela est prouvé par le fait que les tribus primitives que nous connaissons sont souvent matrilineaires. Dans ces tribus, le seul lien de sang reconnu est celui de mère-fille/fils. Recemment, à la découverte du père biologique, a été ajouté la figure du père chef-de-famille, qui s'est imposée dès l'arrivée du patriarcat. Aujourd'hui, lorsque on montre une photo d'une famille autour de l'arbre de Noël, on fait aussi passer le concept que la famille formée par le père, la mère et les enfants soit quelque chose d'éternel et qui a toujours existé. Bien peu de monde imagine combien la réalité qui se cache derrière cette carte est différente.

Une communauté matriarcale
La communauté des Moso, localisée entre le Tibet et la Chine, représente une des dernières sociétés matriarcales. Dans cette communauté, la "famille" est organisée autour de la mère et la descendance est de mère en fille (descendance matrilinéaire). Les femmes ont plus d'importance sociale des hommes et elles travaillent soit dans la maison que dans les champs, tandis que les mâles ne travaillent pas et il sont assez marginaux. Le mariage n'existe pas. Par contre, il y a un système de visites selon lequel les mâles adultes vont faire visite à une femme, laquelle dans le cas qui se présente plus d'un visiteur choisit l'homme avec lequel passer la nuit. Normalement ces visiteurs arrivent le soir et partent le matin, mais ils peuvent aussi s'arrêter pour quelques jours. Le concept de père biologique n'existe pas. Les Moso sont convaincus que le foetus existe déjà dans le ventre maternel et qu'il soit seulement mouillé par le mâle. On crois que les caractéristiques des enfants dépendent seulement des femmes. Les enfants ne sont pas élevés par le père, mais par l'oncle maternel qui en remplit les fonctions. Les hommes ne forment pas une famille à eux mêmes, mais ils vivent dans leur famille maternelle. Normalement dans le courant de leur vie, les femmes et les hommes "connaissent" des centaines de partenaires. On se moque de la jalousie et des unions stables. Les filles peuvent quitter la maison maternelle pour aller à former une autre famille matriarcale.

Évolution des formes de la vie en commun
Des tribus primitives, nous sommes passés par les clans, par les familles patriarcales élargies, à la famille nucléaire. Les différents peuples ont connu différentes formes de famille. Par exemple des familles dans lesquelles un homme partageait aussi les soeurs célibataires de la femme ou vice versa. Dans les derniers siècles, la famille a évolué beaucoup. La permanence de la prostitution dans les sociétés basées sur la famille peut être du aussi au fait qui en compense en quelque sorte les carences.

La diminution des mariages est un phénomène qui remonte a plusieurs décennies dans les sociétés industrialisées. Désormais, même la famille nucléaire est en crise. De ceci en souffrent tous les membres et aussi la natalité en résulte endommagée. nous sommes arrivés à la famille composée par la seule mère et son enfant, mais la disparition même de la famille semble proche. Les jeunes n'acceptent plus des liens trop forts comme le mariage tel que nous le connaissons aujourd'hui et les unions informelles de durée indéfinie sont en train de se répandre, mais souvent les jeunes gens n'acceptent même plus une simple cohabitation.

L'autonomie des femmes
Depuis la nuit des temps, la femme possède l'instinct de ne se donner jamais gratuitement, mais de se faire récompenser en quelque façon e cela était nécessaire a sa survie. Nous avons vu que la première forme de ce commerce consistait dans l'échange nourriture/sexe. Toutefois, cet échange devait être renouvelé chaque jour. Pour la femme, l'arrivée du mariage a signifié la conquête de la protection à vie et de la tranquillité. En échange, elle promet la fidélité et sa disponibilité à fournir une série de services domestiques. À son tour, à l'homme on demande de renoncer à sa nature de chasseur de femmes.

Dans sa tentative de séduire l'homme, la femme est douée d'une marquée propension à l'exhibitionnisme. En effet, l'attitude typique de la femme est de provoquer le mâle, mais de ne lui rien concéder, sauf obtenir en échange quelque chose qui la récompense dans une façon convenable. La femme obtient de pouvoir travailler et d'avoir un revenu à elle même. Comme conséquence, elle ne dépend plus du mâle et elle n'est plus forcée a lui donner rien. L'ancienne alliance basée sur la dépendance réciproque se casse, hommes et femmes s'éloignent.

Souvent, la femme sent la maternité comme une limitation de sa liberté et un obstacle économique et elle cherche de se soustraire à ce servage. Puisque elle n'est plus forcée à la maternité et comme les contraceptifs sont disponibles, souvent elle renonce à sa fonction reproductive. Par l'autonomie économique, outre la liberté, la femme obtient l'affranchissement des servages domestique, sexuel et reproductif.

Des importants flux de migration et de nombreuses adoptions compensent la baisse démographique des sociétés plus évolues. Mais on assiste aussi à la naissance de tensions sociales dues aux différences culturelles et aux difficultés d'intégration réciproque.

En n'étant plus nécessaire dans l'économie domestique, l'homme devient inutile. Il entre en crise et il va à la recherche d'un nouveau rôle. De son côté, la femme devient victime de sa propre liberté. Une liberté trop vaste, dans laquelle elle se perd et ne trouve plus la voie pour l'expression de sa propre nature. Dans la tentative de calmer l'anxiété d'une vie dépourvue de sens, elle s'en remet à des astrologues, des magiciens et des psychiatres.

Vers de nouvelles formes de vie en commun
Si la famille qui nous connaissons est en crise, depuis pas mal de temps on est en train d'expérimenter de nouvelles formes de cohabitation. Sans le savoir, ces formes tendent aux formes naturelles et vraisemblablement elles auront la conséquence d'y faire coïncider des formes institutionnelles renouvelés. Toutefois, il n'est pas facile de réhabiliter des formes de vie communautaire à cause des limitations à sa liberté que cette socialité trop envahissante peut comporter.

L'individualisme pousse les homme à vivre toujours plus isolés les uns des autres et il a réduit au minimum les communautés familiales, celle des amis, du voisinage, du village, de l'arrondissement, etc. Mais l'espèce humaine et ses ancêtres ont vécu en commun dès la nuit des temps, depuis de millions d'années. Les hommes sont beaucoup sociables et maintenant les individus atomisés des sociétés industrialisées souffrent de leur solitude, même si dans les faits ils la cherchent activement.

Les jeunes gens, habitués comme ils le sont par le monde du spectacle à la variété de sollicitations et de partenaires possible, supportent mal l'idée d'un lien fixe et éternel. Ils se montrent plus intéressés à d'éventuelles unions multiples, mais pas très prenantes. Dans la société des singles, le mariage n'est pas à la mode, les unions sont volontaires et libres et durent jusqu'à quand il y a un accord réciproque. Dans de futures sociétés, on pourrait recréer des communautés libérés des principaux inconvénients des tribus primitives et de la famille fermée, mais il n'est pas claire si ces sociétés sauront garantir une suffisante autonomie à ses membres.

Les moyens de télécommunication d'aujourd'hui favorisent la rencontre, mais ces rapports tendent à être éphémères, comme si ceux qui se connaissent dans cette manière n'arrivassent pas à se débarrasser d'une virtualité qui les ait contaminés dans une façon mystérieuse.

Conclusion intermédiaire
Ce court résumé a cherché de montrer comme nous avons étés modelés physiquement et psychologiquement par notre parcours évolutif. Il a essayé même d'ébaucher quelques unes des principales tensions auxquelles nous sommes soumis à cause des changements de notre façon de sentir et de vivre dans le cours des millénaires dus au passage de la tribu à la famille et à la crise actuelle de la famille. Je me suis arrêté en particulier sur notre affectivité et sur son expression, mais le même type d'analyse pourrait être faite pour beaucoup de nos composantes qui dans ces sociétés ne trouvent pas une suffisante voie d'expression. On peut penser par exemple à notre aptitude à l'usage des mains, à notre corporalité et à nos capacités créatives. Dans le prochain chapitre, nous prendrons en considération nos capacités intellectuelles.

Ce qui j'ai brièvement décrit dans ce chapitre se réfère à tous les hommes et femmes en général, mais comme nous le savons, il y a une grande variabilité individuelle et chaque individu est fait à sa manière. Plus en avant, nous verrons comment déterminer notre particulière façon d'être. Dans tous les cas, très souvent nos comportements peuvent trouver une explication dans notre passé évolutif et dans cette manière ils acquièrent de la profondeur.

Dans la trajectoire évolutive de notre espèce, la culture est quelque chose de nouveau et elle est en quelque sorte "en essai". Beaucoup des inconvénients que j'ai souligné au début de ce travail sont dus à l'immaturité de cet instrument. C'est à partir de peu de milliers d'années que nous avons donné à la culture des nouveaux fonctions. En elle, coexistent des formes anciennes et d'autres modernes ou tout à fait nouvelles. L'histoire du XX siècle, caractérisée par des guerres mondiales, des révolutions, des conflits idéologiques et religieux démontre largement combien nous avons encore à faire pour apprendre à utiliser convenablement nos instruments intellectuels.

Ce qui nous devons rappeler de l'examen de ce long parcours évolutif de notre espèce sont deux choses: la première, et la plus importante, consiste dans les facteurs environnementaux, économiques et sociaux qui nous ont déterminés dans la substance de notre corps, dans les formes physiques et surtout dans celles psychologiques. Ce qui nous sommes, dans nos fonctions de base, dans nos nécessités et comportements émotifs, dans nos valeurs naturelles plus profonds et dans nos façon d'être qui se sont petit à petit ajoutées et intégrées les unes aux autres, dérive de notre long passé évolutif et beaucoup de nos comportements trouvent une explication dans cette perspective. La seconde réside dans l'émersion de la culture comme instrument de régulation sociale et d'asservissement, mais aussi comme instrument de connaissance et de libération. Plus en avant, nous verrons comment il soit possible d'utiliser ces réflexions pour vivre plus en accord avec nous mêmes.


INTELLIGENCE, LANGAGE, CONNAISSANCE, CONSCIENCE
TDM

Dans notre tentative de faire un peu de lumière en ce que nous sommes, nous devons donner un coup d'oeil à nos facultés intellectuelles aussi. Ces facultés sont caractéristiques de notre espèce et elles ont une grande importance dans les relations que nous établissons avec la réalité qui nous entoure.

Intelligence
La faculté caractéristique du cerveau est l'intelligence. Mais qu'est-ce que c'est l'intelligence? La définition selon laquelle elle consisterait dans la capacité de résoudre des problèmes est très vague et ne dit pas beaucoup. Une définition plus précise la considère la capacité de saisir des rapports. L'intelligence opère sans cesse des comparaisons et elle en tire des rélations. Les rapports de similitude et de différence lui permettent de classifier les objets. Par exemple, nous pouvons réunir les roses, les tulipes et les violettes dans la catégorie des fleurs; nous pouvons réunir les hommes et les oiseaux dans la catégorie des bipèdes, etc.

L'intelligence peut découvrir d'autres types de relation entre les objets comme ceux de contemporanéité, de succession, d'implication, de causalité, etc. Par exemple, c'est tout juste l'intelligence qui nous fait découvrir la relation de cause - effet entre l'avoir mangé trop chocolat et avoir du mal au ventre. Attention, car il n'y a pas seulement de classes d'objets, mais aussi de formes, de comportements, d'actions, de fonctions, d'idées, etc. Par exemple, dans la catégorie des triangles (un sous ensemble des formes) il y a beaucoup de triangles différents, dans celle de la générosité il y a beaucoup de comportements qui démontrent de la sollicitude pour le prochain, etc.

Notre cerveau est formé par quelques centaines de milliards de cellules nerveuses appelées neurones. L'intelligence est produite par la spéciale façon par laquelle ils sont branchés les uns avec les autres. Les neurones reçoivent des signaux par une multitude d'autres semblables (normalement quelques dizaines de milliers) et ils envoient des signaux à un nombre limité de neurones. La structure particulière par laquelle ces neurones sont branchés (architecture) en détermine la fonction spécifique. Par cette façon, une importante quantité de cellules finit par canaliser ses propres signaux sur une ou peu de cellules lesquelles donneront un signal spécifique et significatif. Par exemple, au cours de la lecture, des millions de cellules nerveuses sont engagées au même temps. Si ces cellules rencontrent une "o", elles la reconnaîtront et activeront d'autres neurones des aires moteurs de la bouche lesquelles nous feront prononcer le son "o". Si à côté de la "o" il y a une petite jambe, les groupes de neurones de la "o" verront inhibés et ils seront par contre activés d'autres groupes de neurones qui nous feront prononcer: "p, q, b, d", selon les cas. La reconnaissance des formes est seulement une des multiples fonctions de l'intelligence.

La structure du cerveau est donc essentiellement associative. C'est son associativité qui pendant la lecture préside à la reconnaissance des lettres, à l'activation des aires linguistiques, à l'activation des aires de la pensée, etc. C'est toujours sur la base de cette associativité que le cerveau opère sans cesse des comparaisons en ce que nous voyons et ce que nous avons en la mémoire, ou entre deux ou plus objets et nous permet de saisir des relations entre eux. L'intelligence consiste donc dans la capacité de saisir des relations entre deux ou plus objets, tant qu'il s'agit d'identifier des lettres, que d'évaluer les capacités de récitation d'un acteur ou de reconnaître un visage.

Apprentissage
À sa naissance, un enfant possède déjà une grande quantité de liaisons prédisposées. Beaucoup d'autres seront établies par la suite. En fait, dans le cours de l'apprentissage, les liaisons valables seront renforcées, tandis que celles erronées seront éliminées. À ce but, il est très important la réalité et l'aide d'un adulte pour confirmer ce qui est correct et pour indiquer à l'enfant ce qui est erroné. C'est par cette façon qu'un enfant apprend à associer un son à chaque lettre de l'alphabet. Le maintient de ces connexions, leur mémoire, nous donne la faculté de lire. C'est clair que notre capacité associative est d'autant plus importante, que le nombre des liaisons sera plus grand et l'archive des classes qui nous avons distinguées sera vaste. Par contre, nous aurons des difficultés si les classes qui nous avons sont limitées ou si sont fondées sur des critères imprécis ou inadaptés.

Beaucoup d'aires, d'intelligences et de mémoires
L'intelligence ne regarde pas seulement la vue et la raison, mais aussi l'affectivité, la créativité, les capacités mathématiques, celles musicales, l'habilité de bouger le corps, d'user les mains, la maîtrise du langage et beaucoup d'autres fonctions. Une personne démontre de l'intelligence dans les relations sociales lorsque elle sait prendre son prochain par le bon bout, mieux de ce que ferait un autre. Une danseuse sait répéter un pas de danse et interpréter des gestes mieux de ce qui sait faire une personne normale.

Le cerveau a une structure modulaire car il est formé par beaucoup d'aires, chacune desquelles gère une fonction différente. Nous avons autant d'intelligences et de mémoires que des aires cérébrales. Vous vous rendez compte de ce fait quand, pour vous souvenir l'orthographe un mot, vous devez l'écrire. Chez le même individu, l'intelligence est différente d'une fonction à l'autre. L'abondance de neurones et de liaisons dont les aires sont équipées est différente d'un cas à l'autre, c'est pourquoi nous pouvons être très adroits dans certains domaines et moins dans d'autres. Il y a du monde qui montre de l'authentique génie dans un domaine, au dehors duquel parfois il est maladroit d'une façon surprenante.

Au contraire, des aires pauvres de neurones ou avec des neurones qui possèdent peu de liaisons ou des liaisons incorrectes, effectuent mal leurs fonctions. Dans la dyslexie, les informations relatives à la reconnaissance des lettres et au leur montage en mots ne sont pas traitées correctement et par conséquence les dyslexiques ont des difficultés dans la lecture et souvent aussi dans l'écriture. Notre espèce a acquis le langage depuis peu de temps à l'échelle évolutive. Par conséquence, encore beaucoup de monde a des difficultés avec le langage. Parmi ces difficultés, outre la dyslexie, nous pouvons considérer aussi les problèmes dans la compréhension de la langue parlée, en base auxquels un enfant n'arrive pas à suivre les leçons à l'école et il reste en arrière et les problèmes de l'expression orale de ses contenus en base auxquels il ne sait pas dire ou écrire ce qu'il pense ou il pense une chose et il en dit ou il en écrit une autre.

Selon Paul MacLean, dans le cerveau humain, on pourrait distinguer trois couches fondamentales: celle reptilienne, la plus primitive et profonde; celle paléo-mammifère, propre des mammifères primitifs et celle néo-mammifère. La dernière couche serait celle qui caractérise les mammifères les plus modernes, en particulier les primates. Chez l'homme, cette couche aurait subi un développement exceptionnel et aurait formé un néo-cortex qui envelopperait le cerveau entier. Nous pouvons imaginer que ce néo-cortex ait amplifié beaucoup la grande partie des capacités de notre espèce, en faisant émerger des supérieures capacités d'abstraction, le langage, la pensée, dans le calcul, la créativité, l'affectivité, etc. En somme, l'haute complexité du cerveau humain aurait puissamment enrichi notre nature qui montre d'être douée d'un répertoire de comportements, sensibilités, prédispositions et capacités bien plus vaste de celui animal. L'exercice de ces aires, surtout de celles les plus riches, est source de plaisir et il nous réalise. Plus loin, nous reviendrons sur cet important argument.

Langage
Le langage est encore du à la capacité associative du cerveau qui joins un nom à chaque classe. Par exemple, elle donne le nom de triangles à l'ensemble des polygones avec trois angles. Elle permet aussi la comparaisons entre les classes pour en obtenir des relations. Le langage n'est pas seulement en gré de nommer les classes, mais aussi d'exprimer les relations qu'il y a entre elles, comme dans l'exemple qui suit: "les hommes sont plus fort des femmes, mais elles sont plus rusées".

Connaissance : les modèles perceptifs et les modèles verbaux de la réalité
Revenons un peu en arrière. Les animaux ne possèdent pas un langage verbal comme le notre, donc comment font-ils pour connaître la réalité? Un animal immergé dans un certain environnement tire des images de ce qu'il observe, il perçoit des sons, des parfums, des sensations tactiles, etc. Toutes ces perceptions reconstruisent l'ambiance dans la tête de l'animal. En d'autres mots, l'animal crée un modèle perceptif de la réalité. Il faut noter que ce modèle est très raffiné. En effet, il n'est pas formé par une image fixe et par des perceptions brutes, mais il obtient quelque chose qui ressemble plus à un film en trois dimensions, au quel sont associés des sons, des odeurs et des sensations tactiles significatives, comme celles qui peut avoir un loup dans une ambiance naturelle, pendant le vent qui lui bouge la fourrure lui amène l'odeur d'une proie.

La pensée des animaux.
Alors que les cameras voient et se rappellent de tout, sans rien y comprendre, les yeux sont capables de recréer inlassablement la réalité et ils le font si rapidement que nous ne nous apercevons même pas. Cette opération continue d'"extraction" et de reconnaissance des objets est accomplie par l'intelligence (humaine et animale). Beaucoup de monde doute de l'intelligence des animaux, pourtant, même s'ils ne parlent pas, eux aussi sont capables de extraire et de reconnaitre les objets qu'ils rencontrent et cette opération implique un puissant travail de la part de l'intelligence.

Les animaux ont dans la mémoire les images des objets qui ont rencontré et le souvenir des expériences et des émotions qu'ils y avaient associés. Les animaux raisonnent donc par analogie à des objets et à des situations qu'ils ont connu et ils sont en gré d'effectuer des opération logiques avec ses modèles perceptifs et en cela consiste leur pensée. L'homme aussi est un animal et lui aussi récrée dans sa tète des modèles de la réalité, exactement comme il le font les animaux. Nous aussi avons dans notre tète l'image de beaucoup d'objets et le souvenir de beaucoup d'expériences. Nous aussi raisonnons par images et sur la base de situations déjà éprouvées. En plus, nous avons le langage et la capacité de raisonner par moyen de représentation linguistiques et logiques de la réalité.

Perte de contact avec la réalité
Connaître signifie créer un modèle de la réalité. Tandis que les animaux connaissent par moyen de modèles perceptives, les hommes utilisent aussi les modèles verbaux. En réalité, l'homme tend à utiliser toujours plus les modèle verbaux. Cela est du au rôle privilégié attribué à la raison par notre civilisation, à l'éducation scolaire qui est presque uniquement basée sur le langage, à la vie en milieu urbain, à l'éloignement de la nature, à l'usage de moyens substitutifs de l'expérience directe comme les moyens de communications et aujourd'hui l'informatique.

Prisonniers de ses propre voyages mentaux, l'homme tend à perdre le contact direct avec la réalité pour vivre dans un monde d'abstractions, dans une propre réalité virtuelle. Ses abstractions et sa culture s'interposent à la réalité et souvent la brouillent. Aujourd'hui, la grande partie des personnes vit dans un monde artificiel et ne connaît pas la nature. Puisque la connaissance perceptive et directe est celle qui mieux s'accorde à notre façon d'être, sa régression correspond à un appauvrissement de notre expérience. Les moyens de communications nous décrivent des événements au quels nous n'avons pas pu assister. Nous finissons par connaître seulement par la raison ce qui auparavant était connu par toutes les dimensions de notre être. La culture se place entre nous et la réalité et souvent en altère profondément l'interprétation, avec des conséquences négatives pour notre liberté.

On dit que la caractéristique spécifique de l'homme soit l'intelligence, seulement l'homme pense, a le langage et ainsi de suite. Cette série de lieux communs a parmi ses résultats ceux de nous consigner une âme et de nous séparer des animaux qui deviennent quelque chose de peu plus d'objets. Aux animaux est niée leur "humanité" pour le seul fait qu'ils ne savent pas s'exprimer par le langage verbal. Cette façon de concevoir les choses, cette surévaluation des facultés intellectuelles que nous ne savons même pas user comme il le faut, ne sont pas nuisibles seulement pour les animaux, mais aussi pour nous mêmes car elles nous empêchent de comprendre ce que nous sommes vraiment et nous font faire une série d'erreurs.

Chez les enfants, les modèles perceptifs sont beaucoup importants. En effet, ils tendent à connaître la réalité avec tout leur corps et aussi avec leurs émotions. Lorsque ils entrent à l'école, ils se trouvent dans une situation très difficile car les enseignants cherchent de les porter tout de suite à une connaissance verbale du monde à laquelle ils ne sont pas prêts. Pour des enfants, rester assis pour autant d'heures est une vraie torture. Ils sont habitués à courir dans la réalité et non pas à rester assis pendant des heures à n'écouter que des mots.

Cette privation de la liberté et de leur façon d'être souvent finit par déterminer un refus de l'école pendant lequel les enfant peuvent assumer des comportements indiscipliné ou de faible application. Pour éviter ce problème, l'école devrait prévoir un certain nombre de leçons pratiques qui permettent aux enfants un contact direct avec la réalité. Dans l'après-midi, au lieu de faire d'autre leçons théoriques, il faudrait accomplir des activités créatives et de jeu qui permettent aux enfants de trouver aussi du plaisir dans l'école et de désirer d'y revenir. Par de simples moyens comme ceux ci, l'ambiance de la classe pourrait devenir meilleur et aussi le profit y en gagnerait.

Manipulation
Le langage est capable d'exprimer ce que l'on a vu, mais aussi d'utiliser des mots pour attribuer à la réalité des significations que ne lui appartiennent pas, pour parler de réalités jamais éprouvées et pour inventer des réalités inexistantes. La capacité d'inventer des relations pas relevées et de les affirmer avec la parole ne livre pas à l'homme seulement l'imagination et la capacité de produire des légendes, mais aussi la duperie et le condamne à une lutte sans cesse avec les mots pour arriver à entrevoir la réalité. Ce qui est étonnant en certains individus est leur manque de la capacité de distinguer la réalité de ses descriptions. Étant donné l'absence de doutes, ils ne sentent même pas la nécessité de contrôler les sources ou de faire des vérifications élémentaires.

Dépourvu du langage verbal, l'animal n'est pas capable de concevoir des réalités imaginaires. Par conséquence, il est aussi plus objectif, mais sa capacité de connaître le monde est beaucoup plus limitée, et non seulement du point de vue géographique. Au contraire, l'homme pousse son regard et sa pensée jusqu'aux galaxies les plus éloignées. Il peut connaître ce qui se passe de l'autre côté du monde, sauf être presque toujours incapable de comprendre ce qui se soit vraiment passé. En effet, souvent les mêmes reporters témoins des faits ont une tendance à altérer la réalité pour des buts de partie.

Du point de vue systémique, le cerveau est un système dont les neurones sont les éléments. Désormais, nous savons que chaque système produit quelque chose qui n'existe pas dans les éléments qui le constituent. Quelles sont alors les qualités nouvelles qui émergent de cette organisation de cellules nerveuses? Ce sont les modèles perceptifs, les descriptions linguistiques de la réalité et donc la pensée. Lorsque l'homme prend soi même comme objet de son attention, il obtient la conscience de soi même.

La pensée verbale et la conscience sont donc les produits les plus propres de l'homme, des authentiques plans de la nature conquis par des animaux pourvus d'un système nerveux de haute complexité. Par eux mêmes, les neurones ne pensent pas. Voilà encore une fois comment, par l'intégration d'éléments dans un système, apparaissent des fonctions nouvelles qui ne sont pas du tout présentes dans les éléments de base ni dans la nature physique. L'apparition du langage, de la pensée et de la conscience est donc un événement qui a quelque chose de miraculeux, dans lequel apparaissent des qualités qui auparavant n'existaient pas. La pensée est une dimension nouvelle, inexistante dans les animaux inférieurs, crée par une spéciale organisation des cellules nerveuses, par un système. Même en étant un produit de l'activité des neurones, la pensée acquiert une autonomie de la structure qui le rend possible. Une autre conséquence de cette analyse est que aussi les animaux sont doués d'intelligence et, évidemment, même de sensibilité et conscience. Cette dernière en proportion à la complexité de l'animal.

Le fait que la pensée puisse apparaître en vertu de l'organisation de la matière ne signifie pas qui n'existent pas des divinités. En réalité, elles pourraient aussi exister, mais elles pourraient avoir décidé de ne pas intervenir pour nous laisser notre liberté.

Conclusion
Nos facultés intellectuelles nous offrent une façon différente par rapport au monde animal d'enter en contact avec la réalité, une façon que nous avons encore à apprendre à gérer, si nous ne voulons pas finir prisonniers de réalités inexistantes et de manipulations. À ce but, nous avons déjà discuté de l'importance de nous doter d'une pensée libre.

Il est aussi important de nous rappeler que l'haute complexité de notre cerveau a en quelque façon développé nos capacités primitives. Nous avons aussi vu comme il soit organisé par aires, à chacune desquelles correspond une intelligence et une mémoire spécifiques. Ces aires requièrent d'être exprimés et de cela nous parlerons plus en avant.

Nous avons pu aussi nous apercevoir que nous partageons avec les animaux le moyen perceptif de connaître, que nous devrons réévaluer.

Dans la discussion des choix à accomplir pour donner des contenus à notre liberté, nous devrons nous rappeler aussi ces aspects intellectuels de notre nature, auxquels nous joindrons aussi notre affectivité, qui nous avons déjà appris à apprécier comme l'une des qualités les plus significatives du genre humain (et non seulement).


VALEURS NATURELLES
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Ce que nous sommes est donc le résultat d'une longue évolution biologique, par conséquence nous devrons avoir plus ou moins les mêmes instincts des animaux dont nous descendons. En effet, les nourrissons ont le reflet de succion, celui de s'agripper, la marche automatique, l'attachement émotif à la mère, l'inclination au jeu (présent aussi dans des animaux simples comme les mouches). Évidemment, nous avons aussi l'instinct de nous alimenter, de boire et de nous reproduire, mais on ne peut pas entièrement ramener notre comportement à ces pulsions élémentaires. Nous avons aussi remarqué comme le terme de instincts soit trompeur car il tend à oublier le rôle d'importantes composantes de nos âme, comme par exemple notre remarquable et complexe affectivité.

Comme nous l'avons vu, notre espèce est caractérisée par un cerveau très complexe qui a énormément amplifié nos capacités par rapport aux singes, nos anciens ancêtres. Donc, à côté des instincts et des capacités que nous partageons avec les animaux desquels nous descendons, nous devons considérer aussi d'autres importantes capacités. Par exemple, nous sommes doués d'une naturelle curiosité, d'un plaisir pour la connaissance et pour l'exploration. Nous avons une remarquable rationalité et des importantes capacités mathématiques. Nous sommes attirés par l'absolu et nous aimons la perfection dans la pensée, dans l'expression linguistique, dans l'art et dans les comportements. Cette attraction pour l'absolu nous a aussi fait concevoir des systèmes de pensée complexes et nous a amenés à l'idée de Dieu. Nous avons un remarquable sens esthétique qui nous fait prouver plaisir pour les belles formes et de cette sensibilité sont nées la sculpture, la peinture, la musique, la littérature et la poésie. Nous avons aussi un sens éthique inné et beaucoup d'autres capacités qui ne figurent pas dans cette brève liste.

Ces facultés complexes vont manifestement beaucoup au delà des nécessités de survivance des hominidés primitifs dont nous faisons encore partie d'un point de vue biologique. Nous ne savons pas comment et pourquoi ces facultés se sont développées. Il est par exemple difficile de comprendre de quelle nécessité évolutive soient jaillies nos capacités mathématiques. À des hommes primitifs comme nous le sommes génétiquement ne sert pas connaître le calcul différentiel, toutefois nous le maîtrisons sans problèmes. Nous sommes passionnés pour la musique, mais nous ne bornons pas à battre une branche sur un tronc vide. Des instruments de musique ont étés trouvés à côté des premières manifestations d'art rupestre et d'inhumation des morts, mais ces retrouvailles ne peuvent pas expliquer nos actuelles hautes capacités en musique. Probablement, l'apparition du néo-cortex dans notre espèce a beaucoup amplifié nos capacités préexistantes.

Il est difficile de faire une liste des facultés présentes dans cet "en plus". Ce qui est important c'est d'avoir compris que notre volonté et notre comportement ne sont pas déterminés seulement par les instincts, mais aussi par la tendance à être exprimées des structures cérébrales complexes qui sont à la base de nos facultés. Normalement, cette tendance se présente à la conscience sous la forme d'un désir et, après un contrôle éthique, peut être transformée en volonté et en actions.

Si une valeur est quelque chose qui nous plait et qui nous désirons, même l'expression des différentes composantes de notre nature constitue une série de valeurs. Étant donnée la complexité que beaucoup de ces fonctions atteignent dans notre espèce, nous pouvons appeler motivations complexes les désirs qui émergent de celles-ci. Donc, instincts et motivations complexes forment les valeurs naturelles qui nous possédons.

On comprend bien combien il y aurait à dire à propos de chacune de ces facultés. Dans tous les cas, ces capacités et celles qui j'ai cité dans le très rapide excursus sur notre passé évolutif constituent l'ensemble des nos modalités générales d'être que tous les hommes possèdent en des différentes proportions et qui représentent nos valeurs naturelles. Lorsque une ou quelques-une de nos capacités sont très développés dans une personne on peut parler de prédispositions et aussi de vocations. Plus loin, on essaiera d'établir quelles sont les capacités particulières qui nous caractérisent comme individus. L'expression de nos composantes naturelles est source de satisfaction et elle contribue au plaisir de vivre.


VALEURS ACQUISES
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Par le terme de valeurs acquises, on entend les valeurs d'origine culturelle qui se distinguent donc de celles d'origine naturelle. Tandis que les valeurs naturelles sont transmises par voie génétique, celles culturelles sont transmis par l'exemple et le langage. Ils ont la forme positive lorsque ils encouragent un comportement et négative lorsque ils l'interdisent.

Très vraisemblablement, les valeurs culturelles apparurent dans les tribus primitives. Parmi eux on compte les mythes, les traditions et la morale partagée. Leur début en grande échelle remonte au néolithique et en particulier dans les civilisations de l'age du bronze et dans les grands royaume de la Mésopotamie, de l'Égypte des pharaons, etc. Au but de gérer ces vastes royaumes, les souverains ne pouvaient pas laisser ses sujets libres de faire ce qu'ils voulaient, mais ils avaient le besoin de pouvoir disposer d'eux selon ses propres exigences. Les valeurs acquises ont été donc utilisés pour diriger l'action des individus dans de sociétés complexes. Parmi les premiers exemples de valeurs culturels sont le code d'Hammurabi, les exhortations écrites avec des hiéroglyphes et les 10 commandements: ne pas tuer, ne pas voler, etc.

En ce temps-là, le souverain était considéré un dieu ou l'un de ses représentant, donc entre les premières formes de régulation du comportement humain il y avait la morale religieuse. Seulement beaucoup de temps après, le lois de l'État se chargèrent de définir les plus importantes normes de comportement. Encore aujourd'hui, la morale influence beaucoup d'hommes, en formes qui en général sont complémentaires à celle de l'État. Pas seulement les religions, mais aussi les idéologies ont leur système de valeurs culturels. Ils peuvent être dirigés à la promotion humaine, ou au contraire au renforcement politique du système même.

S'il n'y avait pas les valeurs culturels, le monde tendrait à s'orienter selon ses propres valeurs naturels et ils se comporteraient différemment de ce que la société ou les autorités voudraient. De ces prémisses, il est facile de s'apercevoir que les valeurs naturelles et celles acquises sont destinées à entrer en conflit. Par conséquence, les valeurs naturelles sont souvent réprimées, empêchés dans leur satisfaction. À la longue, ce manque d'expression des valeurs naturelles crée du malaise, une insatisfaction existentielle, dépression et d'autres troubles psychologiques. Normalement, le monde n'est pas conscient de cette situation et il ne comprend pas car il n'est pas bien.

Le monde est éduqué selon un certain système de valeurs culturelles qui souvent a tout juste la fonction de neutraliser les valeurs naturelles et de se substituer à eux. Par tradition, en Europe nous sommes habitués à nous référer à l'éthique chrétienne. Selon ce point de vue, il existerait une norme de comportement inspirée à la vertu et au salut de l'âme, constamment menacée par les humaines propensions au pêché.

Normalement, nous sommes éduqués selon un système de valeurs religieuses. Arrivés à l'age adulte, souvent nous nous rendons compte que quelque chose ne fonctionne pas. Il peut nous arriver de ne pas réussir à étudier car notre regard va à la fenêtre, nous n'arrivons plus à rester à la maison car nous prend une irrésistible frénésie de sortir ou nous arrive une envie d'aller chercher les copains. Après plusieurs années que nous faisons le même travail, nous nous apercevons qu'il ne nous plait plus comme une fois, au contraire il nous ennuie terriblement. Nous pouvons aussi nous sentir sous une obscure angoisse qui nous ne savons pas d'où elle vient, mais qui pénètre tout ce qui nous entoure. Tout nous semble noir, notre futur nous parait déprimant et sans issue. Et voilà que nous allons chez le médecin qui nous donne des médicaments, mais après une couple de mois tout revient comme avant.

Ils seront nécessaires des années pour pouvoir doubler cette démarche et pour comprendre comment c'est la réalité. Pour ce qui concerne notre astronomie intérieure, nous sommes encore dans un univers ptolémaïque. Mais pour réussir à raisonner sur les instincts et sur les désirs liés à nos facultés naturelles, il est nécessaire mettre de côté Dieu, le Diable, la création, l'âme et considérer l'espèce humaine comme le fruit d'une longue évolution. Seulement par une prospective phylogénétique, psychologique et historique on peut aborder correctement le problème des rapports entre les valeurs naturelles et celles acquises.

Ils n'existent pas seulement les valeurs chrétiennes et celles des sociétés industrialisées que j'ai cité. Un système de valeurs qui s'est fièrement opposé à ceux-ci est celui marxiste, qui soutenait la lutte de classe pour le triomphe du prolétariat. Dans autres parties du monde, d'autres religions et d'autres idéologies ont proposé et proposent leurs systèmes de valeurs, qui ne manquent pas de réprimer leurs adeptes. Il existent donc des nombreux systèmes de valeurs. Souvent ils sont d'origine religieuse et beaucoup de monde s'y remettent pour s'orienter dans la vie de tous le jours. Ces systèmes ont connu une importante évolution qui ressent beaucoup des formes de production, mais aussi des traditions précédentes. Chaque important moment historique a enrichi sa propre société de nouvelles valeurs. Aujourd'hui, chaque société se reconnaît en certaines valeurs fondamentales, en certaines traditions et moeurs, en certaines formes d'organisation et normalement ses membres sont orgueilleux d'y appartenir, même si souvent ces valeurs effectuent une authentique manipulation des consciences.

Pendant ces années et à cause d'imposantes phénomènes migratoires, ces systèmes de valeurs se sont rencontrés et parfois aussi affrontés. Ce n'est pas par hasard si l'on parle de "choc des civilisations". Comme nous l'avons dit, la volonté d'imposer un système de valeurs aux autres provoque des guerres sanglantes. Au cours de l'histoire, ces guerres sont terminées lorsque on a réussi à faire prévaloir le respect réciproque au égard des valeurs. Cela signifie admettre la liberté de pensée et le respect des autres avec ses comportements. Ces conquêtes de civilisation peuvent être favorisées par le cosmopolitisme, une attitude d'ouverture vers tous les systèmes de valeurs. Le livre de K.A. Appiah (10) est de grand intérêt juste pour les comparaisons qu'il effectue entre des systèmes de valeurs et pour la discussion sur les valeurs publiques dans les sociétés ouvertes.

Mais maintenant que les dieux sont tombés des nuages et que les grands systèmes de pensée n'arrivent plus à ensorceler personne (pour ainsi dire), il devient possible recommencer à nous interroger sur notre nature interne. Cela est important car elle est juste l'origine profonde de nos motivations. Il est nécessaire réévaluer nos motivations naturelles de façon qu'il soit possible les reconnaître, au lieu de les regarder comme des enfants illégitimes et de les vivre avec des sens de culpabilité. Attention, toutefois: les valeurs naturelles sont seulement une partie de nous mêmes. Il faut éviter de leur assigner une position exclusive, autrement nous en aurons des conséquences négatives. Si par exemple on aime le vin, on ne doit pas se sentir autorisés à vivre comme des ivrognes. Il faut aussi considérer que nous vivons dans des sociétés complexes et nous ne pouvons pas nous comporter dans une façon asociale, en nous souciant seulement de nous mêmes. Si tout le monde faisait ainsi, le système économique croulerait et l'on mourrait de faim. Donc, si même les propositions d'agir dérivent de nos valeurs, la raison doit exercer une fonction de contrôle.

Même si elle peut influencer nos choix, la raison ne fait pas partie des motivations. La primauté assignée à la raison par notre culture a contribué à mettre en marge et à réprimer nos composantes naturelles. Maintenant il est nécessaire de les réévaluer au but de nous amuser un peu davantage. La raison doit aussi nous aider à nous défendre de la fonction d'asservissement des valeurs culturelles pour récupérer notre liberté. Toutefois, les valeurs acquises ne sont pas toutes négatives. Nous pouvons aussi partager la nécessité d'aider le prochain et nous pouvons nous dédier à des activités bénévoles.

Comme je l'ai dit, le terme d'instincts n'est pas adapte pour indiquer la grande variété de composantes et de prédispositions que nous possédons. En effet, par ce terme normalement on se réfère à des pulsions élémentaires comme la faim et la soif. Si l'on continuait à utiliser ce terme dans cette façon simpliste, on finirait en fausse route. Si par contre on considère qu'ils font partie de notre nature aussi les motivations complexes comme la capacité d'aimer, d'apprécier la musique et la poésie, on se rend compte que dans notre esprit il y a aussi des qualités charmantes et raffinées. Voilà encore une fois pourquoi pour nous référer à la précieuse charge naturelle qui nous avons hérité et qui nous caractérise nous devons utiliser un terme plus adapte, celui de valeurs naturelles, en comprenant soit les instincts que les motivations complexes produites par les facultés supérieures de notre cerveau. Ces facultés nous orientent naturellement vers l'expression de notre nature supérieurs. D'ailleurs, aussi Dante Alighieri soutenait que: ..."faits ne fûtes pas pour vivre comme des brutes, mais pour suivre vertu et connaissance" (Inferno, . XXVI, 119-120).

La volonté trouve donc son origine dans les valeurs naturelles et acquises. Elles produisent plaisir lorsque sont satisfaites, produisent douleur, chagrin et aussi dépression lorsque elles sont niées. La souffrance dérive de l'expression manquée de nos valeurs. Les motivations naturelles et culturelles se trouvent souvent en conflit entre elles. C'est par exemple le cas de l'individualisme au quel nous amène l'économie de marché et des exigences opposées de communauté de notre nature sociable.

Le bonheur dérive donc de l'expression de nos valeurs (naturelles et culturelles). Malheureusement, nous avons souvent des difficultés à les satisfaire. En effet, nous sommes des êtres sociables et nous devons tenir compte de ceux qui nous entourent. Des fois il serait possible, mais la société nous l'empêche en le prohibant ou en nous culpabilisant. Souvent, l'ignorance de nous mêmes et de notre situation nous empêche de suivre le chemin adapte même s'il ne devait nuire à personne. Au but de vivre plus pleinement et d'obtenir un meilleur équilibre, il est important de mieux connaître nous mêmes et de savoir lesquelles sont nos composantes naturelles. Nous devons aussi faire clarté entre nos valeurs acquises pour les préciser et les enrichir, mais aussi pour les nettoyer des conditionnements.


DÉTERMINE TES FAÇON D'ÊTRE
TDM

Jusqu'à maintenant, je vous ai parlé des caractéristiques qui en voie de principe tout le monde possède. Il s'agit des facultés que notre espèce a acquis au cours de son évolution et qui en grande partie ont été amplifiées par l'acquisition du néo-cortex. Nous pouvons avoir une idée de ces composantes par l'examen de notre développement phylogénétique de notre espèce et par l'étude du comportement animal, en particulier de celui des primates. Aussi l'étude du comportement des population primitives accompli par l'anthropologie et l'ethnologie nous offre des intéressantes informations sur notre façon d'être.

Ces informations concernent nos caractéristiques communes, mais comme je l'ai dit plusieurs fois, notre cerveau est formé par beaucoup d'aires, chacune desquelles peut être plus ou moins riche de neurones et de synapses. Par conséquence, chaque individu présente une combinaison d'habilités différentes de celle des autres et qui peut aussi être considérée unique. Ce patrimoine de façons d'être, commune à tous les membres de notre espèce, s'exprime donc en des proportions et modalités différentes dans chaque individu. Chaque être humain a donc une nature et une façon d'être à lui même et qui doivent être connus s'il veut vivre plus pleinement.

Par exemple, presque tous les hommes savent parler, mais quelques-uns sont de tempérament taciturne tandis que d'autres parlent sans arrêt... et d'autres parlent aussi tous seuls. Quelques-uns s'expriment dans une façon lente et difficile, d'autres par contre s'expriment dans une façon précise, élégante et avec une richesse de termes. Quelques-uns arrivent à peine à écrire la liste des courses, tandis que d'autres écrivent des romans et des poésies. C'est clair qu'il y a du monde beaucoup plus doué que d'autres dans l'usage du langage. Le même vaut pour toutes les autres capacités humaines. Donc, chaque individu représente une combinaison particulière et peut être unique de caractéristiques. Le problème que nous avons maintenant est celui d'établir quelles soient les composantes qui caractérisent chacun de nous en particulier. À ce propos, il est important surtout de connaître les composantes qui nous possédons dans une mesure plus haute du normal (sans négliger aussi celles dont nous sommes plutôt dépourvus). Mais comment pouvons nous faire pour déterminer nos habilités particulières, celles qui nous caractérisent comme individus? Pour le savoir, il n'est pas indispensable nous nous adresser à un psychologue, mais il est suffisant d'appliquer quelques simples techniques d'auto-analyse.

Résonance émotive
Nous avons déjà vu que la richesse de neurones et de liaisons d'une aire de notre cerveau en détermine une plus haute capacité d'en exercer les fonctions. Ce que n'ai pas encore dit est que plus une aire est riche, autant plus nous nous sentirons attirés du point de vue émotif vers une activité qui permet de l'exprimer et plus importante sera aussi la satisfaction que nous en tirerons. Si par exemple nous sommes prédisposés par la musique, l'écouter nous donnera de la joie et vraisemblablement nous serons aussi capables d'apprendre rapidement à jouer un instrument de musique. La richesse d'une aire du cerveau ne se traduit donc pas seulement en un penchant naturel et en une supérieure capacité dans l'exécution des activités auxquelles elle préside, mais aussi en une attraction émotive vis-à-vis de ces activités et en un plaisir que le sujet perçoit en les effectuant. Ceci signifie qu'en nous basant sur nos réactions émotives vis-à-vis des stimulations extérieures, nous pouvons déterminer les domaines dans lesquels nous sommes plus doués et qui caractérisent notre particulière façon d'être.

Pour mieux éclaircir cette technique, je vous raconte une expérience que j'ai fait il y a quelques années. J'étais en train de me promener dans la ville, lorsque j'entendis de la musique. Elle provenait d'un group de musiciens qui jouaient une chanson de leur pays. Elle était très belle et même si j'avais hâte je ne pus pas éviter de m'arrêter pour l'écouter. Pendant que j'écoutais cette musique, j'observais les autres passantes. Il y avait ceux qui passaient sans ralentir, des autres qui ralentissaient, mais ne s'arrêtaient pas, mais il y avait aussi des gens qui étaient visiblement pressés, ils passaient outre, mais ils revenaient en arrière, s'arrêtaient et restaient beaucoup de temps à écouter avec une évidente participation. Ce n'est pas dit que tous ceux qui ne s'arrêtaient pas n'appréciaient pas la musique, mais d'un point de vue statistique, ceux qui s'arrêtaient devaient être ceux qui l'appréciaient le plus. Ceux qui au contraire continuaient leur chemin, vraisemblablement n'étaient pas aussi intéressés.

Pour comprendre quelles soient vos prédispositions particulières, ou plus simplement ce qui vous plait, il est donc important faire attention à comme vous réagissez par les émotions vers les stimulations qui vous rencontrez. La résonance émotive vis-à-vis des sollicitations extérieures est l'un des méthodes qui vous permettent de découvrir les composantes naturelles qui vous caractérisent. Vous pouvez par exemple évaluer le degré de satisfaction en écoutant un concerto de Vivaldi, en allant à danser, en peignant, en échangeant des effusions, en résolvant une équation mathématique, etc. Donc, vous devez vous observer plus attentivement pendant la vie de tous les jours pour tracer un profil de votre âme. Vous pouvez accomplir ces observations même en suivant l'ordre des disciplines de la connaissance, lesquelles indiquent autant de domaines de l'action humaine, mais est aussi important cueillir les stimulations que la vie de tous les jours vous soumet chaque jour.

En effectuant ces observations, rappelez vous que si une musique ne vous plait pas, cela ne veut pas forcement dire que vous n'êtes pas intéressé à la musique en général, mais il est tout simplement possible que ce morceau là ne vous plait pas. Comme dans la musique il y a beaucoup de genres et à leur intérieur d'innombrables morceaux, il devient évident comme cette recherche peut être complexe. D'autre part, il est normal que un passionné de l'opérette pourrait ne pas apprécier l'opéra ou vice versa. Si au contraire vous vous apercevez qu'un certain genre vous plait beaucoup plus de ce qu'il arrive normalement, il peut indiquer une votre "résonance" pour ce type de musique.

Il est aussi possible que, en vous connaissant, vous savez déjà indiquer des habilités qui vous caractérisent. Vous devrez aussi vous rappeler ce qui vous intéresse, ce qui vous stimule votre attention, les matières où vous alliez mieux à l'école, etc.

Aussi l'observation de comment les autres personnes se comportent vous fournit des stimulations et vos réactions sont indicatives de vos composantes. Si par exemple la description des voyages accomplis par un amis vous fascine, il peut signifier que vous êtes portés pour les voyages. Dans cette recherche, les exemples des personnes qui vous entourent sont précieux. Les exemples de vie décrits par la littérature sont aussi importants. Le répertoire des comportements et des choix accomplis par les autres personnes est extremement ample, mais il est très important car il vous permet d'observer et de choisir.

Vous devez aussi observer vos spontanéités. En effet, même un désir spontané de faire quelque chose peut vous signaler une prédisposition ou au moins un besoin..

Effectuer des activités artistiques est un important moyen de connaissance de soi mêmes. Elles sont une voie d'expression de notre âme, une façon de voir la réalité et de lui réagir. Une voie qui n'est pas entravée par la médiation linguistique et culturelle. En effet, nos pensées créent souvent de la confusion entre nous mêmes et la réalité dans laquelle nous vivons. Puisque nos contenus intérieurs se transfèrent sur l'oeuvre d'art en sautant la médiation rationnelle, l'analyse de notre production artistique peut être utile pour mettre en évidence ce qu'il y a dans nous et que nous n'arrivons pas a saisir par la raison.

Même la conversation avec des amis sur ces problèmes peut vous aider à éclaircir vos idées. Eux peuvent vous dévoiler des caractéristiques que vous n'apercevez pas à cause de trop d'habitude que vous avez avec vous mêmes.

L'homme se caractérise aussi pour la mémoire. C'est la mémoire qui lui permet de construire soi même pendant sa vie et de contribuer aussi à édifier une civilisation. Donc, nous disposons d'une haute plasticité. L'éducation est en gré de valoriser des habilités, des façon d'être soit innées que apprises. Elle articule et affine nos composantes. L'école crée des sensibilités et des intérêts que rarement les personnes non cultivées montrent d'avoir et elle peut remplir un rôle de promotion humaine très important. Surtout les enfants sont beaucoup plastiques, mais il ne faut pas considérer cette caractéristique comme absolue, comme si dans leur âme n'existait aucune caractéristique innée. Aussi une expérience positive dans un domaine, en créant des associations neuronales favorables, peut déterminer des réactions positives sans qu'il y correspond une aire particulièrement riche, mais en général, si vous avez une nette prédisposition, tôt ou tard elle se démontrera.

Prenez aussi en compte les valeurs culturels, lesquels peuvent être objet de libres choix et être indicatives d'expériences et de réflexions à vous mêmes.

En résumant, les méthodes pour déterminer les composantes de votre âme sont:

- étude du comportement animal

pour les composantes communes à l'espèce

- examen du développement phylogénétique de notre espèce

- examen des formes culturelles traditionnelles


- résonance émotive

pour les composantes individuelles

- examen des habilités que vous connaissez déjà

- exemples de vie d'autres personnes

- observation de vos spontanéités

- analyse psychologique de votre production artistique

- analyse de l'éducation et de la formation reçues

- conversation avec des copains

- éducation (pas pour déterminer des composantes et des sensibilités, mais pour les créer et les valoriser)

- valeurs culturelles dans lesquelles vous croyez


L'ALTERNANCE DES ACTIVITÉS
TDM

Comme nous l'avons vu, notre nature possède une grande variété de composantes qui demande d'être exprimée. À ce but, nous effectuons toute une série d'activités. À la longue, les activités répétés comme par exemple celles du travail portent à la saturation de quelques composantes et à un état de carence d'autres. Par contre, notre personne possède une tendance naturelle à exprimer la totalité de son être, c'est à dire à exprimer l'entière gamme de sa nature. En premier lieu, elle cherche d'exprimer les composantes les plus riches et qui sont en état de carence expressive depuis longtemps. Pour cette raison, nous sommes portés à alterner spontanément des activités différentes, complémentaires entre elles vis-à-vis de nos exigences. Parfois il suffit même peu de choses. En effet il est surprenant comme aussi une simple activité pratique soit en gré de nous restituer la sérénité.

Nous ne sommes pas toujours pareils à nous mêmes, mais souvent nous connaissons un spontané émerger de tendances différentes. Il est symptomatique d'une alternance de nécessité expressives, d'une tendance vers des compensations. Si par exemple nous avons été trop longtemps assis, il nous arrive une envie de marcher ou de courir. Si nous avons été trop longtemps tout seuls, il nous arrive un besoin de compagnie.

Il n'est pas facile d'agir rationnellement dans le choix des activités qui sont nécessaires à notre âme, souvent il n'est même pas possible. Il le sait faire mieux notre corps et le désir, la curiosité, le transport qui à l'improviste nous prend vers une activité dont nous avons besoin, sont les moyens par lesquels il ne nous communique. Donc, nous avons une intelligence somatique qui nous guide et à laquelle nous devrions prêter plus d'attention car elle nous parle de nous mêmes et de notre condition. J'ai déjà parlé de résonance émotive. En général, il est très reposant de la suivre.

Notre personne est placée au centre d'une réalité complexe. Les dissonances dans le rapport avec l'ambiance ne sont pas toujours comprises à niveau rationnel. Elles sont plus souvent perçues au niveau somatique. Il nous arrive en effet spontané de nous fatiguer d'une activité répétée trop longtemps. Le choix de la nouvelle activité est souvent accomplie dans une façon irrationnelle par rapport à notre conscience, mais rationnelle par rapport à notre totalité. L'examen de ces impulsions est utile pour chercher de comprendre comme nous sommes faits et pour comprendre la réalité dans laquelle nous vivons.

Notre être et l'ambiance dans laquelle il vit, constituent deux réalités qui interagissent directement. Souvent, ce qui confond les termes de cette interaction est justement la pensée. En effet, elle est placée entre les stimulations et l'action et elle ne pourrait pas être dans une position meilleure pour faire de la confusion. La pensée pourrait même accomplir une fonction utile. Malheureusement, ce qui la fait aller en fausse route est souvent la culture. La tradition, les conventions, la religion, le marché et l'idéologie souvent nous éloignent de la compréhension de nous même et de la réalité dans laquelle nous vivons. Une saine culture devrait au contraire nous aider à éclaircir notre condition, à faire face à nos problèmes et nous devrait aider à trouver un meilleur accord entre nos façon d'être et l'environnement qui nous entoure.

Dans l'actuelle organisation sociale, le travail est une importante activité en termes de temps et d'engagement. Les autres activités lui sont subordonnées, donc compensatives dans la direction du rétablissement de l'intégralité de notre être. Pour cette raison, ceux qui font un travail répétitif ont une tendance à employer le temps libre dans une activité créative qui demande une vision d'ensemble des choses. Ceux qui effectuent un travail de direction et plein de responsabilité ont une tendance vers des activités d'évasion ou de spectateur. Celui qui travaille dans un bureau a tendance à faire du jardinage, à faire du sport ou aller à la pèche.

Car nos tendances spontanées sont souvent opposées, il peut nous venir la soupçon d'avoir un comportement contradictoire. En réalité, notre comportement est cohérent vers le rééquilibre de notre être, vers l'expression de notre totalité.

Dans ce confus rapport entre l'irrationnel et la raison, souvent on sous-estime combien l'irrationnel aussi peut se révéler utile pour nous apporter des éléments de connaissance sur notre façon d'être et sur la réalité dans laquelle nous sommes immergés.


CONNAIS TOI MÊME! CONCLUSION
TDM

Ce chapitre avait l'intention principale de montrer combien notre réalité intérieure soit vaste et combien soit important explorer notre âme si nous voulons mieux nous exprimer et vivre dans un meilleur équilibre avec nous mêmes. Le mot: "connais toi même" indique un nouveau océan à explorer. Pour achever ce voyage, j'ai repéré quelques méthodes de navigation. J'espère qu'ils vous aient aidé à avoir l'intuition de l'ampleur du répertoire de notre nature et qu'ils vous aident à retrouver vous mêmes. Maintenant, c'est à vous d'établir les routes!

Arrivés là, vous aurez compris la complexité de notre condition, comment soient insidieux les méthodes par lesquelles nous sommes conditionnés et aussi combien notre réalité intérieure soit complexe. Beaucoup de monde perçoit dans une manière aigue le problème du sens. Nous avons vu qu'un État pluraliste et démocratique ne dispose pas d'une Vérité sur laquelle diriger les masses comme il arrive chez les régimes totalitaires. La fondamentale incertitude des sociétés ouvertes ne doit pas être vue comme une donnée négative, mais au contraire comme une valeur du moment qu'elle est la prémisse indispensable pour notre liberté et pour l'expression de nous mêmes. La liberté aussi, qui au début semblait si vaste de créer affolement, peut être délimitée sans peine et elle peut devenir l'espace dans lequel nous nous exprimons et où nous vivons. Donc, même la liberté est une valeur précieuse, surtout si l'on apprend à la vivre dans une façon positive. Il est dans l'exercice des activités que nous avons choisi et par lesquelles nous mesurons le monde que le problème du sens sera resolu.

L'incertitude est aussi ce qui nous pousse à chercher de connaître la réalité par des méthodes toujours différentes, par des directions toujours nouvelles. L'incertitude n'est pas seulement à la base d'une attitude d'ouverture vis-à-vis de chaque idée nouvelle, mais aussi de la même recherche scientifique. Alors que la certitude est souvent associée à l'arrogance, l'incertitude est plutôt liée à la modestie intellectuelle.

C'est donc par nos façon d'être et nos convictions que nous pouvons définir notre identité et notre sens des choses. Il est toujours en base à nos façon d'être que nous pouvons accomplir nos choix et délimiter une liberté autrement trop vaste. Il est par notre expression que nous vivons et que nous éprouvons le plaisir de vivre. Connaître nous mêmes est donc un pas fondamental pour acquérir la nouvelle forme de pensée et pour vivre dans la liberté.


ACTIVITÉS LIBRES
TDM

Chez les sociétés totalitaires, les individus n'ont pas du temps libre, ils n'ont pas du temps pour soi mêmes. Tout leur être et leur vie doivent être dédiés au régime. Souvent, les autorités organisent des manifestations pendant lesquelles chacun doit en quelque sorte annuler leur individualité dans l'uniforme qu'il porte, dans les marches, les slogan. Jusqu'à il y a environ un siècle, même chez les sociétés libres les choses n'allaient pas beaucoup mieux. Le monde avait peu de temps pour lui même. Tout leur temps et leurs énergies devaient être dédiées au travail et à une vie vertueuse. Dans les villes du début de l'ère industrielle, le monde travaillait aussi 16 heures par jour et le temps qui lui restait n'était même pas suffisant pour manger et pour dormir.

C'est seulement dans les dernières décennies que chez les sociétés avancées le temps libre est devenu quelque chose de réel et dont on peut jouir. Malheureusement, le monde n'était pas prêt à toute cette liberté et souvent il en a été désorienté. Les problèmes sont nés lorsque l'horaire de travail a été réduit d'abord à 48, puis à 40 et finalement à 36 heures à la semaine. En travaillant 6 heures par jour et après avoir mangé et reposé, il reste encore beaucoup de temps que le monde ne sait plus comment remplir. Pas beaucoup d'années avant, il n'y avait pas du temps pour penser et le monde se limitait à courir d'un côté à l'autre. Aujourd'hui, tout ce temps libre dont nous disposons nous donne souvent une sensation de malaise. Ce n'est pas car il manquent les propositions: il y en a même de trop, mais car l'on ne sait pas la raison pour laquelle en choisir une au lieu d'une autre. Souvent, le monde cherche une raison pour faire une chose, mais il ne la trouve pas. Nous ne sommes pas prêts pour faire face à ces choix. Souvent c'est la paresse qui gagne et l'on finit pour passer grande partie de son temps libre en face à la télévision. Heureusement ce n'est pas toujours ainsi et des gens font du sport, d'autres se dédient à des activités créatives ou bénévoles.

Dans certains cas heureux, le travail et le temps libre peuvent coïncider. Si l'on arrive à faire de telle façon que son travail coïncide avec ses prédispositions, si l'on arrive à choisir son travail et à s'exprimer à son intérieur, comme il peut arriver à un biologiste passionné de biologie, le travail aussi devient une activité libre. Dans nos sociétés, dans lesquelles le travail occupe une place importante, le meilleur serait tout juste d'avoir un travail qu'on aime. Beaucoup de jeunes cherchent spontanément d'obtenir justement cela. Malheureusement, cette tentative ne réussit toujours pas et même en cas de succès, souvent le travail est loin de satisfaire tout notre être à cause de sa répétitivité ou de son haute spécialisation. En général, pendant l'horaire de travail nous exerçons une série d'activités répétitives. Pendant le temps libre, notre être va à la recherche de son intégralité. Voilà que le temps libre et le loisir deviennent les instruments de notre rééquilibre. Il y a une tendance générale à la dilatation du temps libre. Arrivera-t-on à la disparition du travail? Ce qui est sur, est que le problème de quoi faire de notre liberté deviendra d'autant plus pressant que de temps libre sera disponible.

Le temps libre est donc important: il est le temps de notre vie, il est le temps que nous pouvons finalement dédier à nous mêmes. Les activités libres peuvent être considérés aussi une voie de contact avec le monde, une liaison économique, sociale, de connaissance, d'expression et aussi épistémologique avec la réalité. En effet, souvent une activité libre est l'instrument par lequel nous nous mettons en rapport avec le monde et le comprenons. L'artiste le fait avec les formes et les couleurs, le savant à travers des expérimentations et des élaborations mathématiques, l'architecte avec le jeu des espaces et des formes.

Comme je l'ai dit, pour choisir les activités auxquelles nous dédier il est utile de nous baser sur notre façon d'être et dans le chapitre précédent je vous ai indiqué comment déterminer les composantes qui vous caractérisent. Par la résonance émotive et les autres méthodes suggérés, il vous est possible trouver les activités les plus adaptes pour vous.

 

 

Comme il s'est déjà passé plusieurs fois dans ce travail, même la description des activités libres sera à peine indiquée car il s'agit de l'énième domaine illimité qui tout seul  demanderait une entière bibliothèque. Je me suis limité à regrouper les activités libres en six groupes:

- naturalistes
- artisanales
- artistiques
- communicatives
- sociales et politiques
- cognitives

L'observation du comportement de nos semblables est une éloquente vitrine des activités libres qui sont réellement pratiquées, outre qu'une précieuse source de suggestions. Dans tous les cas, il faut éviter de les ramener toutes à des activités de caractère intellectuel. Il ne faut pas penser aux activités naturalistes comme l'étude de la nature, à accomplir par des livres. Les activités artistiques ne doivent pas être entendues comme l'étude de l'art, et ainsi de suite. Il est clair qu'en cette façon on exercerait toujours les facultés rationnelles, alors que nous sommes formés par beaucoup de composantes. Donc, lorsque je parle d'activités naturalistes, il faut penser à des activités qui nous font enter en contact physique avec la nature extérieure. Lorsque je parle d'activités artisanales, il faut entendre des activités créatives à effectuer principalement avec les mains. Il faut aussi tenir compte que acquérir une capacité opérative et s'emparer d'une technique sont des actes de connaissance au même niveau que apprendre des concepts.

Lorsque vous étiez à l'école, vous avez peut être remarqué des garçons très adroits à réparer la moto. Normalement, cette qualité n'est pas appréciée. Au contraire, ces garçons sont pénalisés tout juste à cause de leur capacités manuelles qui sont vues comme une confirmation d'éventuelles carences dans l'abstraction. D'autres garçons montrent d'être doués en socialité. Il serait temps que l'école reconnût l'existence de la multiplicité des dimensions humaines, des différences des façons d'être des étudiants et qu'elle en tînt compte au moins pour orienter convenablement les garçons. Souvent, les capacités dans l'abstraction se manifestent quelques années plus tard, lorsque la sélection scolaire a déjà été effectuée.

Ainsi que l'émargination des capacités pratique n'a pas de sens, il n'aurait même pas de sens l'émargination des facultés liées au langage. Il est important arriver à un équilibre entre les facultés intellectuelles et pratiques. Donc, en même temps de l'exercice d'une activité pratique, est très utile d'en effectuer aussi une d'étude qui nous permettra d'acquérir une supérieure capacité de bouger aussi concrètement dans ces domaines.

Les activités naturalistes sont la voie par laquelle nous pouvons exprimer la prédisposition du notre corps vers la nature. Les activités de création artisanale donnent de l'espace à la manualité et à la connaissance des propriétés des matériaux. Les activités artistiques se prêtent à l'expression de sa sensibilité perceptive, à explorer sa subjectivité et à communiquer ses états d'âme. Les activités communicatives cherchent de satisfaire le besoin d'échanges affectifs. Elles représentent une des dimensions les plus menacées et réprimées de notre nature. Les activités sociales et politiques peuvent exprimer les tendances altruiste et de participation à la vie collective. Finalement, les activités cognitives nous permettent d'approfondir la connaissance de la réalité et peuvent conduire à des activités de recherche. La variété des activités qui sont comprises dans ces catégories est énorme. Je n'en fais pas une liste car elle serait trop longue, toutefois on peut les reconnaître dans les activités qui sont effectués par nos semblables et par le plaisir qu'ils en reçoivent.

Effectuer une activité libre est important pour assumer un rôle actif. La télévision est une ennemie des activités libres. S'il n'y avait pas cet envahissant appareil, poussés par l'ennui, nous descendrions dans la cave à faire quelque travail ou nous apprendrions à jouer un instrument ou l'on irait voir des copains. Il serait important aussi aller faire une simple promenade car les routes se réanimeraient et l'on aurait des occasion de rencontre et de socialisation.

Les activités libres ne se bornent pas au loisir, mais elles comprennent aussi d'autres occupations plus engageantes et utiles. Dans le passé, notre planète à déjà subi des collisions avec des astéroïdes, il a subi de nombreuses glaciations, les espèces vivantes ont connu plusieurs extinctions de masse. Aujourd'hui, les paramètres orbitaux de la Terre sont déjà tous prêts pour faire démarrer une nouvelle époque glaciaire: une bonne partie des terres de l'hémisphère boréal serait submergée par les glaces avec des dramatiques conséquences sociales. Au contraire, il pourrait nous attendre une époque de réchauffement de la planète à cause de l'intense utilisation des combustibles fossiles. Voilà donc dans la protection de notre espèce l'un des domaines plus importants sur lequel nous engager et dans lequel trouver dans le même temps des activités de grand intérêt. Beaucoup de jeunes pourraient s'engager dans des activités de recherche pour l'étude du paléoclimat pour réussir à prévoir le climat du prochain futur dans la tentative d'en limiter les oscillations. Les gouvernements des majeurs pays pourraient s'engager dans la préparation de systèmes pour dévier ou pour détruire des gros météorites ou des comètes en route de collision avec la Terre. Déjà aujourd'hui de nombreux astronomes amateurs donnent leur contribution dans la surveillance des astéroïdes de grosses dimensions qui croisent l'orbite terrestre.

Dans ce planète, il n'y a pas seulement notre espèce, mais aussi d'innombrables autres. Le Seigneur nous a confié ce monde, avec tous les êtres qui le peuplent, non pas pour l'exploiter, mais pour le protéger. Beaucoup de naturalistes et de bénévoles sont nécessaires au travail de monitorage et de défense des espèces vivantes en péril d'extinction et à la plus générale tâche d'atteindre un équilibre soutenable avec la planète. Centaines de milliers de personnes de haut niveau d'études effectuent des activités de volontariat en aidant des handicapés, des malades, des personnes âgées et des toxicomanes. Beaucoup de personnes vont dans de pays du tiers monde pour offrir leur assistance médicale et du support technique pour leur développement. Beaucoup de ces volontaires sont payé peu et ils risquent aussi leur vie pour aider le prochain.

Nous avons vu comment l'actuelle organisation sociale nous réprime et nous condamne à une condition de "foule solitaire". La recherche doit explorer de nouvelles formes sociales, d'habitation et urbanistiques qui nous permettent une plus grande facilité de rencontre et de connaissance entre les personnes, car nous sommes des êtres sociables. Les sociétés industrialisées n'ont pas besoin d'augmenter le pouvoir d'achat des citoyens, mais elles doivent plutôt faire face à des problèmes sociales comme le chômage, la pauvreté, la criminalité, la condition des jeunes et des personnes âgées. Elles doivent aussi améliorer la qualité de la vie de tous les citoyens, en reconstruisant ce tissu social et communautaire qui a été détruit dans les processus d'urbanisation et d'industrialisation. La rationalité économique ne peut pas être le seul guide pour nos sociétés, mais nous devons récupérer et privilégier un point de vue humain sinon le progrès deviendra toujours plus dépourvu de sens et nos sociétés toujours plus difficiles à vivre.

La réduction du temps de travail en fabrique et du travail répétitif en général rendra possible une éducation plus attentive à la valorisation des caractéristiques individuelles. De cela, il devrait s'ouvrir un vaste espace pour les activités éducatives de l'age adulte aussi, pour des activités de travail volontaire, pour l'animation du temps libéré.

Nos sociétés ont trop soigné la raison et se sont trop intéressées du monde extérieur, tandis qu'elles ont négligé ce qui nous avons à notre intérieur. Ce que nous avons mis sous le tapis n'est pas négligeable: c'est notre âme. Les ordinateurs sont en train de démontrer d'être beaucoup plus habiles de nous dans la rationalité. Nous pourrons nous apercevoir d'avoir mis sous le tapis notre même humanité.

Jusqu'à présent, les femmes ont été peu écoutées, maintenant il est arrivé le moment d'écouter aussi leur voix. Leur voix est celle de la nature, c'est la voix de notre humanité qui ne veut pas se rendre aux forces qui essaient de l'annuler. Peut-être par leur mission reproductive, les femmes sont plus liées à la nature. Leur affectivité est plus difficile à réprimer de celle des hommes. Si elles atteindrons la conscience de leur force, elles pourront la saisir pour libérer l'entier genre humain de la déhumanisation.

Dans ces quelques lignes est renfermée une incroyable quantité d'espaces pour nos activités libres, ou plus proprement de vie. Et il ne s'agit pas de banales récréations. Chaque activité est un océan. Avec notre petit bateau, nous pouvons nous situer seulement sur une petite partie de leur immense surface. Mais cela n'a pas d'importance. En effet, n'importe quelle route, si parcourue avec une certaine application, nous amène en face aux côtés fondamentaux de la vie et aux mystères de la création.


LE SECRET DE L'OCCIDENT
TDM

Arrivés au terme de ce parcours, nous pouvons considérer par un regard plus conscient les valeurs fondamentales de nos sociétés. Nous nous rendons compte que tandis que les membres des régimes totalitaires sont prisonniers de "Vérités" obligatoires, dans les sociétés ouvertes ce type de vérité n'existe pas. En effet, l'esprit critique qui s'est produit en Occident à la suite du développement de la philosophie, de la science et des institutions démocratiques a entravé l'affirmation des vérités non démontrées. Comme conséquence de cette attitude critique, l'État  ne dispose plus d'aucune certitude sur la base de laquelle organiser ses activités et celles des ses propres citoyens. En manquant une vérité obligatoire, dans les sociétés ouvertes tout le monde est laissé libre de chercher sa propre route, de poursuivre les buts qu'il considère les plus opportuns et d'ici naît une fondamentale diversité d'opinions et de comportements.

Maintenant qui ne sont plus encadrés par l'État, comme font-ils les individus à effectuer leurs choix? Comme nous l'avons vu dans les chapitre précédents, ils peuvent chercher de connaître soi mêmes pour déterminer leurs prédispositions et leurs éventuelles vocations pour les exprimer. Ils peuvent aussi se référer à leurs convictions et à leurs propres valeurs pour chercher de les poursuivre. C'est sur la base de ces choix que chacun peut trouver sa propre route, définir son propre sens des choses et vivre en bon accord avec soi mêmes et les autres. Tandis que dans les régimes autoritaires les individus doivent annuler soi mêmes dans l'idéologie, les citoyens des sociétés ouvertes sont libres de chercher leur propre bonheur (ou sérénité) dans la réalisation de leur essence... avec toutes les  précautions déjà exprimées.

Par le choix des activités libres auxquelles nous dédier, nous délimitons aussi la liberté dont nous disposons qui autrement serait illimitée. Cette délimitation rend notre liberté un espace dont on peut concrètement jouir et dans lequel on peut vivre avec satisfaction. Au lieu d'être militarisés par l'énième idéologie et encadrés pour la conquête du monde, nous pourrons nous dédier à des activités plus paisibles comme retrouver nous mêmes, retourner en contact avec la nature  et notre spiritualité. Évidemment, notre liberté ne peut exister qu'à l'intérieur d'un État libre, donc seulement dans le domaine d'une fondamentale incertitude métaphysique. Alors que avant l'incertitude était considérée un inconvénient, maintenant elle devient la prémisse de notre liberté, donc elle devient une valeur.

L'incertitude métaphysique est donc le secret des sociétés ouvertes. Il est seulement en reconnaissant la valeur de cette condition culturelle qu'on peut comprendre l'organisation libre des ces sociétés, la diversité des opinions, la recherche d'un équilibre des pouvoirs dans les institutions, l'aversion pour les systèmes totalitaires, la diversité des préférences, des attitudes et des comportements des citoyens, leur ouverture envers les nouvelles et les idées, la richesse de leur culture, etc. Ce secret devient encore plus clair s'il est comparé à son opposé: la Certitude Métaphysique, la Vérité Révélée, la Vérité Idéologique: ces mensonges obligatoires qui envahissent tout l'espace publique et celui privé en pénétrant dans tous leurs coins, refuges et intimités, qui s'emparent de notre âme pour en altérer les pensées et les sentiments, qui prétendent d'établir le but de notre vie, qui créent des États régulièrement dédiés à la conquête du monde et qui suffoquent les existences en les contraignant entre militance et fanatisme.

Puisque le monde s'habille, pense et se conduit dans les façon les plus différentes, à un observateur extérieur les sociétés occidentales peuvent donner l'impression d'une grande confusion, mais cette confusion n'est que le produit de la recherche de son propre bonheur par des routes différentes l'une de l'autre. En effet, dans ces sociétés il y a de l'espace pour ceux qui aiment l'art, pour ceux qui préfèrent vivre au milieu de la nature, pour ceux qui pratiquent du sport, pour ceux qui aiment voyager, pour ceux qui se dédient à des activités bénévoles pour aider les pauvres et les malades, etc. C'est donc dans cette perspective de fondamentale incertitude, tempérée par quelques valeurs partagées, que les citoyens des sociétés ouvertes peuvent définir les contenus de leurs liberté, exprimer soi mêmes et obtenir son propre sens des choses.

La liberté d'exprimer nous mêmes ne signifie pas que l'on doit se fermer dans une bulle isolée, elle ne doit pas non plus nous voir fermés dans l'individualisme. Heureusement, notre nature sociable nous amène spontanément à chercher la compagnie de nos semblables et la grande majorité du monde participe dans une façon ou l'autre au travail collectif pour le soutien économique de la société, pour la croissance du savoir humain, pour le progrès du bien-être civil, pour la croissance de la compétence et de la sensibilité artistique dans le domaine de la littérature, de la musique et des art figuratifs, pour faire face aux problèmes étiques et existentiaux par la raison, les débats publiques, etc. Donc, la liberté de l'individu conflue dans un très vaste travail créatif où l'humanité entière est engagée dans tous les domaines et à tous les niveaux. Au contraire, le sacrifice et l'asservissement des individus exigé par les systèmes autoritaires est exploité à l'avantage de peu de monde, souvent animé par un délire de puissance. Notre dimension peut être mesurée sur la base de l'efficacité de notre contribution au travail collectif dans lequel l'humanité entière est engagée d'après de millénaires pour faire avancer la civilisations des différentes peuples. Avec leur organisation complexe, les sociétés libres sont les mieux équipées pour organiser ce travail collectif en favorisant les individus à trouver leur propre place et à offrir leur propre contribution selon ses vocations et capacités, soit dans le travail que dans le loisir.

La liberté des citoyens des sociétés ouvertes ne se réduit pas au temps libre, mais il regarde la vie entière. Comme nous l'avons dit, ils sont libres de suivre le parcours scolaire vers lequel il se sentent attires, de chercher le travail adapte à leur façon d'être et à leurs compétences. S'ils travaillerons en tant qu'astronomes l'État mettra à leur disposition des instruments de grande capacité et ils pourront effectuer des importantes activités de recherche utiles pour l'humanité entière, le même est valable aussi pour ceux qui choisissent de devenir biologistes, médecins, archéologues, musiciens, etc. Donc, tandis que chez les sociétés totalitaires l'existence des individus est sacrifiée au Régime, chez les sociétés ouvertes les individus sont dans les meilleures conditions pour exprimer soi mêmes et pour contribuer au bien publique par ses propres capacité innées, ses propres connaissances et leur propre travail.

Même si les sociétés ouvertes ne possèdent pas de vérités absolues, cela ne veut pas dire qu'elles soient complètement dépourvues de repères et de valeurs. En effet, elles comptent parmi leurs principales valeurs la liberté, la démocratie, le pluralisme, la justice et le respect du prochain. Ces valeurs, provenant des anciennes cultures grecque et latine, s'adaptent bien à la condition d'incertitude. Les sociétés ouvertes s'inspirent en outre au message chrétien d'amour pour le prochain pour ce qui concerne la solidarité sociale. Ces valeurs ne sont pas obligatoires, mais elles sont largement partagées même si elles sont différemment interprétées par chaque citoyen. Les points de vue par lesquels le monde est généralement observé ne sont plus ceux religieux ou idéologiques, mais ils sont représentés principalement par la science, la philosophie et la littérature. Alors que dans les sociétés autoritaires la culture des individus est subordonnée à une idéologie ou à une religion, dans les sociétés ouvertes circulent plusieurs points de vue et la culture est essentiellement comparative. L'incertitude métaphysique se joins donc à la position comparative.

 

FORMES DE PENSÉE ET LIBERTÉ

TYPE DE PENSÉE

SYSTÈME

BASE THÉORIQUE

LE SENS DES CHOSES

CONSÉQUENCES

P. FORTE RELIGIONS
IDÉOLOGIES
DICTATURES
VÉRITÉ MÉTAPHYSIQUE
(indiscutable)
Il y a une seule Vérité.
Elle donne un sens aux choses
Conditionnement des espaces publiques et privés
Dictatures et Théocraties qui
veulent conquérir le monde.
TOTALITARISME
P. FAIBLE SOCIÉTES OUVERTES SCEPTICISME
NIHILISME
L'INCERTITUDE EST MALAISE
Il n'y a pas de vérités, il n'y a pas de
valeurs, le monde est dépourvu de sens.
DÉSORIENTATION
VULNÉRABILITÉ
Danger de retour à la pensée forte.
Danger d'utilisation de stupéfiants.
LIBERALISME
P. LIBRE L'incertitude est la base de la liberté
L'INCERTITUDE EST UNE VALEUR
 
Pluralisme des points de vue,
des valeurs et des significations.
La "vérité" est à notre intérieur.
Le sens des choses dépend de nous.
On essaie de connaître mieux soi mêmes pour
vivre selon sa propre nature dans une façon
équilibrée et respectueuse des autres.
LIBERALISME SOLIDAIRE

 

Malgré elle ait reconnu l'importance et l'autonomie de la science depuis des siècles, la religion essaie sans cesse de faire passer ses points de vue dans la société. C'est par exemple le cas du créationnisme et du dessin intelligent de l'évolution qui elle essaie de réintroduire dans les écoles. Depuis des siècles la philosophie a liquidé les idéologies, mais la prétention de connaître le principe général qui gouverne l'univers entier se représente encore chez des sectes, des mouvements et des partis. Dans le siècle qui vient de passer, trois importantes idéologies ont été battues, mais dans les sociétés continuent à opérer des organisations qui se relient à ces fantômes intellectuels. Les embûches qui menacent la démocratie sont innombrables. Souvent les lois restent inobservées, ou des interprétations captieuses les rendent inutiles. Souvent la justice opère dans des conditions difficiles et beaucoup de délits restent impunis. Les fondements mêmes des sociétés ouvertes doivent être réaffirmés tous les jours, doivent être défendus par des assauts continus. La démocratie n'est pas une ligne d'arrivée que l'on atteint une fois pour toutes, mais elle est le fruit d'une bataille continue contre ceux qui la veulent altérer pour leur profit personnel. Ces mains avides peuvent aussi gagner les élections et alors la démocratie est séquestrée et violée sans égards. La démocratie n'est pas une acquisition valable pour toujours, mais elle est le fruit d'une pénible reconquête quotidienne.

L'école ne doit pas se borner à donner une instruction, mais elle doit aussi remplir des fonctions éducatives et d'orientation. L'école doit éduquer aussi à la liberté, elle doit aider les garçons à réfléchir sur la connaissance, sur la culture et ses conséquences sur le comportement humain, sur les systèmes de pensée, sur les moyens de communication, sur les dangers d'asservissement, sur comment affronter ses problèmes existentiaux et de sens sans perdre la liberté. Normalement, les parents ne sont pas en gré d'effectuer cette fonction éducative et souvent sont tout juste eux ceux qui transmettent aux enfants des traditions culturelles fermées et obscurantistes. Il est aussi important d'aider les jeunes à trouver une voie d'expression dans le travail, dans les rapports avec les copains, dans les loisirs. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de ces problèmes, car faute d'une solution positive on peut avoir des désordres psychologiques, nihilisme, prise de stupéfiants, délinquance, etc.

Dans les écoles, il faudrait instituer une discipline conçue exprès pour discuter ces problèmes et qui pourrait être nommée: Éducation à la Liberté. Ce moment métacognitif pourrait être placé dans l'heure d'éducation civique et devrait savoir créer une nouvelle conscience chez les étudiants. En plus, pendant l'enseignement de matières comme l'histoire et la philosophie il faudrait saisir toute occasion pour réfléchir sur la progressive création de systèmes politiques plus justes et libres, de nouveaux façons de penser, des conquêtes de justice et de liberté, etc.

L'enseignement de la religion ne doit plus être une occasion d'endoctrinement et de prosélytisme, mais il doit devenir un espace où l'on enseigne l'histoire des religions, où l'on effectue une comparaison des différentes fois, etc. Une partie de cet enseignement pourrait être réservée à la religion traditionnelle du pays. Quelle que soit l'organisation de cet enseignement, l'école doit éduquer à l'incertitude, doit en montrer les avantages et doit enseigner à la gérer. L'école doit donc équiper les jeunes des instruments intellectuels pour qu'ils puissent se protéger des chasseurs d'âmes. Les enseignants, et en particulier ceux de philosophie, doivent mettre en garde les garçons des dangers des formes de pensée fermées, doivent leur parler du problème de sens pour les aider à l'affronter dans une façon positive. Si cela n'est pas fait, la liberté d'expression qui dans les sociétés ouvertes est reconnue à tous individus et organisations continuera à être utilisée aussi comme liberté de manipulation avec les désastreuses conséquences que nous connaissons.

Cette defense de la pensée libre et cette réflexion sur les formes de culture peuvent avoir aussi l'avantage non négligeable de faire connaître aux fils des immigrés lesquels soient les fondements des sociétés occidentales et comment elles marchent. Ceci est important car souvent il suffit la connaissance des autres pour en avoir confiance et en chercher l'amitié. Cela peut leur permettre aussi un éventuel partage des principes de cohabitation et une intégration positive. Il est en effet important que ces nouveaux citoyens soient conscients de l'importance d'une culture ouverte et d'institutions démocratiques et laïques. Le péril est autrement celui de la débandade et de la rébellion contre des sociétés qui n'ont même pas compris et dont ne savent pas apprécier les avantages.


CONCLUSION GÉNÉRALE
TDM

Cette analyse est démarrée de la constatation de la nature culturelle d'importants problèmes qui affligent nos sociétés, comme le nihilisme et le fanatisme. Par ce travail, j'ai cherché de mettre en évidence les principales dynamiques par lesquelles certaines formes de culture nous conditionnent et nous éloignent de la réalité et de nous mêmes. Au cours de l'histoire, des formes de pensée fermées et de formes ouvertes se sont souvent affrontées. Même si les philosophes nous parlent de la crise de la pensée forte, en réalité dans beaucoup de pays elle est plus vive que jamais, assez pour représenter un authentique danger pour la paix. Il est donc nécessaire de se mobiliser pour soutenir et répandre les formes de pensée ouvertes.

Les sociétés occidentales sont donc si désarmées vis-à-vis du nihilisme et des suggestions des totalitarismes? No, elles ne le sont tout à fait pas! Au contraire, elles sont très bien armées, même si peu de monde semble connaître et apprécier ces armes. En effet, aucun système totalitaire pourra jamais rivaliser avec des valeurs universelles tels que la démocratie, la justice et la liberté et tôt ou tard ces valeurs triompheront aussi là où aujourd'hui semblent perdus à jamais.

Même les religions monothéistes sont porteuses d'une pensée forte. Malheureusement leur renforcement a aussi impliqué la réapparition du fanatisme. Aujourd'hui, nous sommes dans une nouvelles phase de l'ancienne lutte entre la liberté et le totalitarisme. Nous devons combattre pour reformer les systèmes totalitaires et les ramener dans le domaine du jeu pluraliste et libre. Heureusement, les disciples d'une idéologie ou d'une religion ne sont pas tous des fanatiques. Par leur tempérament, ou par leurs expériences et convictions, beaucoup d'eux sont modérés et tolérants. Nous pouvons compter sur ces personnes pour obtenir une réforme en sens libéral des systèmes fermés.

Alors que la première partie de cette analyse a décrit les principales caractéristiques de la pensée totalitaire, la seconde partie a cherché d'indiquer des formes de pensée ouvertes, adaptes à la reconquête de la liberté et pour la vie dans des sociétés cosmopolites. Le passage de la condition subordonnée à celle libre n'est malheureusement pas un processus simple. Il demande une profonde transformation de sa façon de penser, d'être et de vivre. Malgré toutes les difficultés, la condition libre est un but qui peut être atteint. Elle est la conquête d'un nouveau équilibre avec soi mêmes et avec le monde.

Ce que j'ai soutenu jusqu'à présent, s'oppose aux systèmes massifiants et totalitaires. Je crois aussi dans la possibilité de systèmes sociaux dans lesquels les individus puissent contribuer dans une manière consciente au bien-être général et qui puissent dans le même temps jouir d'une authentique liberté. Mais les solutions individuelles ne suffisent pas, il faut reconstruire des formes sociales et de communauté où l'homme puisse échapper son actuelle condition atomique pour retrouver les copains et les affections que sa nature sociable réclame. La liberté ne sert à rien, si après la société nous force à la solitude dans le cadre d'une aliénation généralisée. Nos sociétés doivent nous rendre le jeu, l'amitié et les affections de façon à nous permettre de retrouver le plaisir et le sens du vivre et avec eux l'intérêt même à vivre. Sans quoi, le monde peut finir pour espérer de trouver chez un système autoritaire la communauté qu'il n'arrive pas à trouver autour de soi. Pour être vraiment valable, notre voie doit donc rencontrer celle d'autres personnes et se fusionner dans l'affection et l'amitié. Dans sa dimension sociale, notre solution trouvera le nécessaire achèvement et équilibre.

Ce travail s'est limité à indiquer des méthodes. Chacun peut les mettre en pratique selon sa propre façon d'être et sa condition. Étant donnée la diversité des individus, chacun devra trouver sa propre voie. Malheureusement, l'action spontanée des personnes n'arrive pas toujours à affronter ces problèmes avec succès. L'école doit donc aider les jeunes à gérer convenablement soi mêmes, doit les éduquer à l'incertitude et à la liberté, doit les doter d'une conscience des valeurs de liberté. Les intellectuels aussi et en particulier les philosophes, au lieu de se borner à démolir tout et tous, doivent assumer des attitudes positives et doivent aider le monde à mieux connaître soi même et à trouver sa propre route. Celle que j'ai proposé est donc une forme de pensée libre. Les contenus doivent par contre être le fruit de votre choix personnel.

Devant aux menaces d'une pensée forte renouvelée, les philosophes doivent faire comprendre et apprécier la valeur de cette condition au monde. Il est temps que les philosophes prennent les armes, celles de la pensée, et descendent parmi le monde a le défendre. Les philosophes ne sont pas les porteurs de connaissances qui ne servent à rien. Elles servent, et beaucoup! Et maintenant est l'un de ces moments dans lesquels il faut les faire valoir.

Souvent, il est le nihilisme qui pousse à embrasser des systèmes autoritaires pour les certitudes et les vérités qu'ils offrent avec la promise de dévoiler le sens des choses, mais ces certitudes et ces vérités sont fausses et le sens obtenu est seulement celui d'une idéologie. Le nihilisme est une brèche par laquelle les manipulations et le totalitarisme se faufilent dans le sociétés libres. Le fanatisme est une conséquence d'une réponse erronée donnée au problème du sens. L'homme doit se libérer des systèmes de pensée autoritaires qui lui même a crée, mais qui ne contrôle plus et il doit se réapproprier de la souveraineté qu'ils lui ont soustrait. Ce but peut être obtenu seulement par le moyen de la libre pensée.

Cette analyse a touché beaucoup de thèmes peut être sans en résoudre aucun dans une façon exhaustive. À ce but, elle aurait du plutôt être l'oeuvre d'un expert. J'espère toutefois qu'elle se soit avérée utile pour vous indiquer une série de routes à explorer et de sujets à approfondir. La réponse à vos questions parviendra de ces approfondissements et de vos choix. Je souhaite que cette analyse vous ait été utile comme guide pour trouver la sortie du Labyrinthe.-


BIBLIOGRAPHIE
TDM

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2 - F. Adorno, T. Gregory, V. Verra "Storia della filosofia". Laterza, 3 voll.

3 - J.M. Koller "Le filosofie orientali". Ubaldini

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5 - K. Lorenz "L'envers du miroir: une histoire naturelle de la connaissance" Flammarion, Paris, 1976

6 - M. Horkheimer "Éclipse de la raison". Paris, Payot, 1974

7 K.R. Popper "La société ouverte et ses Ennemis". Éditions du Seuil, Paris

8 http://pespmc1.vub.ac.be/MEMLEX.html  Memetic Lexicon. Liste de memes

9 Paul Berman; "Les Habits neufs de la terreur"; Hachette Littérature (3 mars 2004)

10 K.A. Appiah; "Pour un Nouveau Cosmopolitisme"; Ed. Odile Jacob; 2008;
English version: Cosmopolitanism, Ethics in a World of Strangers"; W.W. Norton & Compton; 2006; N.Y.-London

11 Tariq Ramadan; "Les Musulmans d'Occident et l'Avenir de L'islam";

 

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